‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 45 sur 315 · LIVRE I. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE V

causés par la pensée que j'aurais à travailler au Canada, à y supporter de grandes fatigues pour la conversion des sauvages, et à y donner ma vie pour Jésus-Christ. — 25, samedi^ jour de la rénovation des vœux. Désir de passer au Canada, de faire connaître aux barbares Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de verser mon sang pour son amour. Ce désir ne ma pas quitté pendant ces trois jours. »

Plusieurs fois déjà le P. de Clorivière s'était ouvert aux supérieurs de ses bonnes pensées. Mais àTépoque où nous sommes, le mouvement de la grâce était devenu si impérieux, qu'il jugea nécessaire de parler de nouveau. Il composa donc un petit mémoire destiné à être remis au P. Recteur du collège de Liège; c'est toute l'histoire de sa vocation à la mission du Canada.

L'autorisation du gouvernement étant nécessaire pour passer dans ce pays, et s'y consacrer au salut des sauvages, il avait préparé une requête en ce sens. Elle n'est peut-être pas dans le style en usage dans les chancelleries ; elle a une qualité meilleure ; elle jaillit d'un cœur uniquement désireux de se dévouer.

Cette supplique ne fut pas présentée. Les supérieurs encouragèrent les bons désirs dont elle était l'expression, mais ils furent d'avis qu'il convenait d'abandonner à la Providence et le choix et l'heure de l'apostolat. Le religieux s'inclina devant cette réponse tout en gardant de ses désirs ce qu'ils avaient de bon; le zèle, l'esprit de prière, la pratique de la mortification et de toutes les vertus qui préparent l'apôtre; et il se remit tout entier à l'étude de la

théologie. Il touchait du reste au terme de cette longue carrière. Il était alors dans sa trentième année : science, vertu, il possédait dans un degré peu commun tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un religieux et d'un homme apostolique. Cependant dans la pensée de saint Ignace et aux termes de son Institut, une chose manquait encore à sa formation complète. Avant d'être engagé dans le ministère des Ames et admis à se lier par les vœux solennels envers la Compagnie, il devait retourner à l'école du noviciat, et laissant toute préoccupation d'étude, se livrer uniquement au travail de sa perfection intérieure.

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