CHAPITRE XX
La grande révolution produite par les découvertes de tiolomli et de Vasco de Gama avait radicalement changé la situation commerciale des Pays-lias. La position géographique de ces contrées, le génie industrieux de leurs habitants, les garanties assurées aux marchands étrangers par les lois libérales de la Flandre et du Brahant, y avaient fait prospérer le commerce et le travail. Chaque année, une flotte de Venise, appelée la flotte de Flandre, venait échanger les marchandises fi les denrées du Levant et de l'Afrique, contre les produits de l'industrie belge, qu'elle allait répandre dans toutes les parlies du monde explorées par la puissante république. Les marchands des Pays-Bas expédiaient aussi de nombreux navires à Venise '. Cependant les périls d'une longue navigation 2 fai-
M Dam.'. Histoire de Venise, IV. X<J, 134. — M. Pixciiart, Messager des "rienres historiques, I80I.
■ « La navigation, dit Robertson, était si imparfaite qu'un \oyagede la Baltique jusque dans la Méditerranée no pouvait s'effectuer en un seul 616. » Au xvi* siècle, ces diftV ullés avaient disparu en grande partie, et les traversées se faisaient presque aussi rapidement que celles de nos navires à voiles. Les voyagea de Charles-Quinl en Espagne en fournissent des preuves: comme notre exemple, on voit qu'il fallait quatorze jours pour aller de Flessingue a I tsUjnne. « Premiers que en partant de Vlissinghes arriva en Portugal et Lys- J<onneen xinj jours .... Hz prindrent la mer et se mirent de retour, en quoy ilz ont aussy mis xiiij jours. » Interrogatoire du capitaine Poppius Situant/ de Sfatoren. \ k octobre 1352. Lettres des seigneurs. VII, f» Uti.
soient généralement préférer la voie de terre, et il en était résulté la nécessité d'établir des entrepôts entre le nord et le midi de l'Europe. La Belgique en était le centre, et Bruges, le plus important de ces entrepôts, était devenue le magasin des fabriques des Pays-Bas, des laines d'Angleterre, des produits du Nord et de l'Italie, des denrées et des marchandises orientales. Malheureusement pour celte cité, au xvie siècle, toutes ces grandeurs s'étaient évanouies; la découverte de l'Amérique avait transporté à Anvers le trafic de l'Europe.
Changeant de mode et de forme, le commerce maritime s'était substitué au commerce de terre; [Importance attribuée aux différentes contrées en raison de leur position géographique, s'était modifiée, et les villes de la Méditerranée voyaient ie commerce du monde passer aux pays occidentaux. Les marchands des Pays-Bas, placés au centre de l'Europe, profitèrent habilement de leur situation. A peine le Portugal eut-il enlevé à Venise le monopole du commerce de l'Orient, qu'ils allèrent chercher a Lisbonne les riches cargaisons des Indes; ils s'en firent les distributeurs, et bientôt, dédaignant d'être tributaires, ils se lancèrent sur les traces des Portugais et des Espagnols.
L'extension que les Flamands, les Brabançons, les Hollandais, les Zélandais avaient donnée à leur marine, créa de puissants éléments de succès. Chaque province, chaque ville exerçait le droit de protéger sa navigation et de conclure des traités de commerce avec les nations étrangères. Toutes prétendaient a la prépondérance, et il en résultait une utile émulation. La noblesse aussi s'était insensiblement prise de goût pour la marine, depuis qu'elle avait vu quelques gentilshommes acquérir profit et renommée dans les expéditions contre les Turcs. En même temps la passion des voyages et
dos entreprises aventureuses s'emparait des esprits Déjà, vers 1460, les Flamands, conduits par Martin Béliaim et faisant les premiers usage de la boussole 2, avaient découvert les Aeorcs, poussé même, croit-on, jusqu'au Brésil et jusqu'au détroit reconnu plus tard par Magellan. Adolphe de Bourgogne, stimulé par les prodigieux succès des Espagnols, équipa à ses frais, en 1527, deux navires, et les envoya, sous le commandement d'un capitaine nommé Henri de Vère, a la découverte de nouvelles terres, dont Charles-Quint lui avait d'avance assuré la possession. Ils coururent la mer pendant un an, et s'ils échouèrent dans l'objet principal dg l'expédition, ils dédommagèrent l'armateur, en lui rapportant une infinité de précieuses marchandises3. L'année suivante (1528), après qu'Antoine Morlock, le premier de leurs marins qui mouilla au Cap Vert, fut revenu a Zierikzée, les Hollandais commencèrent ces voyages au long cours, source de leur gloire et de leur puissance \ « En quelles mers inconnues, s'écrie Slrada, les Flamands ne sont-ils pas entrés par la navigation? Leurs draps et leurs toiles ne remplissent pas seulement l'Europe, mais l'Asie et l'Afrique. »
La révolution qui marqua la décadence de Venise, fut 1ère de la prospérité d'Anvers. En 1503, des Portugais y nmenèrent une cargaison de denrées orientales, qu'on recevait auparavant par l'Egypte, sous le monopole dos Vénitiens.
■ Josse Van Ghislelle, seigneur d'Axele, de Maelslede et de Moere. surnomme le grand voyageur, parcourut les côtes de l'Asie Mineure et de la Propontide. la Syrie. l'Egypte, la Perse, la Grèce et la côte septentrionale de l'Afrique, et décrivit ces contrées avec la plus grande exactitude. Messager îles sciences historiques, 1836.
' P. HsTUH, De inrenliê fielyarum Ane. Mém. cour, par l'Académie.
1 Lf Petit, VII. 68.
• Chron de Zeelawle, ?* partie. 4I7-H8. — Wagenaar.
■2«î RÈGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.
La commune anversoise, comprenant toute l'importance de cet événement, s'empressa de traiter avec les Portugais, et d'accueillir un facteur, représentant de leur souverain'. Cinq ans plus tard, deux vaicseaux zélandais, de retour des îles Canaries, firent également passer a Anvers leurs cargaisons, et le sucre, disent les chroniques, ne trouva pas d'acheteurs à deux patards la livre; après l'avoir gardé six mois, il fallut le laisser à moins de trois gros, « car cette denrée n'étoit pas d'usage habituel 2. » Un marchand , nommé Nicolas Rechtergem , acheta ces articles et les envoya en Allemagne, où on les crut d'abord sophistiqués, parce qu§ les marchands de ce pays les tiraient de Venise, pour en fournir eux-mêmes aux Pays-Bas. Il leur fallut bientôt pourtant se rendre à l'évidence, car a peine ce nouveau trafic fut-il ouvert, que [es Portugais et les Espagnols envoyèrent à Anvers les produits de leurs nouvelles possessions. Les Italiens, qui, au siècle précédent, y avaient déjà d'immenses magasins d'étoffes de soie, formèrent de nouveaux comptoirs; les Anglais les imitèrent, et , à l'exemple des Kugger, des Welser, des Osleter, fameux en Allemagne par leur opulence, des Gualterotti de Florence, des Bonuisi de Lucques, des Spinoli de Gènes, la plupart des marchands étrangers abandonnèrent Bruges, eu I5H), pour s'établir dans la ville destinée à devenir la métropole commerciale des Pays-Bas 3. Cette désertion acheva
1 m. Rkikff.nheiu. , llelations avec le Portugal, I. r.. C3-64. • Le Petit. VII. 7. — Chronique de Zeelande, I. r.
