‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 91 sur 315 · LIVRE II. CHAHTnE IV. iT.t · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAHTnE IV. iT.t

desseins sur vous. Comment pourrait-il on être autrement, puisque voua êtes compagnon ilo Jésus.' Tout ce qui fait partie de notre devoir est ràellcmciit grand, parce que, en vertu de notie vocation, il se rapporte à la gloire de Dieu... » Ll' P. Provincial accentue davantage sa réponse ; « Oui, mon cher Père, Dieu se servira de vous pour sa gloire ; demandez-lui que cela soit, mais d'une manière cachée; laissez-en la manifestation éclater seulement aux yeux de Dieu et de ses anges. Ne désirez rien de plus. Soyez un saint caché. »

Le P. de Clorivière n'insista point; il reçut ces décisions comme venant de Dieu : « Oui, lisons-nous vers le même temps dans son Journal, Dieu me destine, ce me semble, à une vie humblo et obscure. Pour me conformer à ses adorables de-sseins, je dois de tout mon cœur embrasser ce genre de vie, bien «[ii'il soit contraire à l'amour-propre. et ne point chercher à être connu du monde. Il faut que je sois enraciné dans ta connaissance de ma bassi^sse profonde; je ne murmurerai point de me voir dédaigné, méprisé, tenu pour rien. »

Le P. de Clorivière fut, en effet, un saint caciié, ignoré du monde dont l'éloignaient ses défauts autant que ses vertus, occupé des ministères les plus humbles, attentif à dérober aux homme» ses œuvres tes plus fructueuses et les plus belles. VA toutefois les secrets pressentiments qui, dans la ferveur de se^ oraisons, soulevaient son ôme au-dessus d'elleniême, n'étaient pas de vains fantilmes. Dieu devait faire un jour de grandes choses par le moyen de son serviteur.

Kii atli.udant, il allait encore déconcerler plus prufoiidémcût, ce semble, ces magnifiques espérances. La Compagnie de Jésus était sur le point de succomber sous les coups de ses ennemis. Avant de rappeler celte dernière catastrophe, il nous reste un mot à dire des ix'uvres extérieures du chapelain des Bénédictines anglaises à cette époque. Ce mot sera court. La charité du P. de Cïorîvière le mettait au service de tout If! monde. Bien qu'il fût très actif et très mùnagoA- (le ses moments, il avait peine à suffire à tout. Sa Lorrespondance était assez étendue ; nombre de personnes pieuses recouraient à ses conseils. Quelques-unes de .ses lettres lui causèrent un jour un dé.sajj;r('ment assez sérieux et l'obligèrent même I pour un tt'mps à quitter Bruxelles. C'était, croyons-

\ nous, en 1771, si nous nous en rapportons à certain

i passage iln son Journal spirituel, qui semble une

A allusion h ce fait. En voici du reste le récit, tel que

I nous le trouvons dans la petite notice publiée quelque

' temps aprùa sa mort :

1 tt Les Pays-Bas étaient alors sous la domination

1 de l'AiiUiihe, et le Gouverneur, peu favorable à la

l religion catholique, ne l'était pas davantage à ses

k ministres. Le P. de Clorivière jouissait d'une grande

î confiance parmi les personnes qui désiraient avancer

u dans la piété. Des lettres adressées à l'une d'elles,

> ' qui tenait an rang distingué, et dans lesquelles

■ étaient exposés les plus sublimes devoirs de la per-

I fection chrétienne, viennent à tomber entre les mains

du Gouverneur. II fait appeler le P. de Clorivière, et 1 les lui présentant, il lui demande si elles ne sont

^^^^ pas de lui. Le Père répondit que, à la vérité, cette

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