‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 70 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE U · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE U

petit nombre de points qui seraient de nature à la fois à exercer un peu leur intelligence et à nourrir leur piété; ils pourraient rouler sur l'ancien et le nouveau Testament, sur quelque vertu en particulier, sur la sainte Vierge, etc. Les jours de fête, ce serait sur la fête elle-même. Un petit tableau contenant trois ou quatre de ces questions pourrait être affiché chaque matin, après le déjeuner, dans le quartier des novices. »

Le Père-Maître agréa Tidée; le P. Provincial donna aussi son autorisation, et le P. Socius se mit immédiatement à Tœuvre. C'était une chose de rien en apparence; mais il l'entendit de telle sorte qu'elle ne laissa pas d'apporter un surcroît considérable à ses autres occupations; car il s'imposa la tâche de donner la solution de toutes les questions proposées, et cela par écrit. Trois points sont assignés pour chaque jour : la première place est invariablement réservée à l'Ecriture -Sainte; puis viennent des questions sur la sainte Vierge. Le pieux Sochis ne veut pas qu'aucun jour se passe sans que cette Bienheureuse Mère ait une place dans les entretiens de ses novices. Après quelques considérations générales, il entreprend le commentaire des Litanies; chacune des invocations est un sujet de conversation. Cette matière épuisée, il étudie tour à tour le petit office de l'Immaculée-Conception, VAve Maria, le Magnificat; sa dévotion est ingénieuse à trouver les différents sens d'appellations si multiples adressées à Notre-Dame, à les distinguer les unes des autres.

Malgré la richesse de ces deux premiers points, il pouvait cependant arriver qu'ils fussent épuisés

avant l'heure ; la conversation privée d*aliment était alors exposée au péril de tomber tout à fait, ou de glisser dans des futilités. Pour parer à cet inconvénient, et en même temps pour reposer l'esprit de considérations plus sérieuses, le P. de Clorivière avait imaginé le troisième point : recueil de toutes sortes de questions, théologie, philosophie, controverse, morale, spiritualité, où chacun trouvait aisément à dire son mot. Les maximes du philosophisme, qui retentissaient alors partout, y sont aussi souvent discutées et condamnées: C'esP^ ainsi quon trouve toute une série de qilb^tions sur la certitude de rhistoire évangélique, sur les miracles, les prophéties, la révélation, sa possibilité, sa nécessité au moins relative, et enfin son existence. D'autres roulent sur la tolérance religieuse; elle était alors grandement à Tordre du jour; mais le thème le plus habituel était emprunté à la spiritualité, aux lectures du noviciat, aux méditations, aux conférences du

Père-Maître. ^ % ' '' V * '

Nous reconnaissonJ^sans peine que tant de questions ne pouvaient être qu'effleurées par de tout jeunes hommes dans une heure de récréation. Mais ce que nous tenions à constater, c'est le zèle du P. de Clorivière à remplir son emploi, c'est sa passion d'être utile, de former dès -fe premier jour, et par tous les moyens possibles, des religieux digiies de leur vocation, et de les préparer par un long exercice à gagner des âmes à Jésus-Christ.

Ces occupations intérieures du noviciat n'absorbaient pas tellement ses journées qu'il ne trouvât encore du temps pour la prière et pour l'étude, et

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