■ Lusilani Scaldis Anherpiani fluminis amplitudine ac commolitate allecti. nromata , mercesque alias ex lodtfl Oriental), hoc anno (1503 , Antverpiam .«.Ivexernnt, et rum senatn urbis transegerunt. Semti mox FtiRgeri et Velseri (iermani : demùm Galleroli Florenlini, Spinola? Genuenses, Bonuisi Lucenres. .iliaque merratorum nationes, excepté Hispanorum parte, anno fere lolti, relirlis Brugis . sedes suas Anherpia* collocarunt. Ff.rrkom Lochii Chronicott Betgicttm. 572.
In ruine de la vieille cité flamande \ et, depuis ce moment, ce fut sur son heureuse rivale, désormais le cenlre des arrivages exotiques , que se portèrent presque exclusivement 1rs mnsignations du commerce 2.
L'avènement de Charles -Quint au trône d'Espagne avait beaucoup contribué à favoriser ce mouvement ; les relations et l'influence des Belges dans le nouveau monde faillirent même y arrêter les calamités qui pesaient si cruellement sur la race indigène. « L'attachement naturel de Charles pour ses compatriotes, rapporte Hobertson, l'engageait a les consulter sur toutes les affaires de son nouveau royaume, et ces étrangers montrèrent un empressement indiscret a se mêler de tout 'et a s'emparer de presque toutes les parties de l'administration. La direction des affaires d'Amérique était un objet trop séduisant pour leur échapper. Las Cases remarqua leur crédit naissant. Il fit sa cour aux Flamands avec beaucoup d'assiduité. Il mit sous leurs yeux l'absurdité de toutes les maximes adoptées jusque- la dans le gouvernement de l'Amérique. La mémoire de Ferdinand était odieuse aux Flamands, et Ximenès avait été pour plusieurs un objet de jalousie. Ils désiraient vivement trouver des prétextes plausibles pour condamner les mesures du ministre et du défunt monarque. Les intérêts privés se joignirent aux démonstra-
* Pour V6Dger ses affronts, Maximilicn avait garanti tous les avantages possibles aux marchands italiens qui abandonneraient relie ville pour s'établir a Anvers. (Octrois des 30 juin et H juillet 1188.) M. KftMUlv«BB, I. r.
* En 1522, Charles-Ouinl. annonçant à sa tante que l'expédition partie, trois ans auparavant, pour les Indes, était arrivée dans des contrées inconnues, et lui envoyait un na> ire chargé de clous de girofle, de poivre, cannelle, gingembre, noix muscades et bois de sandal, la prévint en même temps qu'il avait donne ordre «Je diriger ce navire sur Anvers, a la consignation de Diego de Haro. marrh;md établi en cette ville. Lettre du 31 octobre 1522. Keg ( ollrctiou de document* historiques, II. f°57, — Correspondenz. I. 70.
m RÉGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.
fions de Las Cases, et l'on y gagna du moins, qu'en renversant les principes qui voulaient la servitude absolue des Indiens, on chercha a soulager leurs maux et a prévenir leur entière destruction '. » Le plan de Las Cases, approuvé par les ministres belges, peut-être par contradiction aux vues des Espagnols, consistait à substituer aux aventuriers avides et dépraves des agriculteurs et des artisans propres à supporter des labeurs écrasants pour les Américains, et aptes à devenir d'utiles citoyens 2. Mais ce projet ayant été traversé par l'évcque de Burgos, l'antagoniste de Las Cases, l'essai de colonisation , tenté sur la côte de Cumana, trompa toutes les espérances de son fondateur3. C'est alors que, dans la chaleur de son zèle pour les Américains, Las Cases, inconséquent comme le sont la plupart des esprits absorbés par une idée lixe, préconisa la traite des nègres. Les Portugais l'avaient mise en vogue après la conquête de la Guinée 4, et ce fut. disons-le avec douleur, un Belge qui tira le premier bénéfice de cet exécrable trafic. Charles accorda le privilège exclusif d'importer en Amérique 4,000 noirs, à un de ses courtisans lîamands, qui vendit son privilège pour 25,000 ducats, à des marchands génois, et ceux-ci établirent, entre l'Afrique et l'Amérique, ce commerce de chair humaine \ que trois siècles de lumières n'ont pu détruire.
1 Histoire de ï Amérique, I. 288.
' Voir Gracias y privdegios concedidos por Carlos V a los labradores que passuran a America. Collecrion de documentes ineditos para ta historia de Kspana, II. - Robkrtson, I. c, I, 292.
3 RoBfcnTso\, 1. c. 292-304.
I Alphonse l'Africain n'importait pas moins de 100,000 nègres par année, et telles étaient les horreurs de la traversée que quelquefois il en périssait par voyage près de 3,000. Helation d'une ambassade bohémienne au xv siècle. Revue britannique, 1852. III, 142.
Houehtso.v, I. c 201
Les résultats de la nouvelle situation commerciale laite aux I*ays-Bas furent rapides et immenses. Anvers devint « la ville commune de toutes les nations. » L'Escaut se couvrit de flottes innombrables, et l'on vit les navires attendre deux ou trois semaines a l'ancre avant d'aborder aux quais de déchargement V Vers 1550, il y avait souvent sur ce beau fleuve jusqu'à 2,500 vaisseaux chargés de toutes sortes de marchandises 2, et le mouvement d'entrée et de sortie s'élevait presque chaque jour a 500 bâtiments. Toutes les semaines, plus de 2,000 chariots arrivaient de l'Allemagne, de la France et de la Lorraine. La bourse était journellement fréquentée par plus de 5,000 négociants en correspondance avec toutes les parties du globe. On y traitait plus d'atlaires en un mois, qu'il ne s'en négociait en deux années a Venise, alors pourtant encore l'une des premières places commerciales; aussi l'ambassadeur de cette république, Marino Cavalli, s'écriait-il avec douleur : « Je devins triste lorsque je vis Anvers, car je voyais Venise dépassée1 ! » — <« Anvers, dit un autre Vénitien, Anvers est la plus grande place commerciale du monde 4 ! » Suivant des estimations, le montant de la vente et de l'achat des marchandises y atteignait, année commune, la valeur de I ,GG2,500,000 florins, non compris la négociation des effets de change3. Tous les gouvernements y avaient leurs consuls ou facteurs et l'on y comptait plus de mille maisons étrangères. Les Danois et les Hanséates réunis, les Espagnols, les Italiens, les Anglais, les Portugais et les Allemands formaient les six nations qui s'y
' L Gi icciardin — Snwv. Essai sur les Pai/s-flas autrichiens. Londres, \1HH.
• trésor historique et politique du commerce des Hollandais, ch. I. » Helation de 1851, I. c.
* Relation de F. Badoaro. I. c
1 de Reiffemifri;. Mémoire sur le commerce 'les Paus-lax au \v et au \\r *ttcle
étaient fixées. En temps de paix, les marchands français y affluaient; mais les guerres incessantes entre leur pays et les Pays-Bas ne leur permirent point d'y établir un comptoir. La plupart des marchands y acquirent des fortunes colossales \ et Anvers fut la place où se négocièrent tous les emprunts du gouvernement, des provinces 2 et de la plupart des souverains étrangers 3.
Les magistrats d'Anvers ne négligèrent rien pour développer ce mouvement. Ils renouvelèrent, en les étendant, les privilèges accordés aux marchands, et ces privilèges, ainsi
• On cite, entre autres, Antoine Fugger, qui fut tour à tour le banquier de ' Maximihcn, de Philippe le Beau, deCharles-(Juint et des rois d'Angleterre; il laissa à ses héritiers plus de 6,000,000 d écusd'or, sans compter ses autres biens. <ii h ciAKni.v — Il habitait dans la rue Rempart des Tailleurs de pierre une maison qui a conservé le nom de Fokkershuis ou plutôt Fuygershuis (maison de Fugger;. A Anvers, pour désigner un homme extrêmement riche OD dit encore: c'est un ryke Fokker.
