LIVRE VI. CHAPITRE VIII
bon ange; sa prière était à peine terminée, qu'il vit tout aussitôt venir à lui un homme qui ramenait paisiblement. son chevaP. »
Tous eetix qui ont écrit sur nos récentes origines, * le P. Guidée dans ses Notices sur les Pères du Sacré-Cœiir, le P. Loriquet, le P. Gury dans leurs Histoires manuscrites du petit séminaire de Saint' Acheul et du noviciat de MontrougCj ont fait une part considérable à Téloge du P. de Glorivière. C'est à leurs yeux plus qu'un réorganisateur, c'est un saint.
Les manifestations extérieures de la sainteté ne lui ont pas fait défaut: nous en avons vu plus d'un exemple dans ces pages. En voici quelques autres empruntées aux dernières années de sa vie.
Lorsque Mgr du Barrai, archevêque de Tours, fit demander à la Mère Roland de Bussy de venir fonder dans sa ville archiépiscopale une maison de la Compagnie de Sainte-Ursule, la religieuse se h&ta d'aller trouver le P. de Clorivière qui habitait alors aux Carmes, rue de Vaugirard, pour prendre ses conseils et savoir de lui ce qu'il convenait d'attendre de cette nouvelle fondation. Le P. de Clorivière se préparait alors à offrir le saint Sacrifice; quand il eut entendu la Mère Roland : a Je vais célébrer la messe, lui dit-il, je vous répondrai après. y> Après la messe, la Mère Roland va chercher la réponse : <L Vous aurez bien des croix à Tours, lui dit le P. de Clorivière; mais partez, Dieu le veut. » Ce langage avait de quoi surprendre la Mère Roland;
1. La Vie du R. P, Pierre-Joseph Picot de Clorivière... p. 45.
5d8 HISTOIRE DU P. DE CLORIVIÈRE
il était d'autant plus extraordinaire, qu'à prendre les choses humainement, la fondation demandée était entourée de toutes les garanties de succès. Appuyée par Tarcbevéque, sollicitée par plusieurs personnes pieuses déjà réunies dans le but de se vouer à l'éducation, assurée d'un beau local, elle semblait ne devoir rencontrer aucune entrave. 11 n'en fut pas ainsi. A peine quelques jours s'étaient écoulés que la Mère Roland vit commencer les épreuves : c'était la réalisation de la première partie de la prédiction du P. de Clorivière. Mais loin de l'effrayer ou de la rebuter, ces croix ne firent que fortifier son courage et sa confiance, et certaine de faire la volonté de Dieu, elle attendit invinciblement l'effet du reste de la prédiction. Il vint à son tour. L'œuvre commencée dans les croix, sortit victorieuse de toutes les difficultés, pour se terminer dans la consplation, c et Dieu, disent les témoins qui nous ont conservé ce fait\ montra bien qu'il avait dit vrai par la bouche de son serviteur. »
Le 7 septembre 1815, M. des Genettes, qui fut plus tard l'illustre et saint curé de Notre- Dame-des- Victoires, le fondateur et le directeur de TArchiconfrérie du Très Saint et Immaculé Cœur de Marie, venait frapper à la porte du P. de Clorivière. H n'était alors que simple vicaire d'Argentan, au diocèse de Séez. Une affaire importante, et dans laquelle le P. de Clorivière avait eu le bonheur de
1. Communication des Religieuses de la CSompftfipDÎe de Sainte- Ursule. Leur petite note se termine ainsi : a Ces renseignements sont dus à la digne Mère de Lignac, qui les tenait de la Mère Roland elle-même. »