‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 88 sur 315 · LIVRE 11. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11. CHAPITRE IV

et dans la journée, j'en laissai voir quelque chose...

« 8. J'ai été très mortifié de deux choses qui m'ont été dites pendant la récréation. Je ne pus pas me dominer assez pour empêcher les autres de s'apercevoir' de mon trouble. Ces paroles me remplireDt de tristesse et d'amertume, et les distractions m'assaillirent en foule pendant que je récitais mes vêpres. Cela me fait voir combien l'amour-propre garde encore d'empire sur mot. O mon Dieu, quand accepterai-je avec joie toutes sortes d'humiliations !

a 17. En demandant une permission, je n'étais pas dans l'indifférence où je devais être; et ai l'on m'avait refusé, il me semble que j'aurais murmuré intérieurement.

a "d septembre 1770. Etant indisposé intérieurement contre quelqu'un, je fut bien aise d'entendre mal parler de lui. b

Voilà les grandes défaites, et encore ne sont-elles pas toujours des défaites, essuyées par le P. de Clorivière dans cette guerre quotidienne engagée contre l'amour-propre. Loin de nous en étonner ou de nous en scandaliser, nous sommes bien plutôt tenté de lui rendre grâces de nous avoir ouvert son cœur, et de nous avoir montré que les saints ne sont pas étrangers à ces préoccupations puériles, à ces susceptibilités étroites et mesquines, et à tous ces mouvements de vanité, de colère, de rancune et de jalousie, que nous rougissons quelquefois de découvrir eu nous-mêmes, et qui sont le triste apanage de la nature humaine.

Un jour, la Bienheureuse Marguerite-Marie écrivant à son directeur, et lui parlant des grâces

attachées à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus : a Les trésors de bénédiction et de grâces que ce sacré Cœur renferme, disait-elle, sont infinis; je ne sache pas qu'il y ait nul exercice de dévotion, dans la vie spirituelle, qui soit plus propre pour élever en peu de temps une âme à la plus haute perfection, et pour lui faire goûter les véritables douceurs qu'on trouve au service de Jésus-Christ... Faites en sorte surtout, ajoutait-elle, que les personnes religieuses Tembrassent, car elles en retireront tant de secours qu'il ne faudrait pas d'autre moyen pour rétablir la première ferveur, et la plus exacte régularité dans les communautés les moins bien réglées, et pour porter au comble de la perfection celles qui vivent dans la plus exacte régularité. »

Le P. de Clorivière recueillit avec abondance les bénédictions promises ici par la Bienheureuse. L'attrait qui, dès le commencement de sa conversion, l'avait entraîné vers la sainte Eucharistie, le conduisit bientôt, par une pente naturelle, à l'amour du sacré Cœur. Dès son arrivée à Liège en 1762, il écrit au P. Charles Fleury qu'il a formé le dessein de répandre cette dévotion. Il la défend contre la mauvaise foi et les attaques sacrilèges des libertins et des hérétiques, et contre les préventions de quelques catholiques mal éclairés; il en établit Torigine et le but; il prêche des sermons, compose des neuvaines en l'honneur du divin Cœur; il suit avec une sollicitude attentive tout ce que font ses frères dans le monde pour propager ce culte de réparation et d'amour.

Dans ses méditations, il revient souvent sur cet aimable suj e t , surtout à l 'époque de la fête du Sacré - Cœur.

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