■ Voir la liste des emprunts qui \ furent contractes pour compte du souverain et des états de Hrabant, durant le règne de Charles-Quint, dressée par M Kreclingbr [Kotiee historique sur les impôts communaux de la ville d'Anvers, I. c, 4' partie, 235-237;.
' Les négociants anversois prêtèrent un jour 152,000 liv. st. (3,800,000 fr.j a Henri VIII. et une autre foi* 120,000 carolus à Edouard VI. Les emprunts contractés a Amers par Marie Tudor et pnr Elisabeth furent plus considérables encore. On trouve que sir Thomas (iresham, agent de l'Angleterre en cette Mlle. a\ail a j rembourser, de mai 1560 a février 1561, 279,565 liv. st. (environ 70 millions de francs). Cet apent dit dans ses notes y avoir emprunté, du 17 novemhre 1558 au 30 avril 1562, une somme totale de 487.502 liv res 7 sch.. ce qui. d'après la valeur de la livre sterling a cette époque, faisait environ 121,750.000 fr., et avoir remlioursé 378.280 liv. 16 sch. En juillet 1562, il fut envoyé en toute hâte a Anvers, pour v régler le pavement de 24-0.523 liv. 10 sch. 2 deniers, (pie la reine d'Angleterre devait a plusieurs négociants anversois, a l'échéance du mois d'août, avec ordre de prolonger de six mois le deiai de remboursement pour une partie de ce capital, au taux de l'ancien intérêt. Le facteur du roi de Portugal contracta un jour à la bourse, pour compte de son -.ouverain, un emprunt de trois millions déçus dor. qui fut couvert eu une seule Bourse Le* tlubltssemenls de banque a Anvers au \vi» siècle.
COMMERCE. - INDUSTRIE - AGRICULTURE Hil
que les franchises de la cité contribuèrent autant que son heureuse situation a y attirer les étrangers. De mémo que dans les autres villes du Brabant et dans celles de la Flandre, la liberté individuelle y était formellement garantie. Excepté dans les cas de llagrant délit , il était défendu d'arrêter ou d'emprisonner aucun bourgeois ou étranger domicilié à Anvers; on ne pouvait saisir ses biens sans un titre exécutoire. Pour obtenir la qualité de bourgeois donnant le droit d y exercer un métier, il suffisait à l'étranger de prêter serment au duc de Brabant; de payer les lettres de naturalité et le droit d'entrée dans le métier auquel il voulait s'affilier; s'il n'était pas originaire du Brabant, il était inhabile aux fonctions supérieures de la magistrature; mais cette exclusion cessait pour ses enfants. Enlin, et ce n'était pas le moins important pour les négociants, les femmes anversoises jouissaient du privilège de sauver leur dot du naufrage de la fortune de leurs maris et d'être préférées aux autres créanciers Les étrangers se voyant bien et facilement accueillis, trouvant la commodité, la sûreté, la liberté, y affluèrent, et la cité acquit une telle renommée que, comparée souvent a Carthage, au moment de son apogée 2, elle était encore considérée comme la plus riche cité de l'Europe 3, trente ans après, alors que, suivant l'expression de Guieeiardin, le temps actuel ressem-
■ M. Altmykk, Histoire du comptoir d'Anvers.
1 J. CiMftTOVAL CALVBTS pe Estrella, El feliciss,mo viaje del principe don f'heltpe, dr&de Espana a sus tierras de la basa Memana, con la descripeion île todos foc tuladosde lirabanle y Flandes. Amers, <552.
' <• Anvers, la plus puissante, renommée et peuplée, \ille de tous les Pays- Bas, dont a peine seroit a trouNer une semblable en confluence de toutes nalions. traficques, négociations, richesses, abondance, puissance, fortifications et toutes aflluences, dont es années passées a esté singulièrement douée »
JjkC<?l E>DE \N ESEMBEKE (4669), I. C.
o Ll emporium non solum Belgica* sed eliani Europe?, dit un document du
m REGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE
blait au temps antérieur comme la nuit au jour '. Quant aux Anversois, ils étaient plutôt fabricants et banquiers que négociants ou armateurs. Manquant de promptitude et de vigueur dans l'exécution, ils n'élevaient pas leurs conceptions commerciales à la hauteur de leur situation, et c'est des marchands étrangers surtout que venait l'initiative des grandes entreprises 2.
L'influence politique d'Anvers crut avec sa prospérité. Guicciardin évalue ses revenus à 250,000 écus par an ; l'impôt sur le vin rapportait 60,000 ducats; celui sur la bière 80,000. L'état comparatif de ses recettes présente des progressions établissant tout a la fois l'accroissement de ses revenus et l'accroissement des impôts. En 1530-1531 , elles sont de 24,009 livres de gros de Brabant ; en 1542-1543, de 42,277; en 1549-1550, de 104,890 ou 419,584 florins caro- Ins \ En 1555, le produit des accises donna 277,299 livres 4.
commencement du wir siècle, sur l'état d'Anvers au siècle précédent, imo lotius Univerai fuerit celcberrimum, quando externi merra tores fluido reflindoque Schaldis alveoad eam commeareet peregrinas merces apporta re, illicqiu* fixas sodés habere solehant. » Document communiqué à la commission royale d histoire, par M. df. Ram. Bulletins, 2* série. VIII, 296. Les poêles lui faisaient «lire :
Lugdunum omnigenum est. operosa Luletia. Homa
In£«'ns, rt*s Venetum vasla, Tolosa potens. Omnimoda? m erres, arles prisca'que novjrque,
Ouorum insunt. aliis singula, cuncta mihi.
On l'appela il : Gemma et delicium orbis Cliristiani. Document précité. ' Préface de la 2e édition, publiée en 1580.
' « Il est à remarquer que Un gens de l'endroit font peu d'affaires, mais ils tirent profit des impots, de la location «le leurs maisons et de choses semblables. C'est par des étrangers que s'y exerce le trafic » Relation de Vincent Quirmt, I c, 63.
' M. K ru.<;i iMiKK. I. c. 233-234
< lb«l.. 238-239.
On lui attribue, de 1549 à 1561, une population de 200,000 habitants. D'après un recensement par quartiers, ordonné en 1368, celte population s'élevait alors à 89,996 citoyens et 14,983 étrangers ayant pris domicile ; or, à ces 104,981 habitants, il fallait ajouter les matelots, les étrangers de passage, les habitants des faubourgs au nombre de plus de 50,000*. Cette importance valut à cette cité de grands ménagements de la part du souverain. Ainsi, en 1309, on vit les bourgeois arracher des mains des officiers de Maximilien des habitants de Groningue mis au ban de l'empire ; ils soutinrent que la qualité de marchands rendait les Groninguois inviolables, et le gouvernement dut accepter cette interprétation2. Charles-Quint lui-même se départit de son inflexible despotisme ; ses édits contre les réformés vinrent se briser devant les grands intérêts qui protégeaient la liberté dans cette ville, où elle trouva son dernier refuge.
