‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 78 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE III. lj:f · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE III. lj:f

traits cette thèse consolante. Il cite l'axiome des saints, de saint Bernard, de saint Anselme, de saini Antoine et de beaucoup d'autres, qu'wn servitettr de Marie ne saurait périr; il rappelle les textes de l'Ecriture que la tradition constante de l'Eglis.' interprète dans le même sens; et quand il a formé tr faisceau imposant de preuves et do témoignages : « Eh bien, dit-il, âmes timorées et craintives, qui vivez dans des alarmes et dans des anxiétés continuelles, qui avez consacré de longues années nu service de Dieu, et que tant de bonnes actions faitr'^ pendant ce temps, tant dé confessions, et le désir même que vous avez de plairc'à Uieu ne par\'iennoiit pas à rassurer entièrement, embrassez la dévotion ;i Marie, et toutes vos craintes vont s'évanouir; iin calme inconnu va prendre possession de votre cœu iet le délivrer de ces vaincs inquiétudes et de ci?. appréhensions sans objet; vous sentirez une doui r assurance que vos péchés vous sont pardonnes, il que sous la protection de Marie vous ne devcv craindre ni la mort, ni les suites de la mort. »

Donc, conclut le zélé serviteur de Marie, il faut que cette dévotion soit si fortement enracinée dauleurs flmes, « qu'il devienne plus facile de leur 6tri la vie que de la leur arracher; » il faut a qu'elkla tiennent pour leur trésor, leur force, leur gloire ii leur consolation ; qu'elles soient prêtes à se dépense] tout entières.pour la propager; » car avec elle a il n'est rien de si excellent et de si sublime qu'ellin'aient le droit d'espérer. »

Telle était dans ses grandes lignes la direction du P. de Clorivière, direction toujours surnaturel 1--,

également douce et ferme, éloignée et d'une rigidité sans miséricorde qui se contente de montrer le but sans aplanir les voies, et d'une mollesse sans principes qui, sous prétexte de s'accommoder aux âmes, se borne à leur demander des vertus médiocres qui sont trop souvent des vertus de surface, établies sur des passions toujours vivantes. 11 ne voyait que des âmes et la gloire de Dieu à procurer par leur sanctification : « Vos âmes, aimait-il à leur dire, me sont aussi chères que la mienne propre; je n'oublierai jamais le prix qu'en a donné Notre-Seigneur, l'amour tout spécial qu'il leur porte, les bénédictions dont il les a comblées, l'excellence et l'intimité des rapports auxquels il les invite... »

Ces nobles protestations furent comprises; et bientôt, aux surprises, ou, si l'on veut, aux froissements des débuts, succédèrent l'estime et la confiance. La Supérieure, M°® Ethelred Manock, ne tarda pas à lui en donner un témoignage non équivoque, en le priant de lui tracer un précis des devoirs et du bon gouvernement d'une Abbesse. Le P. de Clorivière se rendit à ce pieux désir et composa un petit traité où tout est simple, pratique, marqué au coin de l'esprit surnaturel, et qui peut servir de règle à tous ceux qui ont reçu la mission de conduire les autres.

ïl commence par donner une haute idée de la charge de supérieure. La supérieure représente Dieu; les inférieures dont elle a le soin sont les épouses mômes de Jésus-Christ; le but où elle doit les conduire, c'est la perfection. Rien n'est plus grand; mais à cette excellence répondent des devoirs

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