‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 89 sur 315 · LIVRE II. CHAPITBE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITBE IV

La retraite de 1771, faite au mois de juin, et la dernière dont nous ayons retrouvé le compte rendu, est véritablement la retraite du Sacré-Cœur. C'est dans ce sanctuaire qu'il a voulu se renfermer. Il ramène tout au Cœur de Jésus, la méditation fondamentale elle-même et la première semaine avec ses vérités les plus terribles, a Finis meus, amor. Ma fin, c'est l'amour. Quelle noble, quelle aimable fin! Toutes mes pensées, paroles et actions doivent tendre à cette fin. Pour aimer comme je voudrais, mon cœur doit devenir un même cœur avec le Cœur

de Jésus Nul châtiment du péché ne doit nous

paraître si terrible que d'être privé de l'amour,... que de voir rompues tontes les chaînes d'amour, de douce conformité et de ressemblance qui nous attachaient au Cœur de Jésus. » La mort perd ses frayeurs aux yeux de l'amant du Cœur de Jésus : « elle est très désirable à celui qui aime; l'amour est iodifTérent à toutes sortes de morts; c'est la plus igaominieuse et la plus cruelle qui a fixé le choix du Cœur de Jésus. » Au jugement, a quelle honte et quelle confusion de n'avoir pas aimé un Dieu infiniment aimable et infmiment bon, et de s'être montré si différent du Cœur de Jésus ! » Qu'est-ce que l'eafer avec ses feux inextinguibles? e C'est la juste punition de ceux qui n'ont pas aimé celui qui est si aimable... Quelle folie d'avoir préféré ces flammes éternelles aux flammes d'amour dans lesquelles le Cœur de Jésus offrait de nous consumer. »

Les mêmes sentiments éclatent partout, dans les méditations de l'Incarnation, des deux Etendards, flans celle de l'institution de l'Eucharistie a où le

Cœur de Jésufl déploie toutes les richesses de son amour; » dans celle du crucifiement : <t Mon âme, tiens tes regards attachés sur ton Roi, ton Sauveur et ion Dieu. Comment es-tu touchée de ce spectacle? i;st-ce assez pour percer ton cœur et le transformer dans le Cœur de Jésus? »

1^ dernière méditation est un véutable chant (l'amour. Son ùmc, échauffée par les saintes ardeurs di.' la prière, tout embrasée par les flammes qui s'échappent du Cœur de Jésus, ne sait plus se contenir : a. Je puis aimer Dieu : n'est-ce pas assez pour prouver que je dois l'aimer?... Tout ce que nous vnyons dans la nature nous crie que Dieu est infiniment aimable, infiniment bon, et que nous devons l'iiimer. La foi nous le redit d'une voix encore plus puissante. Nous sommes comme plongés dans un océan d'amour; comment ne sommes-nous pas tout iimour? Nous sommes au milieu des flammes; comment notre cœur n'est-il pas tout flamme? Oh!

aimons Dieu qui est toute beauté, toute bonté, toute amabilité, toute grandeur... Aimons Dieu, parce r|n"il mérite d'être infiniment aimé, parce qu'il désire ilclre aimé, parce qu'il nous commande de l'aimer, parce qu'à l'aimer consistent toute notre grandeur, notre félicité, notre gloire; aimons-le comme le seul Etre parfait, comme notre Créateur, notre Rédempteur, notre Maître, notre Roi, notre Bienfaiteur, notre Conservateur, notre principe et notre fin

dernière, aimons-le de tout notre cœur, de tout

noire esprit, de toute notre ûmc et de toutes nos forces... Aimons-le en lui-même, et dans Jésus- Christ, dans la Bienlicureuse Vierge, dans les anges,

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