‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 87 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE IV

le Cœur de Jésus, prison d'amour; , . . école d'amour ; . , . le Cœur de Jésus, barque dans laquelle je dois Iraverser la nier de ce monde.,. »

Une autre fois (c'était pendant sa retraite de 1771), il méditait sur le baptême de Notre-Seigneur et sur sa solitude dans le désert, a Dés le commencement de mon oraison, dit-il, je me suis trouvé plein de confiance et tout eullammé d'amour. Quand j'étais sur le pojnt de la finir, la promesse de Notre- Seigneur se présenta tout à coup à mon esprit, sans aucune pensée qui ait pu lamener : Diim tempus aderitj ego te curabo; je te guérirai, quand le temps en sera venu. Il me parut alors qu'on me disait, quoique sans aucun bruit de paroles : Jam adest ; le voici bientôt venu; w puis, un instant après : a Expedite loqueins, tu parleras avec facilité. » Je me rappelai à l'instant ce que dît le prophète Isaîe : Lingiia balboruni vélocité/- loquetur et plane. La langue des bègues s'exprimera avec aisance et en courant, a Tout cela, me scmble-t-il, me fut souvent répété, et me combla d'une joie extraordinaire. Je reçus ensuite une précieuse faveur de la Bienheureuse Vierge, dont je baisai les mains avec une grande dévotion et beaucoup de larmes ; mais ce fut en esprit. »

Cette ferveur n'était pas continuelle; il avait aussi ses moments d'ennui et môme son inconstance. Il gémit de l'envahissement des pensées inutiles : « Oh! que je suis loin de servir Dieu sur la terre comme les anges le ser^-ent dans le ciel! Oh ! quand serai-jé dans cette région où Dieu seul est tout à tous! » Et empruntant la parole de saint Ignace ;

iTi HISTOIRE DU P. UË CLOHIVIËRE

« (,)uc la terre me parait vile, quand je regarde le ciel! n

Rien Q'échappe à sa vigilance; il n toujours l'œil ouvert pour s'observer. C'est par l'examen particulier qu'il exerce ce contrôle. Il en accommode l'emploi aux nécessités du moment, aux besoins plus urgents de son iïme. Pendant un temps, il a surtout pris à partie son amour-propre et les susceptibilités de son humeur. Il signale ses défaites plus que ses victoires, laissant les anges inscrire celles-ci au livre de vie, et raar(jiiant les autres pour s'humilier et s'animera mieux faire. Nous traduisons quelques lignes de son Livre (le conscience.

CE 1\\ mai 1768. Je contredis facilement; cela vient de m'arriver aujourd'hui. A la récréation du soir, je n'ai pas triomphé avec assez de courage d'une certaine répugnance, bien qu'elle fût contraire à l'ohéissance, à la charité et à l'humilité; et même aprt^s m'en être rendu maître, je dis encore quelques paroles qui étaient un effet de ma mauvaise humeur.

u 2!>. J^ai dit quelques paroles avec l'intention de piquer quelqu'un, et de lui apprendre à garder sa langue. Bien que j'aie justifié alors à mes yeux ma conduite, je sens bien cependant que j'ai agi par impatience, et que j'ai manqué à l'humilité et à la charité. Je prie Dieu de me pardonner, et de m'accorder la grâce de ne plus retomber dans la même faute.

a 2 Juin. Je fus intérieurement froissé pour un motif de rien; et bien que je visse que c'était une chose abaurde d'être mortifié pour si peu," je ne laissai pas d'avoir beaucoup de peine à me dominer,

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