‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 282 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE VII

tuelles, il leur avait expliqué Toraison dominicale, les huit béatitudes; il se proposait de développer ensuite les mystères de la vie de Notre-Seigneur. « Mais, leur dit-il, j'ai cru devoir me conformer à la demande que Madame la Supérieure m'a faite, au nom de la communauté, de prendre pour sujet de mes instructions le discours de Notre-Seigneur après la Cène légale. Cette demande est digne de votre piété, elle est digne de l'Ordre auquel vous vous faites gloire d'appartenir, dont l'esprit ne respire que douceur et charité, et que le Seigneur a choisi spécialement pour manifester à son Eglise les richesses de son Cœur. )> Elle répondait aussi aux plus chères inclinations du P. de Clorivière, qui s'était fait toute sa vie Tapôtre du Sacrée Cœur.

Après un certain nombre de conférences, il ne tarda pas à élargir son cadre, et à franchir par la pensée l'étroite enceinte dans laquelle il se faisait entendre. Dès lors, les applications particulières à son auditoire ne sont plus que brièvement indiquées en note, puis elles finissent par disparaître, et le commentaire seul suit son cours. Pendant les années de son administration, il est probable qu'il suspendit ses instructions, et en partie même son travail. Dès que l'obéissance lui donna des loisirs, il revint à ses cahiers.

Aussi longtemps qu'il lui avait été possible, il s'était défendu d'user du secours d'une main étrangère; mais sa vue s'affaiblissant chaque jour, il dut accepter un secrétaire. C'était un novice qui eut le privilège envié de remplir cet emploi. Le P. de

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Clorivière lui faisait lire quelques versets du discours de Notre- Seigneur; il les méditait ensuite pendant la journée, et le lendemain à Fheure du travail, il dictait avec une grande facilité et sans se reprendre, le commentaire qu'il avait ainsi composé. L^ouvrage, déjà fort avancé, ne tarda pas à être terminé. Il conçut alors la pensée de le revoir en vue de rimpression. Il se le fit donc relire en entier, corrigeant, effaçant, ajoutant, changeant ce que le premier texte contenait de trop particulier pour des religieuses, afin de s'adresser à tous les fidèles en général.

Un des secrétaires qui lui prêta ses yeux et sa plume dans ce travail considérable, le P. Sébastien Fouillot, n'eut pas seulement l'avantage de voir de près et dans l'intimité ce grand serviteur de Dieu, d'être le témoin de beaux exemples de vertu et de recueillir de pieuses leçons, il puisa encore dans ce commerce quotidien (c'est lui-même qui le disait dans ses dernières années, et il en gardait au saint vieillard une vive reconnaissance), un amour de TEcriture-Sainte qui ne le quitta plus toute sa vie et qui fut sa force, sa lumière et sa consolation. Le Commentaire sur le discours de la Cène n'a pas été publié.

Ce travail de composition ou de revision ne prenait qu'une partie de la journée ; les heures qui restaient libres étaient partagées entre les exercices de la communauté et la prière.

Le P- de Clorivière avait toujours aimé la vie commune; et dans le temps même où il était plus maître de la distribution de ses journées, il en avait

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