‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 289 sur 315 · LIVRE VI. CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE VIII

sans aucun respect humain ; il n'est pas possible de ne pas l'aimer et estimer.

« L'&ge ne lui a fait perdre que fort peu de ces qualités; mais il est ardent, extrêmement vif et tient fortement à ses idées. L'&ge, qui l'a un peu calmé, n'a pas diminué ce que j'appellerais opiniâtreté en toute autre personne moins sainte que lui. Il ne commence rien, pas même les plus petites choses, sans invoquer Dieu par de ferventes prières : aussitôt qu'il croit en avoir été éclairé, il est inébranlable dans le parti qu'il a pris. 11 ne demande que rarement conseil, parce que, depuis quarante ans, il a vécu a peu près seul, indépendant, et qu'il a trouvé peu de personnes capables de conseils généreux et exempts de respect humain. Il s'est ainsi formé l'habitude de se décider par lui-môme ^ »

Ce dernier trait a besoin d'être adouci. Quand le P. de Clorivière se trouvait en présence d'une détermination considérable, il ne s'en rapportait, nous l'avons vu souvent dans cette histoire, ni à ses propres lumières, ni à celles qu'il croyait avoir reçues de Dieu dans l'oraison; il attendait, avant d'agir, d'avoir pris conseil d'hommes sages et autorisés. Combien de fois fit-il appel aux évêques pour savoir si l'inspiration d'établir la Société du Cœur de Jésus venait de Dieu; s'il devait aller en Amérique trav^Uer auprès de Mgr Carroll, ou demeurer en Europe? Plus tard, il est vrai, quand il fut chargé du soin de rétablir la Compagnie de Jésus en France, il eut souvent à se déterminer presque

Page 1