‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 8 sur 315 · LIVRE I. CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE I. l

lui rendre compte de la visite qu'il yenait de faire au noviciat de Paris. « Ce compte rendu sera court, lui disait-il, mais, je l'espère, il sera plein de consolation pour votre Paternité. Nous avons dans cette maison de probation 42 novices scolastiques et 8 novices coadjuteurs que le P. Etienne de la Croix forme merveilleusement. C'est un homme, à mon avis, qui pour ses talents, sa doctrine, ses exemples d'une vie religieuse parfaite, ne saurait être assez recommandé... Quelques Pères le trouveraient peut-ôtre un peu sévère; mais ils lui pardonnent cet excès, en faveur de l'excellente formation des novices dont ils font hautement l'éloge. y>

D'ordinaire, le passage du monde à la vie religieuse ne laisse pas que de paraître un peu brusque : il y a si loin du bruit et des préoccupations du dehors au silence et à la tranquillité qui habitent ces demeures du ciel! Mais le F. de Clorivière ne fut point étonné, et du premier coup, il parut dans son élément. A vrai dire, il en avait à peine changé. N'apportait-il pas avec lui l'habitude du recueillement, la pratique de l'oraison mentale, la soif de la communion et toutes les vertus qui s'épanouissent à l'oratoire et à la sainte table? Mais à ses yeux, ce qu'il avait fait n'était encore que jeu d'enfant : il résolut de commencer une vie nouvelle. Il se jeta dans la carrière avec une ardeur tranquille, fruit de la réflexion et de la détermination d'une âme qui ne veut rien refuser à Dieu. Quelques-uns de ceux qui vécurent alors avec lui ont conservé jusque dans la plus extrême vieillesse le souvenir de ce généreux élan; dès le début, le F. de Clorivière s'était mis à la tête de tous

par sa ferveujr, sa régularité, les saintes industries de son zèle apostolique ^

Après les consolations qu'il avait goûtées dans le monde, que n'était-il pas en droit, ce semble, d'attendre dans la religion? Mais par une conduite assez ordinaire de sa Providence, Dieu cessa de se montrer caressant dès que son serviteur eut laissé toutes choses pour se donner à lui. La vertu du novice n'en fut ni scandalisée, ni étonnée. Il savait à merveille que nous plaisons à Dieu par le cœur et par la volonté, que la consolation sensible est un bien extérieur à l'âme et n'ajoute rien au mérite de nos œuvres et au trésor de la grâce sanctifiante.

Tout le secret de la perfection consiste à se dépouiller de soi-même pour se revêtir de Jésus- Christ. En dehors du renoncement il n'est aucune vertu solide et durable. Et comme la tendance à la perfection doit être de tous les jours et de tous les moments, ainsi la recherche de tout ce qui combat et contrarie la nature ne doit connaître aucun relâche. C'est cette abnégation généreuse, cette mortification totale et continuelle que prescrit saint Ignace dans une des règles fondamentales de son Institut, règle d'une observation nécessaire autant que difficile qui a fait tous les saints et tous les vrais ouvriers de la Compagnie. C'est vers elle que le F. de Clorivière, comme il le déclare lui-même dans une de ses lettres, se sentit tout d'abord incliné;

i. « Supersunt hodiedum PP. Simpson et Fontaine cotetanei P. Pelri m novxtiatu, sancte affirmantes illum hrevi alios tirones, fervore, cxacta legum disciplina et industria socios ad honum promovendi superasse. » Notice ms. sur le P. de Clorivière.

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