Cette grande artère commerciale portait l'activité indus- Irielle dans les autres villes du Brabant, et elles participèrent au mouvement général, par un écoulement plus actif de leurs produits. Louvain seule ne se releva point de la décadence où
Krant url>em inrolentium. supra ccntum millia; desumam in hujus rei fidem. e veteri codice anni 4568 numerum censa illo anno civium capita, in prima regionc seu tribu (tvycken linguâ nostrâ nominant). 6239. ia secunda 5929. in tertiâ 6124, in quartâ 6512, in quintâ 5218, in sexta 5810. in septimâ 9627. in oc ta v A 6943, in nonû 7449, in decimâ 7529, in undeeimâ 7234, in duodecima 7464, in décima tertia 8248, capita ergo universim 89,996. Ha?c ii>ium erant eodem anno variarum hic gentium familia?, que? domicilio locum delegerant, capita in his 14,985; erant proinde capita 404.984. atque ha?c extra nautas, quorum ingens numéros in navibus. Erant super ha?c in suburbiis « apitum 50,000, quibus jus civitatis, non secus ac in urbe natis. Jamperegre Mil ventantes quis enumeret ? Lego, anno CKHJXLIX. LVI, LIX, LXI, numerata «•t aliunde capita, supra CC millia : nemo mirabitur. L'arum Sckibami Origines Aiilverpiennium. Anvers, in-4°. 1610. 73-74.
• Lettre du 17 juillet 1509 Correspondent, I. 161. — Gedenkslukken, II, 167.
RÉGNE DE CHARLES-Ol'INT EN BELGFQl'E.
lavait fait tomber le règne néfaste de Wenceslas de Luxembourg. Suivant un aete de 1523, cette ville était dans une telle détresse, qu'il lui était impossible de payer les charges publiques, de restaurer ses monuments, d'entretenir ses fortifications. « Si l'on n'y pourvoit pas, ajoute cet acte, ses liabitans seront obligés de l'abandonner et de la laisser tomber en ruines '. » Pour remédier a cet état de choses, Charles-Quint, reprenant un projet formé sous le règne du duc de Brabant .fean IV, autorisa les Louvanistes a canaliser la Dyle; mais eet octroi resta à l'état de projet. Us obtinrent alors (1535) l'étape des vins étrangers, et, en 1542, pour favoriser les brasseries qui s'y étaient établies, l'empereur défendit de fabriquer de la bière dans un rayon de deux lieues de la ville 2. 11 fallut néanmoins beaucoup de temps a cette industrie pour relever la métropole brabançonne que son université avait jusqu'alors préservée d'une ruine complète.
Le Hainaut se ressentit également de la révolution qui avait ouvert aux Pays-Bas une nouvelle vie industrielle et commerciale. Mons voyait s'élever tant de manufactures de draps et de serge, que dans les premières années du règne de Philippe II, a l'heure de la sortie des ouvriers, le son du beffroi arrêtait la circulation des voitures. Au nombre des victimes du tribunal extraordinaire qu'y institua le duc d'Albe, on comptait vingt-neuf fabricants de serge; il y en eut neuf autres amnistiés sous Louis de Bequescns. Si l'on y ajoute les 128 fabricants et orfèvres, compris dans une liste de proscrits fugitifs, récemment découverte3, on se formera une idée
• Acte de <523 aux Archive* de Louvain, cité par M. Piot. Histoire de Louvain, I, 280. note 3.
' M Piot. I. c.
1 M. Aitmkve*. I ne succursale du Tribunal de sang, 127.
de l'état de prospérité de cette ville avant que le despotisme espagnol y eût noyé dans le sang les fruits du travail, et arrêt*' pour longtemps la croissance des nobles fruits du génie '.
Si le Brabant et le lïainaut voyaient la plupart de leurs industries en progrès, il n'en était pas de même de la Flandre. Bruges était restée l'entrepôt des laines d'Espagne et de Portugal, et elle en recevait chaque année 40,000 ballots, dont le moindre valait 20 ducals d'or 2. Cette ville était aussi l'entrepôt du Nord pour les vins de France3; on y trouvait quelques puissantes maisons \ et beaucoup de marchands espagnols y avaient conservé leurs établissements \ Sa décadence était néanmoins un fait accompli : l'émigration des ouvriers avait suivi l'émigration des marchands; le paupérisme avait succédé au travail ; la démoralisation gagnait les esprits, et l'on en était venu h offrir une prime d'un ducat à quiconque y fabriquait une pièce de drap6. On avait essayé d'y introduire l'industrie séricieole; mais quoique les rues fussent remplies de mendiants, les manufactures de soie manquaient de bras ' . Par un octroi du 8 août 1544, Charles-
' < De longtemps les nobles fruits du génie ne croissent plus sur une terre •l'i'a baignée le sang de ses habitants ! » s'ocrie M. INriîmess {Mons sous les rapports historiques, statistiques de mn>urs, usages, littérature et beaux-arts | '*n parlant de ces horreurs qu'il a parfaitement retracées.
' Damîkiv Coks. f*e wagnitudine hispani imperii, 1541. — Dans sa relation. •'- rite en 1551, l'amlKissadeur vénitien Marin Cavalli dit que Bruges tirait annuellement d Espagne pour plus de 350.000 ducats de ces laines. I. c, 103. Rapport sur les octrois communaux de la Belgique.
> Dans un rapport concernant les dettes laissées par l'empereur Maximilien. d t>t dit que « aucuns officiers et marchands avoient. par leurs testamens. décharge l'empereur de grosses sommes qui leur étoient dues » On cite, entre •mires. Pierre Lanchals, de Bruges. Stantspapiere, 10.
1 Relation de Vincent (Juirini, I. c.
' M. .1. GAILLARD, Èphémérides brugeoises
' L l'iVEA. He subeentioue pauperum. lib II. ir ix.
RÈGNE DE CHARLES-QlïNT EN BELGIQUE.
Quint statua que les gens de métier, en Rétablissant dans celle ville, y acquerraient droit de bourgeoisie, et seraient admis à y exercer leur industrie, moyennant un simple droit de 5 sols, pour tous frais de réception ou d'admission \
Les autres villes de la Flandre n'étaient point dans uue meilleure situation. Le transit des laines pour l'Italie avait cessé J; les laines anglaises, objet de tant de traités commerciaux, n'arrivaient qu'en petite quantité; et chaque jour s'affaiblissaient les relations maritimes, dont l'ensablement du Zwyn avait présagé la perte longtemps avant la découverte de l'Amérique 3. Les Flamands luttèrent cependant contre la mauvaise fortune, et le gouvernement seconda leurs efforts *.
' Rapport sur les octrois, 294.
' « De l'octroy dos laines que l'on mène hors du pays de Flandres par terre ot par mer, oultre et par delà les monts, dont chacune charge de Ix doux souloit payer xxxvj sols par. ; la charge de xxx doux xviy s. p., el les autres doux a l advenant. Ledit droit a pièca esté el encores est en non valoir, parceque l'on ne mène plus nulles laines du pays de Flandres oultre les monts t omme l'on souloit, ainsi les marchans de Florence et autres de par delà les monts les vont mêmes querre à Calais. » Compte de Nicaise Hanneron, receveur général de Bruges, ès parties de Bruges et du Franc, de 4506, f°xlj *° < n° 27 H ] , aux Archives du royaume.
1 Ainsi, pour en citer un exemple, le droit de deux gros ou sous parisis le\e par le souverain sur chaque tonneau de hière étrangère importé en Flandre, qui, en 4505 encore, avait produit 2,675 livres pour les bières de Hollande et de Zélande, ne produisit plus, l'année suivante, que 1,375 livres; le même droit descendit pour les bières d'Allemagne de 3,080 a 4 ,060 livres. » lbid., f- xlij »». xliij, xliq
* En 1523, Marguerite demanda à Charles-yuint d'établir à Bruges « retape de l'épicerie. » — « Je se rois bien enclin faire aux Brugeois tout le bien et ressource possible, lui répondit l'empereur, mais à cause que ceste marchandise a este premièrement trouvée aux despens de ce royaume (d Espagne), je lui ai par raison accordé de tenir l'estaple au port de la Corogne en Galice, et j'y ai déjà fait établir maisons et facteurs avec liberté a toutes les nations d'y avoir accès. Toutefois vous pouvez faire examiner si de quelque autre façon je puis avantager ceux de Bruges el, dans ce cas, je le ferai très- volontiers » («ttre du 16 mars 1523. Beg. Correspondance, f° 00.
