‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 96 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE V

Le bruit <Ie ces complots et de ces exigences acharnées retentissait douloureusement dans le cœur de tous les fidèles, et surtout dans celuâ dos enfants delà Compagnie. Toujours constant avec lui-même, et découvrant partout la main de Dieu qui dirige les événements pour le bien de ses élus, le P. de Cïorivière, au lieu de s'abandonner à des plaintes stériles, a redouble d'efforts afin de recueillir de ces persécutions les fruits incomparables que les desseins de la Providence y ont attachés'; » il félicite ses novices d'avoir été jugés dignes de boire au calice que Dieu réserve à ses plus chers amis.

Toutefois, s'il croyait à une épreuve, et même dans une certaine mesure, à un châtiment temporaire par lequel Dieu voulait purifier la Compagnie, il était loin de penser que les puissances coalisées dussent avoir un jour pleine raison des résistances du chef de l'Eglise et consommer la catastrophe.

L'histoire du passé ne paraissait-elle pas justifier ses appréciations? Le ciel semblait aussi les encourager. On sait comment, aux époques de crise et d'extrêmes périls, les Ames sont faciles à donner accueil à toutes les voix qui parlent de aalut, A prêter du corps et de l'importance aux moindres signes, et à croire à des communications merveilleuses de Dieu ou de ses saints. Sans ajouter foi à tous les bruits qui arrivaient à ses oreilles, le P. de Cïorivière ne s'était pas défendu d'une certaine attention pour des faits qui paraissaient mieux autorisés. Ainsi on parlait d'un miracle opéré dans le royaume do Naples au coni-

Page 1