‹ Histoire du règne de Charles-Quint en Belgique (volume 3)Chapitre 8 sur 22 · AZEVEDO · texte numérisé non relu

AZEVEDO

* Rapport de Viglius, du 12 janvier 1551 . Correspondenz, III, 39. 5 Lettre de l'empereur à Viglius, du 17 mars 1551. Ibid., 60.

S absentant tous quelquefois durant sept ou huit jours et ne laissant en ville; que deux ou trois chevaux des quatorze ou quinze qu'ils avaient. Cette circonstance leur permit d'ouvrir des intelligences au dehors ; puis les conjurés, au nombre de seize, se distribuèrent les rôles. On fixa le 22 décembre 1S50 pour rexécution du complot, et il fut convenu que, sous prétexte de se rendre aux lieux d'aisances, le prince descendrait au jardin, où il trouverait Hans Rommel avec six compagnons chargés de faciliter sa sortie de l'hôtel. Conrad Bredestein et Gaspar Badenhausen, chefs de l'entreprise, s étaient chargés de l'escorter, et devaient l'attendre dans la rue, pour le conduire à la Blockpoorte, où Ton trouverait des chevaux. Des relais avaient été établis à Keerbergen, Aerschot, Haelen et Diepenbeek dans le pays de Liège, d'où les fugitifs comptaient gagner Marbourg par Maestricht et Cologne. Les sept autres conjurés, montés et armés, se tenaient à Bonhey^ den, pour protéger la fuite du landgrave et combattre quiconque le poursuivrait.

Philippe le Magnanime, ne voulant pas exposer ses servir leurs aux vengeances de Charles-Quint, les renvoya successivement : son maître d'hôtel, Crafft Van Bemmelburg, et un de ses pages, Jean Van Meerle, se retirèrent le vendredi ; son secrétaire. Renard Abel, le samedi ; son médecin, Jean Meckenhach, avec un gentilhomme nommé Sébastien Van Weyterhausen, le dimanche ; et les cuisiniers, le batelier, le couturier, le jour même de l'entreprise, de très-grand matin. Le prince iVavait conservé près de sa personne qu'un page, Antoine de Wersebe, son valet de chambre, un fou nommé Thys, du pays de Liège, et son clerc de dépense, Jérôme. Ce furent ces précautions pour ses serviteurs qui éventèrent l'entreprise. Un des cuisiniers, nommé Magnus, courut effaré raconter à

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un poissonnier, nommé Jérôme Van der Stock, qu'il avait blessé un Espagnol de la garde du landgrave, et le supplia de lui donner les moyens de gs^ner Anvers. Puis, le prenant à part, il le pressa de le cacher et lui confia que, dans deux heures, son maître aurait quitté la ville. Le poissonnier et sa femme, effrayés de cette dangereuse confidence, s'empressèrent d'en informer, l'une un membre du magistrat, Philippe Schoof, qui en donna avis à ses collègues; l'autre, un serviteur du fondeur de Tartillerie, Jean de Castille, qui le rapporta à son maître. Jean de Castille, ami de don Juan de Guevara, lui écrivit sur-le-champ de se tenir sur ses gardes « ou autrement que avant deux heures seroit quitte dudit lantgrave \ »

Don Juan de Guevara reçut cet avertissement à six heures du matin et , en peu d'instants , il eut pris ses mesures ^. Lorsque le landgrave sortit de son appartement, il trouva des sentinelles qui lui barrèrent le passage ^, et des détonations d'armes à feu lui apprirent la découverte du complot. Des sept conjurés qui devaient pénétrer dans le jardin, trois avaient failli au moment décisif; cette défection n'arrêta point leurs compagnons; mais le jardin était occupé et deux d'entre eux (Haen et Philippe Welter) tombèrent percés de coups; les deux autres (Hans Rommel et Hans Zwaen) parvinrent à s'échapper, après avoir déchargé leurs pistolets sur les soldats espagnols *.

Cette entreprise causa à Malines une vive émotion. Au premier avis, le magistrat avait ordonné la fermeture des portes de la ville et mis sous les armes la confrérie des

• Rapport de Viglius, précité.

' Ibid,

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