‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 49 sur 315 · LIVRE I. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE VI

« 17* jour. O mon Jésus, je connais à cette heure le prix des souffrances et des opprobres ; depuis que vous vous en êtes revêtu, je les préfère à tous les plaisirs de cette vie, même spirituels, et aujourd'hui en présence de votre divine Majesté, je les choisis pour mes biens... Oui, Seigneur, dans le cas même où je pourrais me sauver par une voie moins ardue, cependant pour avoir avec vous plus de conformité, c'est cette voie que j'embrasse, c'est elle que je choisis pour toujours. »

« iif'joiir. J'ai le monde en abomination, comme votre ennemi; qu'il me soit un crucifié, et que je sois pour lui un crucifié. Tout ce qu'il aime, je l'abhorre; tout ce qu'il abhorre, je l'embrasse; s'il me méprise, s'il me hait, s'il me charge de calomnies, d'injures et d'opprobres, suivant l'exemple et les leçons de mon Maître, je veux m'en réjouir et eji triompher; sa gloire, ses richesses, sa prudence et sa bonne renommée, je veux tout fouler aux pieds comme la boue des chemins. O Jésus, vous avez été méprisé par le monde, condamné, attaché à la croix; qui vous aime, il faut de toute nécessité qu'il déclare la guerre au monde. Cette guerre, je l'entreprends à votre suite, avec les mêmes armes que vous... »

« i^ jour, O mon bien-aimé Jésus, quand me serez-vous un petit faisceau de myrrhe? Quand le souvenir de votre très amère Passion changera-t-il pour moi toutes les douceurs de la vie en cette amertume tant désirée ! O croix très aimante ; gage infiniment précieux de l'amour de mon Jésus, combien de fois t'ai-je prise pour mon épouse? Mais hélas! malheureux infidèle, combien de fois t'ai-je délaissée!

S6 HISTOIRE DU P. DB CLORIVIEItE

Reçois aujourd'hui un repentant; je me réfugie près «le toi; je te promets et te jure une éternelle fidélité. Oii ! que tu es belle, parée du sang de Jésus; que tu es riche, que tu es noble, honorée de cette divine cniiipagnie! Oh! sois l'unique fin de mes désirs, toiiies mes délices, tout mon bien, toute ma sagesse et ma science, toute ma force et ma joie. Fasse le ciel que je te sois toujours attaché, et qu'auprès de mmi Jésus, je vive et je meure entre tes bras! »

N'est-ce pas la folle de la croix? Dieu la récompense par les plus ineffables consolations; mais l'amant de la croix n'oublie pas pour cela sa bienïiiiui'e, et c'est au milieu même du triomphe et des splendeurs de la Hésurrection, qu'il affirme de nouveau sa résolution de ne jamais s'en séparer : a Vous avez, dit-il à Notre-Seigneur, vous avez les saints dariïi le ciel pour imiter votre vie glorieuse; notre unique désir, à nous qui sommes sur ta terre, doit Otic d'entrer en participation de vos souffrances. »

Les Exercices se consomment dans la charité, dont le Saint-Esprit est l'inspirateur, et dans l'union aveu Dieu, dont il est le lien. Le P. de Clorîvière a]>[ielle ce divin Esprit de toute l'ardeur de ses désirs, a Venez, divin Esprit, venez, visitez votre iinliijne créature; vivifiez -la, réchauffez -la, dirigez-ia, piissédez-la vous seul tout entière. Vous vous rL|iii3ez sur les humbles; eh bien! je briguerai toujoiiis la dernière place; je me laisserai, comme la boue des chemins, fouler aux pieds de tout le inonde. Vous aimez la pureté : je mettrai à mon cœur, à ma langue et à tous mes sens, une garde très étroite, aiiii que rien ne souille mon cœur. Vous avez horreur

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