COMMERCE. - INDUSTRIE. - AGRICULTURE 27i
Les Brugeois demandèrent a l'Angleterre, à l'Espagne, à Lulieck, de ramener dans leur ville, par des mesures coërcitives, les marchands qui l'avaient désertée pour Anvers; ils pressèrent, (1507) les diètes hanséatiques d'interdire aux Hollandais el aux Brabançons d'y vendre publiquement du cuivre, de la rire el du goudron, négoce réservé, disaient-ils. aux marchands de la Hanse, et de défendre aux villes de la confédération d'expédier directement leurs cargaisons à des marchands étrangers 1 ; ils rétablirent (î'ilO) les digues de Zwartegat et firent sonder les eaux du Zwyn pour dissiper les craintes des pilotes étrangers 2. Vains efforts; l'heure fatale avait sonné! Vers 1312, les Écossais, qui commerçaient avec Kruges, rompirent leurs relations avec elle pour les établir en Zélande \ et leur départ marqua le terme de In prospérité et de la grandeur de la Flandre.
Le découragement alors s'empara des esprits ; et les Flamands, surpassés bientôt par les Hollandais dans la construction des grands navires 4, perdirent leur réputation de navigateurs en même temps que leur supériorité commerciale. Il ne leur resta plus que l'industrie linière, qui continua longtemps a enrichir leurs campagnes, alors que les villes expiaient /cur égoïsme par la perte de l'industrie des étoffes de laine, dont elles s'étaient arbitrairement réservé la fabrication.
Bruges pourtant ne fut pas dépossédée de sitôt du comptoir hansefltique; elle défendit avec acharnement ce dernier débris de sa splendeur. En 1517, à la suite d'une rixe, dans
• M. A l t v f ver. Hes causes rte la décadence du comptoir kanséatique de ftrnges. Trésor national, IV.
• M. Kervvn mi Uttemiove, I. c, VI, 80-8i. » Le Petit, Ml. 7.
» Instruction donnée k Anel deCoestre. M. Altmiyh, Histoire det relations commerciales. 215.
laquelle des hanséates avaient clé maltraités, il fut question une première fois de le transférer «à Anvers, où beaucoup de marchands de la Hanse s'étaient retirés. La dicte hanséatique hésitait a prendre une résolution qui devait lui aliéner les Flamands, alors qu'il lui importait de s'appuyer sur eux pour conserver son monopole battu en brèche par les Hollandais. Ces hésitations rendirent l'espoir aux Brugeois : en 1530, ils députèrent a Lu! teck deux de leurs magistrats chargés d'offrir à la dicte toutes les satisfactions possibles, et de la prier d'enjoindre aux hanséales de revenir dans leur ville ; ils promirent, entre autres, l'abolition de tous les tonlieux pesant sur les bières et les vins importés en Flandre. Mais on leur objecta que les marchands voulaient être à Anvers, et que le comptoir s'y transporterait de lui-même si on ne l'y transportait pas. Cependant il fut encore maintenu a Bruges, ii la condition d'y faire respecter tous les anciens privilèges de la Hanse. Cette décision était trop opposée a la force des choses pour être maintenue, et la question de la translation du comptoir se représenta dans les diètes de Lunebourg (1535) et de Lubeck (1540). Enfin l'évidence des faits l'emporta; la Hanse résolut de transférer son comptoir a Anvers, si on lui assurait dans le Brabant les privilèges dont elle jouissait en Flandre '. Une députation fut envoyée a l'empereur, pour obtenir des garanties à ce sujet , et les négociations se terminèrent par une convention du 9 février 1545 : les hanséates et la ville d'Anvers se promirent réciproquement liberté du commerce; protection légale, liberté d'association et de juridiction, sauf le droit de vie et de mort réservé aux souverains
' M. Ai.tmkver hes causes de la décadence du comptoir hansealique de tirages
légitimes des parties contractantes ; affranchissement de presque toute espèce d'accises ; garantie effective de tous les privilèges de la Hanse dans le Brabant La ruine de Bruges se trouva ainsi consommée, et la Venise du Nord 2 subit le sort de la ville de saint Marc.
D'après Guicciardin, les Pays-Bas, « au mesme estât, degré et forme qu'ils se trouvoient jusqu'en l'année MDLX , » recevaient : d'Ancône, camelots à ondes et sans ondes, épiceries, drogueries, soieries, coton, feutres, tapis, maroquins, couleurs et autres productions du Levant; — de Boulogne, draps de soie, d'or et d'argent, bonnets, crêpes; — de Venise, clous de girofle, cannelle, noix muscades, gingembre, rhuluirbe, aloès, casse, agaric minéral, sang-de-dragon , momie, feuilles de séné, coloquinte, scammonée, tutie, milhridate, Ihériaque , draps de soie, riches soieries cuites et crues, camelots à gros grains et sans ondes, tapis, samis, écartâtes, ébène, merceries de toute espèce, azur et autres couleurs;
de Naples, draps de soie, soies lilées et a hier, pelleteries, safran d'Aquila, manne; — de Sicile, noix de galle, oranges, eoton, soieries, vins; — du Milanais, beaucoup d'or et d'argent //Jé, fustaines, basins, écartâtes, estamets, H nés étoffes de laine, riz, armures lines et damasquinées, merceries lines, fromage de Parmesan; — de Florence, draps d'or et d'argent
■ M. Altmeyer. Histoire du comptoir haïueattqHt d'Anvers • - Bruges, dit Gaspard Contarmi, est d'une médiocre étendue, mais elle est {•elle, populeuse et sillonnée de nombreux canaux mêles d'eau salée, communiquant avec un can.il qui va à la mer, où est le port de l'Écluse, tellement qu'elle offre en certains endroits de la ressemblance avec Venise Elle était jutrefois le siège d'un commerce considérable; mais maintenant, a cause du mauvais état ou se trouve le port de l'Écluse, ce commerce a entièrement passé .i Anvers, quoiqu'il y ait encore a Bruges lieaucoup d'Espagnols qui v trafiquent »
frisas et non frisés , brocarts et antres draps de soie magnifiques, or et arpent (ilé, draps dits Russia ( renommés pour leur longue durée ), capitons, filoselles, peaux fines, martres, lins ouvrages de fantaisie, — de Gènes, velours; satin et autres étoffes de soie, corail, mithridate de première qualité, thériaque; — de Mantoue, draps de soie, soieries, bonnets, diverses denrées; — de Lucques, draps d'or et d'argent, draps de soie (de qualité inférieure à ceux des autres villes); — du reste de l'Italie, aluns de Civita-Vecchia (dont la fabrication des draps exigeait une grande consommation), huiles, noix de galle, gommes, cotons, séné, soufre, orpiment et autres drogueries; — de l'Allemagne, argent en barre et en lingots, mercure, cuivre cru et affiné (en grande quantité), laines lines de Hesse, verreries, fustaines, pastel, garance, safran, matières propres a la teinture, nilre, merceries, meubles de ménage cl de luxe, métaux de toute espècv. urines oiï'ensives et défensives, vins (en grande quantité); du Danemark, de l'Oosterland, de la Livonie, de la Norwége, de la Suède, de la Pologne et des autres contrées du Nord, grains (en immense quantité), cuivre, airain, salpêtre, vitriol, garance, laines d'Autriche, lins, miel, poix, cire, soufre, cendrées, peaux fines, pelleteries, bois de construction, bières, eervoises, viandes salées, poissons salés et sèches, ambre jaune, etc., etc., — de la France, sel de Brouage, pastel de Toulouse, canevas et autres grosses toiles de Normandie et de Bretagne, vins blancs et clairets, huiles, safran, garance de Provence, poix, papier l\ écrire (en graude quantité), verroteries, pruneaux (dont elle faisait un trafic important), brésil (que les Français allaient chercher en Amérique), belles dorures, draps lins de Paris et de Rouen , era-
moisis de Tours, bouras de Champagne, fils de Lyon, chanvre.
