Ltllre du 9 geplembre
IKK HISTOIRE DU P. DE CLORIVIËRE
nn'nceniont de l'année 1762, et dû à l'intercession de saint François-Xavier. Le fait en lui-même ne pouvait tfre révoqué CD doute; il avait été examiné juridiquement et reconnu par l'autorité ecclésiastique ; rm en avait dressé des procès-verbaux portant la signature de plusieurs évéques; mais on attribuait au saint des paroles qui concernaient la situation HCtuolIe de la Compagnie et qui promettaient une heureuse solution à la crise. Ces paroles n'étaient pas consignées en propres termes dans les procèsverbaux ; jnais personne n'en doutait. « Le malade guéri, ajoutait la chronique orale, avait donné ;m P. Général divers papiers que celui-ci conscrviiil avec grand soin, et dont il avait marqué qiiclqui'fois qu'on aurait sujet de se réjouir et de remerciiT le Seigneur'. »
1. Lettre duii aoât 1763. — Ces sortes de récits aboodaical; « mais, i-at-urite un conlempoi'ain, le P. Général, u'élait rico moins que cri^-diili' uu visionnaire, et n'a jamais réglé sa conduite sur tes révélations >u|iii05ées, qui lui fui-ent si abondamment envoyées di' tous les jiin- du monde. Cependant, continue le même témoin, it fil une atleufi-.ii |.articulière à une leUre qu'il reçut en 1760 d'un Pire de la l'iLiMiic de Nai.iea, le P. Paradisi, zélé missionnaire qui inouml lii i.rli-ur de sainteté au collège de Lecce le 19 avriH7CI. Eli l'IM, 'jiJn-onque, dit-il, considérera cette lettre avec attention, ï découvrira <juVlle est écrite d'une manière particulière, cl très di5érnile du slylc dans lequel iilusieura prédictions extraordinain^ d'événi'riii'rits futurs ont été énoncées, par rapport à la catastrophe qui CBl ici <l«i^-,iLT. :
■ Lecce, 13 mai 1;GD.
0 Mon Très Hévércnd Père,
il renouveler l'espril de la Comiiagair, la vertu de rbtliiiili'i>
LIVME II. CHAPITRE V. 189
Il y avait loin, il faut en convenir, de ces simples données historiques, et des grâces que le saint pouvait avoir promises à la Comps^gnie, et qui furent loin de lui manquer dans ces jours de tempête, aux assurances spéciales qu'on s'efforçait d'y trouver; et il eût été au moins téméraire de régler là-dessus sa conduite.
Aussi le P. de Clorivière ne s'endormait pas dans une sécurité oisive, et s'il osait espérer d'eu haut des miracles de protection sur la Compagnie, il ne voulait rien négliger de son côté pour faire à Dieu une sorte de violence, et comme il disait, pour lui 4 arracher » des mains, la grâce désirée. A la îèle de l'Immaculée-Conception de l'année 1763, un assaut commun avait été livré au ciel. Pour rendre cette -supplication plus efficace, quelques-uns avaient
eldo la foi. a donoé pouToir >u démon d'exciter cootro Dous la jiliis liorribla pireéculion. Il dous cODVieDt d'adorer tes divins dûcrols, et de dous pri'[iarer à miffrir avec beaucoup do patieuce et de ri^sigDation, VoIrc Patemilù verra relie étrange catastrophe, et boira tout ce calice d'amertame ol de douleur. Les calomoies, le dépouillemeat des liieDs el l'eiil seront les moindres do nos naui. Mais la Compagnie ne finira pas pour cela. Dïou terminera toutes ces calamités d'une manicrc très glorieuse. Que Votre Palernlld ait la cbirllé do me pardonoer Tuanoncc quD je lut en Cals ; Quand viendra le parfnil rétaUisscmect, elle sera entnie dans le repos éternel, s A la suite du cette lutlru et des réllezioDS qui l'acconi pagne at, en lit cetio signature = d A. Marc. ei-Jésuite, chanoine régulier de l'Ordre de Sainl-Augu^tîn, du uonastèro de Cjioing. près Lille en Flandre, au chMeau de Gbységbem, le SI mai 11121. > Le P. Uarc dit qu'il a vu lui-même, peu d'années après la suppression, une copie de cette lettre ; il alGrme qu'elle était connus auparavant, que plusieurs Jdiultes l'avaient vue dans les mains du P. Commolily. scenStniro do la Compagnie, auquel le P. Geoéml l'avait comuiuniquéc. — Nous on ai nos une luIrc IraduclioQ IrL-s ancienne sous los youi; elle se termine par ces mots : <■ En envoyant cotte lettre do Rome, on dit: Go n'est pas une cboso Faite après coup: nous en avons eu conuaissance dans le temps i depuis ta mort du GiDi>ral, on en donna des copies ; on peul compter sur l'aulben licite de la
Cf m». Supprestion de la Compagnie, T. II, ms. Ecole Saintc- Geneviéce, Paris.
uni HISTOIRE DU V. DE CLOHIVIËRE
inni^u ta pensée de faire précéder la solennité d'une Hiiivaine de messes. Le P. de Ciorivière, à qui s(.iiible revenir l'hoiineur de cette initiative, s'était i> riipé de recruter des adhérents; il avait écrit jusqu'à Notre-Dame de Lorette, et il avait eu la (■.insolation de pouvoir dire que o chacun des jours lie la neuvaine, on était sârde plus de cent messes.» Mais c'était surtout vers le Cœur de Jésus, nous l'iivons vu, que s'étaient portés ses regards et ses supplications. Aussi même après les événements (l'Ilspagne et leur contre-coup eu Italie, il continue il garder fa ferme espérance que Dieu prendra en piliti la Compagnie. In spem contra spem. Bien jiliis, pour dissiper des craintes qu'il jugeait excessives, et pour ranimer les courages, il lit une confért'rice sur ce sujet, avec ces paroles de Notre-Scigneur pour texte : Infimiitas hœc non est ad mortem, Ki'd pt'o (iloria Dei, ut ijlori/icetur /•'iliiis Dei pvr eam (Joan. xi, 4). Il en appelait à la conduite ih: Dieu dans tous les temps; à la nature de la Ciimpagnie qui, depuis sa naissance, ne fut jamais s;iiis persécullons, et qui grandit au milieu de.s ('■[neuves; à la fin qu'elle poursuit, aux bénédictions sans nombre répandues sur elle, au zèle apostolique ([irelle n'a cessé de déployer pour les intérêts de Dieu, et qui lui a valu plus que toute autre cause la haine des ennemis de la vérité. Il invoquait les niiiaclcs opérés par l'intercession de ses grands saints, la confirmation de son Institut par le Vicaire (li> Jésus-Chrial, l'empressement d'une multitude irmiies pieuses à prier pour elle, et une certaine persuasion intime et profonde de presque tous les