‹ Histoire du R.P. de Clorivière, de la Compagnie de JésusChapitre 98 sur 315 · LIVRE II. CHAPITRE V. V.H · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE V. V.H

gens de bien que ces calamités devaienl tourner ù la plus grande gloire de Dieu. Eu finissant, il énumi'rall les fruits qu'on devait se promettre de ci'ttc l»n)j;ut^ Hérie d'épreuves; il n'eu attendait pas moins qu'uji entier renouvellement de l'esprit primitif, et -une nouvelle effusion des grùces qui avaient signalé le» commencements de la Compagnie.

La Providence avait d'autres desseins, et se réservait de répandre en d'autres temps cetl»; bénédielion des prémices sur les enfants de sainL If^nace. Kn effet l'orage continuait de monter à l'iiorizon. Le Souverain Pontife n'opposait plus à l'audace croissante des cours qu'une résistance indécise.

Le P. de Clorivière était prêt à tout. Il disiiit dans son dernier compte de conscience, au mois do mai 1773, à la veille presque de la consomination du sacrifice : o Je ne redoute aucune des tribulations, aucune des peines qu'il plaira à la divino Providence de m'envoyer. »

Mais avant qu'il trempât ses lèvt-es au calici; d'amertume, une précieuse consolation devait lui être ménagée. Le temps était venu où, après avoir satisfait à toutes les épreuves établies par saint Ignace, il devait prononcer ses derniers vœux. Il était âgé de trente-huit ans et en comptait dix-sepi dévie religieuse. Uéjft le P. Général avait expédié les lettres qui l'autorisaient à faire sa profession solennelle, à la prochaine fête de l'Assomption, 15 août 1773, lorsque le coup terrible dejmis longtemps pré\'u, mit subitement en péril ses espérances. Le Souverain Pontife venait en effet do céder aux efforts conjurés des puissances, et de consentir i\ la

I(l-J HISTOIRE DU P. DE CLODIVIÈRE

suppression de la Compagnie de Jésus. Le Bref Ihnninusac RedemîJtor a\&\l été signé le 21 juillet, (''■pendant durant plusieurs jours encore, un protond >iliiice enveloppa cette décision souveraine. Ce i.tard sauva la profession du P. de Clorivière. (,)iiolies que fussent les menaces et les alarmes, tant que la sentence pontificale n'avait pas été promol- ^niée, la Compagnie de Jésus continuait à jouir de HOU existence canonique, et avait le droit de se gouverner selon ses Constitutions; en supposant mOrae qu'elle dût succomber, quelle consolation pour K' religieux de lui avoir appartenu plus étroitement, lie fût-ce qu'un jour et qu'une heure!

Xa milieu des joies mêlées d'inquiétude de l'atti'iite, le P. de Clorivière n'oublia pas son refuge ordinaire, la très sainte Vierge. Il était entré dans l;i Compagnie de Jésus la veille de la fétc de l'Assnmption; il avait prononcé ses premiers vœux deux iiiLS après; ne pouvait-il pas espérer que Marie couronnerait l'œuvre commencée? Ses désirs ne furent pas déçus; le 15 août 1773 se leva raclieuxsur ia Compagnie de Jésus encore vivante sur toutes les [linges d"où les arrêts de la violence ne l'avaient pas l)aunie, et le P. de Clorivière, par une faveur dont il giii'da toujours dans son cœur une vive reconnaissance envers Marie, fit sa profession solennelle dans l'ci;Iise du collège dos Pères anglaisa Liège.

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