CAMPAGNE DE CHARLES-QUINT CONTRE SOLIMAN
avait trouvé fortuitement Foccasion d'étendre la puissance de son frère, moins par l'importance de la terre inféodée à ses états que par Fextension de son influence sur les contrées limitrophes. Deux sœurs, Anne et Marie Wimécken, qui avaient hérité, en 1313, des ville, château, seigneurie et pays de Jever, se jugeant sans doute trop faibles pour résister aux entreprises d'ambitieux voisins, offrirent de mettre leurs personnes, leurs biens et leurs sujets sous l'obéissance du souverain des Pays-Bas. L'offre fut accueillie et, par un traité du 18 avril 1532, la seigneurie de Jever fut inféodée au duché de Brabant et au comté de Hollande. Aux termes de ce traité, qu'elles ratifièrent le 8 mai suivant, ces dames s'engagèrent à reconnaître Charles -Quint, ainsi que ses hoirs et descendants, ducs et comtes, pour leurs seigneurs féodaux et supérieurs; à relever et tenir d'eux, en fief héréditaire , leurs ville, château et seigneurie, avec leurs appartenances et dépendances; à leur en faire foi et hommage, comme les vassaux de Brabant et de Hollande y étaient obligés ; à les ouvrir à leurs troupes, chaque fois qu'ils le demanderaient ; enfin, à les servir perpétuellement, à la première réquisition, avec dix hommes à cheval bien montés et équipés ; ce contingent pouvait même être porté à 50 cavaliers et 500 piétons, mais, dans ce cas, il était à la solde du suzerain. De son côté, l'empereur prit ces dames, leurs biens et leurs sujets, en sa protection et sauvegarde, se chargeant de les préserver, « envers et contre tous, de toute force, violence, oppression et injure '. »
* M. Gachârd, Sur Vinféodaiion de la seigneurie de Jever au duché de Brabant et au comté de Hollande. BuU. de rAcadémie, XXI, i^ partie, 142.