‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 67 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE II

lier marquait la fin. de la première semaine. Les novices qui avaient gardé jusque-là leurs vêtements séculiers prenaient alors Thabit de la Compagnie. Le changement se faisait du reste sans aucun apparat; mais les jours de retraite qui l'avaient précédé, la participation au banquet eucharistique, ne laissaient pas de Tentourer d'une certaine solennité. Le P. de Clorivière s'unit à la joie de ces jeunes gens; il exalte la gloire de leur vocation et du vêtement béni dont ils vont se parer, a C'est un gage de notre éternelle prédestination, un signe que nous appartenons à Jésus-Christ... Quels sentiments ne doit pas éveiller la pensée que nous allons revêtir le même vêtement qu'un saint Ignace, un saint François- Xavier, un saint Louis de Gonzague, tant de saints qui peuplent aujourd'hui le ciel !.. »

Et faisant allusion aux épreuves sous lesquelles gémissait alors la Compagnie : ce C'est sur ces livrées que l'enfer se plaît aujourd'hui à décharger les plus rudes coups de sa haine contre Dieu et contre l'Eglise ; motif pour vous, ajoutait-il, de redoubler votre joie et votre ferveur; car il n'est point de plus grande marque de l'amour de Dieu que la persécution... Oh ! combien je voudrais vous inspirer les sentiments dont je suis moi-même pénétré, et rendre sensibles à vos yeux les vérités dont j'ai Tévidencel L'enfer écume de rage, et les anges du ciel sont dans l'allégresse, en voyant votre généreuse résolution. Heureux êtes-vous, plus heureux que vous ne pouvez le comprendre, d'être entrés dans .la Compagnie en un temps où elle est attaquée de toutes parts, et menacée même par ses ennemis d'une ruine entière. Mais ne

craignez rien, elle ne tombera pas; Jésus-Christ est son appui... »

Ces belles leçons servaient de préparation aux enseignements de la seconde semaine. Après avoir engagé Tâme sur les pas de Notre- Seigneur et avoir fait passer sous ses yeux les mystères de Tlncamation, de la naissance et des premières années du Verbe de Dieu, saint Ignace lui propose les méditations capitales des deux Etendards, des trois classes et des trois degrés d'humilité. C'est là que le solitaire de Manrèse a résumé le véritable esprit de la Compagnie, «esprit, dit après lui le P. de Clorivière, qui consiste dans une haine déclarée de tout ce que le monde aime et embrasse, dans un désir sincère et une franche acceptation de tout ce que Notre- Seigneur a aimé et embrassé. » Le P. de Clorivière appuie sur ces enseignements ; on voit qu'en parlant d'humiliations,d'opprobres,demépris, de souffrances, il traite un sujet aimé, et que la règle où saint Ignace convie ses enfants à cet idéal de perfection, est toujours sa chère règle. « O Verbe Incarné, très humble Jésus, pénétrez-moi de votre esprit, afin que je puisse aimer ces vertus que vous avez tant aimées, et dont vous avez fait, dès le premier moment de votre Incarnation, vos inséparables compagnes. Humiliation, abjection, mépris, je ne pourrais vous fuir qu'en fuyant loin de Jésus; mais si je vous rencontre, si je vous embrasse, je suis sûr de trouver Jésus; soyez donc, à compter de ce jour, le plus tendre objet de mes désirs et de mes affections. Vous avez perdu toute votre difformité, depuis que vous avez été déifiés dans la personne du Fils de

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