vert de gris de Montpellier, mercerieSj etc.; — d'Angleterre, grande quantité de draps lins et gros, de laines fines, franges, safran, étain, plomb, peaux de moulons et de lapins, pelleteries, cuirs, bières, fromages, denrées de diverses espèces, vins de Malvoisie et de Candie; — d'Ecosse, peaux de moutons et de lapins, fines pelleteries (entre autres les plus belles martres), cuirs, laines, quelques draps grossièrement fabriqués, belles et grosses perles; — d'Irlande, grande quantité de cuirs crus et secs, pelleteries; — d'Espagne, de forts envois de pierreries, de perles des Indes et de l'Amérique, d'or et d'argent pur, massif et en lingots, de cochenille, de salsepareille, de gaïac, de safran, de drogueries, d ecarlate, de soies crues et non filées, draps de soie, velours de Tolède, taffetas, sel, alun de Mazzeron, orseille des Canaries, laines, fers de Cordoue, vins, huiles douces, huiles grasses (employées par les drapiers), vinaigres, miel, mélasse, gommes d'Arabie, savons, fruits frais et secs (oranges, limons, citrons, grenades, olives, melons, câpres, dattes, figues, raisins, amandes), vins, sucre des Canaries; — de Portugal, pierreries et perles orientales, or pur, massif et battu, épiceries, drogueries, musc, civette, ivoire, rhubarbe, aloès, racines de Chine et autres denrées précieuses dont l'Europe se fournissait à Anvers, sucre, bois de Brésil, productions diverses de la Guinée, vins de Madère, sel. vin, huile, pastel, graines, orseille, fruits frais, secs, confits et en conserve 1 ; — de la Barbarie, sucre, azur, gommes, coloquinte, cuirs, pelleteries, plumes d'autruche et autres.
• Voir aussi de Reiffesberg, Relations avec le Portugal, t. c. — En 1550, on importa du Portugal à Anvers pour 300,000 ducats de pierres précieuses, d'épiceries et de sucre. Le même, Addition au mémoire sur les anciennes relations de la Belgique et du Portugal. Bulletins de l'Académie, XIV.
Cet auteur estime les importations annuelles de L'Italie à 3,000,000 d'écus d'or. L'Allemagne envoyait dans les Pays- Bas pour plus de 600,000 écus de fustaines, et pour 1,500,000 écus d'or de vins1. Le Nord y importait annuellement 60,000 lnsts de grains, principalement de seigle, représentant 1,680,000 écus d'or; — la France, environ 40,000 tonneaux de vin qui, à 25 écus le tonneau, représentaient 1,000,000 d'écus; 40,000 balles de pastel à 7 \ écus la halle (300,000 écus); 6,000 cents de sel de Brouage, chaque cent contenant 100 tonneaux de 223 à 230 livres, et coûtant 30 écus (180,000 écus); — l'Espagne, 25,000 sacs de laine2, à 25 écus le sac (625,000 écus) ; — le Portugal pour plus d'un million d'écus d'épiceries; — - l'Angleterre pour plus de 250,000 écus de laines et pour plus de 5,000,000 d'écus de draps. Les Anglais prenant en échange des marchandises des Pays-Bas, on évaluait à plus de 12,000,000 d'écus le commerce qu'ils faisaient avec ces provinces.
Quant aux exportations, la Belgique envoyait : à Rome, des draps, des tapisseries, des sayes, des ostades, des demiostades, des toiles ; — à Ancône, des draps du pays et des draps anglais, des sayes, des ostades, quelques tapisseries teintes avec de la cochenille d'Espagne; — a Boulogne, des sayes, des demi-ostades, des tapisseries, des toiles, des draps, des merceries; — a Venise, des joyaux et des perles, des draps (principalement des draps du pays), des laines, des sayes de Hondschoote, de Lille, Arras, Valenciennes et Mous; des ostades, des demi-ostades, des toiles, des tapisseries cramoisies, des merceries, du sucre, du poivre, des ustensiles
' 40,000 tonneaux à 6 aimes d'Amers, le tonneau valanl 36 écus. Ce nombre s'élevait a 40.000 avant l'établissement des fabriques de drap en Espagne.
COMMERCE - INDUSTRIE - AGRICULTURE. ùl\)
de ménage ; — à Naples, des draps du pays et des draps anglais, une grande quantité de toiles, des sayes, des ostades, des demi-ostades, des tapisseries, des merceries, des métaux; — à la Sicile, des draps, des toiles, des tapisseries, des merceries, des métaux; — au Milanais, du poivre, du sucre, des joyaux, du musc et des parfums, des draps du pays et des draps anglais, des sayes, des demiostades, des toiles, des tapisseries, des laines d'Espagne et d'Angleterre; — à Florence, des sayes, des demi-oslades, des toiles, des lins* des frises, des laines d'Angleterre, des éventoirs; — à Gênes, a Mantoue, à Lucques, a Vérone, à Brescia, à Vicence, à Modéne, des draps du pays et des draps anglais, des serges, des demi-oslades, des tapisseries, des merceries, des ustensiles de ménage, des meubles; — au reste de l'Italie, de lélain, du plomb, de la garance, du brésil, de la cire, des cuirs, des lins, du suif, des poissons salés, des bois ouvrables; quelquefois du froment, du seigle, des fèves et d'autres légumes ; — à l'Allemagne, des pierreries, des perles, des épiceries, des drogueries, du safran, du sucre, des draps du pays et des draps anglais, des sayes, des ostades, des demi-ostades, des tapisseries, des toiles, des merceries; — au Danemark et aux autres contrées du nord, des épiceries, des drogueries, du safran, du sucre, du ^el ', des draps du pays et des draps anglais, des sayes, des ostades, des demiostades, des fustaines, des toiles, des pierreries, des draps
» Il parait, d'après un compte de 1501. qu'on avait trouvé près d'Echternach une fontaine a sel. « Audit Nattelet, pour avoir esté devers messieurs les chancelier et ledit trésorier porter lettres touchant la fontaine au sel qu'on a trouvée près dudit Echternach, ij florins xij gros. » Compte de Valérien de Rusleyden, précité In' 2ti34). f° x. — Le maître des sauneries de l'archiduc en Bourgogne reçut l'ordre de visiter cette fontaine, qu'il fit nettoyer, parce qu'elle était remplie de pierres, et dégager des buissons et des ronces qui l'entouraient. Ibid.
de soie et d'or, des eamelots, quelques tapisseries, des vins (principalement des vins d'Espagne), de l'alun, du brésil, des merceries, beaucoup de meubles et de grosseries 1 ; — il la France, des pierres précieuses, des perles, de l'argent mnssif et en lingots , du mercure , du cuivre , du bronze , du laiton ouvré et non ouvré, du plomb, de 1 etain , du vermillon, des couleurs, du soufre, du salpêtre, du vitriol, des camelots, des graines, des draps d'Angleterre, des frises, des sayes, beaucoup de draps du pays frisés et à friser, des toiles fines, des ostades, des demi-ostadcs , des tapis enes, des laines d'Autriche, des cuirs, de la eire, des pelleteries, de la garance, du houblon, du suif, des viandes séchées, du poisson salé; — à l'Angleterre, des joyaux, des pierreries, de l'argent en barre, du mercure, des draps d'or, d'argent et de soie, de l'or et de l'argent filé, des graines, des épiceries, des drogueries, des sucres, du coton, du cumin, des noix de galle, des toiles , des sayes, des demi-ostades , des tapisseries , de la garance , du houblon (en immense quantité) , des verres , du poisson salé, des merceries, des métaux, des armes, des munitions de guerre, des meubles, des ustensiles de ménage;
a l'Ecosse et à l'Irlande, quelques épiceries, du sucre, de la garance, des draps de soie, des camelots, des sayes, des toiles, des merceries; — a l'Espagne, du mercure 2, du cuivre, du bronze, du laiton, de l'étain, du plomb, des draps du pays (principalement de la Flandre) et quelques draps d'Angleterre,
' Les l\i>s-B;t< faisaient mi commerce considérable avec la Li\onie: les draps de Flandre y arri\aienl en masse ]mur être expédies en Russie, In grand nombre de Belges el de Hollandais étaient établis a Revel. à Ripa, a Oorpat. a \\ olmar. Ils y faisaient des fortunes colossales et rapides M . Altmeyeh, Histoire des relation* commerciales. 371 .
3 Ce pays en fournissait d abord a la Belgique. mai> il avait épuise ses mines en les exploitant trop.
COMMERCE - INDUSTRIE. - AGKICI ETLRÉ. Î8I
des sayes, des ostades, des demi-ostades, des tapisseries, des toiles, des camelots, des lins, des (ils, de la cire, de la poix, de la garance, du suif, du soufre , des blés, des viandes et des poissons salés, du beurre, du fromage, des merceries de métal, de soie, de Moselle, etc. (pour des sommes immenses), de l'argent, de l'argenterie, des armes offensives et défensives, des munitions de guerre, des meubles, des ustensiles de ménage ', — au Portugal, de l'argent massif, du mercure, du vermillon, du cuivre, du bronze, du laiton, du plomb, de l'étain, des armes, de l'artillerie, des munitions de guerre, de l'or et de l'argent filé, eu général tous les autres produits que recevait l'Espagne; — a la Barbarie, des draps, des toiles, des sayes, des merceries de toute espèce (en immense quantité) 2.
Les édits de 1549 et 1551 relatifs a la marine, mentionnent la France , l'Espagne, le Portugal, les Canaries, lesiles de Madère, de Saint-Thomas, de Chypre, de Candie , l'Italie, Raguse, l'Irlande, l'Angleterre, la Norwège, le Danemark, la Suède, comme lieux d'importation ou d'exportation : pour les laines, l'acier, le cuivre, l'étain et autres métaux, le pastel, la garance, les soieries, les canevas, les draps, les toiles , les tapisseries , la cire , les merceries , les épiceries , les vins, les bières, les sucres, les sirops, les huiles, les charbons, le goudron, la poix, le lin, le houblon , les perches, les bois de charronnage et de construction, les sapins, les meules de pierre , le sel *.
' « L'Espagnol, ajoute Guiniardin, ennemi du travail et de l'industrie, au moins dans son pays, prend tout des Pays-Bas. »
■ Voir aussi J. de Damhoiderb, In laudem htspaniae nationis , quœ in Flandria nottra jam olim fixa *ede celeberrimam negotiationem exerce!, declamalio panegyrica. Gand. 15M
' Plac. de Flandre, I, 360-374, 375-385.
2Hi RÉGNE DE CHARLES-QUINT EN BELGIQUE.
« Après avoir enrichi les villes, où on les fabriquait, dit l'ambassadeur vénitien Cavalli en parlant des draps, des tapisseries, des toiles, des camelots et des autres produits de l'industrie de la Belgique, toutes ces marchandises sont menées à Anvers, comme au centre du commerce. Il y a partout une circulation d'argent et un débit de toutes choses, tellement abondants, qu'il n'est pas d'individu, si bas placé et si indolent qu'il soit, qu'il ne faille considérer comme riche dans sa position relative. Anvers reçoit d'Espagne des raisins, des oranges, des olives, des vins, des teintures, des sucres et des joyaux pour 500,000 ducats; d'Angleterre, de l'étain, des laines et des draps pour 300,000 ducats et plus; d'Allemagne et de France, des vins et des métaux, pour au delà de 800,000 ducats; de l'Oostlandt, des bois, du lin et des grains pour 250,000 ducats; d'Italie, des velours, des draps de soie, de l'or, des camelots et quelques espèces de futaines et de soie, pour une somme énorme, qui excède un million d'or. Il s'exporte de la même ville pour plus de 500,000 ducats de tapisseries de laine, où la main-d'œuvre entre pour les deux tiers de la valeur. L'Allemagne et la France en tirent pour 150,000 ducats par an de fromage et de poisson salé; la France encore et d'autres pays pour 50,000 ducats de chevaux, pour 400,000 ducats de tissus de laine, pour 200,000 ducats de laines. A l'Allemagne elle fournit pour 100,000 ducats, et à l'Oostlandt pour 500,000 ducats d'épices, de fruits secs, viandes salées et autres marchandises; à l'Angleterre pour 500,000 ducats de draps de soie, épiées, etc. Tout ce trafic vaut au pays, outre le gain des artisans, plus d'un million de ducats de bénéfice » Un état du produit
1 Relation do 1551. I. < 103-104.
annuel des manufactures, dressé, quelques années plus tard, par ordre du duc d'Àlbe, porte a plus de 40,000,000 de florins d'or les objets fabriqués dans les provinces belges. On évaluait les exportations de la draperie , sans y comprendre les draps de qualité inférieure, a 8,000,000 de florins '.
Enfin, les comptes de recette du droit d'un centième établi en 1543 sur toutes les marchandises exportées, fournissenl de précieux renseignements sur le mouvement du commerce et de l'industrie. Les recettes produisirent, du 10 février 1543 au 10 février 1544, 60,9G3 livres gros de Flandre 1 sou 3 deniers, soit 365,778 livres de 40 gros ou florins carolus 7 sous 6 deniers, représentant la centième partie des marchandises exportées ; elles s'étaient donc élevées à 36,577,837 florins carolus 10 sous, soit 771,792,360 francs de notre monnaie 2.
Ces marchandises consistent en draps de diverses qualités 3 draps de Malines, de Lierre, de Duffel, de Louvain, de Bruxelles, de Flandre, d'Ypres, d'Armentières, draps de villages, petits draps, gros draps d'Angleterre (en immense quantité); ostades \ ostades frangées et non frangées, demi-ostades 5;
■ M. Moke, Hhtoire de la Uelgique, 361.
• 36, 577. 837 X 22 X $ — Comptes précités, n" 23337 et 23358.
• Les notes suivantes permettront de se former une idée du prix des marchandises. — « Payé sur le francq marcbié de Gand, à ung marchant de Lylle, pour trente cincq aulnes de drap grys, pour accoustrer les serpeans dudit Vieshourg, à xxxij sols l'aulne. » Compte de la veuve de Daniel de Stoppelaere. •failli du Vieux-Bourg, de 4539-4530, f° xvij »° (n° 14165], aux Archives du royaume. — « Audit bailly, pour xxiiij aulnes de drap noir, dont sont este/ «iccouslrez lesdits sergens, à chascun iiij aulnes, à xl sols l'aulne. • Compte de Georges Rockolflng, de 1541-1542 [D- 44467), f xxij ««.
• Les ostades de Va lenciennes étaient, paraît-il, fort recherchées a l'étranger. • Cent ostades de Valenciennes, à xv sous de gros (de Flandre) la pièche. ■ Compte du 100* deuier (n° 23358), f*' vij %«\ — Cet article est fréquemment répète.
' L'aune de d«'mi-ostade valait 4 sol de gros de Flandre ou 6 sons de
2Si
fustaines 1 , camelots *, frises3, sayes 4, say elles, serves; canevas de Brabant; soieries, draps de soie, salins, salins de l.rnges 5, de Valenciennes 6, du Quesnoy 7 ; velours 8; rubans, rubans de ceinture; toiles de Flandre', de Brabant ,0, de Hainaut 11 , de Hollande 12 (en très-grande quantité); nappes,
Brabant. » Six aulnes de demy oslade, valissans ensemble la somme de vj sols de gros. » Compte du 100' denier (n* 23357), f° iiij * Ixv
' L'aune de fustaine valait environ I florin de Brabant. « vij aulnes de fustaine, valissans ensemble xxiiij sols de gros. » Ibid. (nn 23358;. f» ix c xxij.
» « Six aulnes de camelot, à viij gros l'aulne. » Ibid. (n° 23337), f» iiij « lxv
1 » viij aulnes de frizes, xxiiij sols gros. » Ibid. (n» 23358}, f» il < xw .
» « Cent et vij sayes d'Arras à xxiiij sous gros la pièrhe. • Ibid., f° vij t». — Cet article est fréquemment répété.
s € Vingt pieches satins de Bruges tenans iiij r iiij m \j aulnes, \alissans ensemble xxxvij livres viij sols gros. » Ibib. [n° 23357), f° iiij ' lxiij. — « Lue pieche de satin de Bruges, tenant xxj aulnes, valissant xxviij sols ij d. gros, h Ibid., f° iiij e lix »°. — « Une piéche de satin de Bruges, contenant xx aulnes iij quarts, valissant xxvij sols viij d. gr. • Ibid., f° iiij ' Ix. — « xij pieches de salin de Bruges, tenant ij « xxj aulnes, à xv gros l'aulne. » Ibid. (n- 23358 , fo v e Vj *».
■ - cxvj pieches de satin de Valenciennes, à ix sols vj d. gros la pioche. » Ibid. , f" vij.
? « cxx pieches satin du 'Juesnoy, à ix sols gros la pièche. » Ibid., f" vij
• « Deux aulnes et demy de velours gris de la valeur de xvij sols vj d. gros »
Ibid , f° xvij »•. — « Une aulne de velours de la valeur de iij livres de gros. »
Ibid., f° ix c xxij. — « iiij aulnes de velours, xij livres de gros. • Ibid., f» ix '
liiij.
> « xlij pieches de toilles de Flandre, tenans xvj « iiij ** aulnes, à v gros l'aulne. — Iiij pieches de toilles, tenans ij ■ c\ij aulnes, a v gros l'aulne. — xlviij pieches de toilles, tenans xix ret xviij aulnes, xliiij livres gros. — Eucoire xl\iij pieches de toilles, tenans xix ■ xviij aulnes, a v gros iij quartz l'aulne. » Ibid. (n° 23357 -, f iiij « Ixxvij. - «iij • aulnes de toille de Flandre, a v gros l'aulne. » Ibid , f» v M.
'« h x aulnes de toille de Brabant, xxx sols gr. » Ibid. [n» 23358), f-ix< xxhj.
— « iiij *« aulnes de toille de Brabant, xij livres de gros. » Ibid., (° ix « xxiiij f.
— « xxx aulnes de toille de Brabant. iij livres gros. » Ibid , f° ix e xxvij *•.
" « xvij aulnes de toille de Hainaut, xxxiiij sols gros. »lbid.. f° ix • xlij — « Ont aulnes de toilles de Hainaut. » Ibid , f° ix • xliij.
" « Deux pieches toilles de Hollande, tenans ciij aulnes, à viij gros l'aul-
serviettes ; dentelles 1 ; tapisseries (en très-grande quantité) 2 ; lin 3, fils de lin et de coton; bonneterie (grande quantité)4, chausseterie * , couvertures de lit; mercerie (en très-grande quantité); chapelets; aiguillettes; jeux de cartes 8; miroirs; épingles; masques 7; papiers de toute espèce; plumes a écrire, etc.; armes : cottes de maille, arbalètes, dagues, lances, hacquebutes, fers de pique, fers de trait d'arbalète, canons, boulets; sellerie : selles de chevaux, brides, harnais, etc. ; habillements de toute espèce , chapeaux de feutre 8,
no. — nuatre pièches toilles de Hollande, tenant ij • xij aulnes, à ix gros l'aulne.
— Quatre pièches toilles de Hollande, tenans ij « iiij aulnes, à xj gros l'aulne.
— Trois pièches toilles de Hollande, tenans cent Ivîij aulnes, valissans ensemble ix livres vij sols vij d. gros — Et deux pièches de toilles de Hollande, tenans cent j aulnes, à xvij gros l'aulne. » Compte précité (n° 23357), fe iiij • Ixiij
« •> Trente pièces de dentelles, à vj gros la pièche. » Ibid., f° iiij • hciij.
1 » cliiij aulnes de tapisserie grosse, valissant viij livres de gros. » Ibid. (n° 23358), f* clv. — « xviij aulnes de tapisserie, à vj d. de gros l'aulne. » Ibid., f° ij * xviij. — « vj aullres*de tapisseries a faire coussins, à viij sols l'aulne. » Ibid. (n° 23357), f° vj * lx »°. — « xxij pièches de tapisserie commune, conlenans ij « iiij aulnes, à viij gros l'aulne. • Ibid., f° iiij € Ixj. « iij « lxxj aulnes de tapisserie, à viij gros l'aulne. » Ibid., f° iiij • Iviij.
1 « iiij tonneaulx de lin, pesant mille livres, xj livres xiij sols iiij d. pros. Ibid. ,n° 23358), f xx*«.
* . l douzaines de bonnetz de Manloue, valissans Ix livres de gros. — xxvj douzaines de bonnetz de Milan, à xxv s. viij d. la douzaine. » Ibid. (n° 23357,. f» clxxviij »«>. — « xxxix douzaines de bonnetz de nuit, valissant xxxij livres xvj sols iiij d. de gros. » Ibid. (n° 23358), f° ciiij " v.
4 « Deux douzaines de chaussettes de femme, valissant xxiij sols iij d. gros. » Ibid. (n» 23357), f» il.
6 •< Une petite mande contenant jeulx de cartes, valissant j livres viij sols de uros. - Ibid. (n» 23358), f» lix *°.
7 Deux coffres de faulx visaiges, valissans ensemble xij livres de gros. » Ibid., f iiij ' Ixxiij
• ■ Une douzaine de chapeaulx de feutre de la valeur de xxx sols gros. » Ibid. n- 23357) f vj • xlvij - - xij chappeaulx de feutre, valissans la somme de xxiiij sols gros. » Ibid. (n° 23358), f" ix e xv. — « vj chappeaulx de feutre, valissant ensemble xv sols gros. — Deux douzaines de chappeaulx de feutre, iij liv res de gros. » Ibid., f« ix « xix »°
de soie \ de paille 2 , gants \ souliers 4; pelleteries; cuirs de Mnlines et autres (en grande quantité) 5; peaux tannées et autres 6; savons (en grande quantité); huiles (en grande quantité); chandelles; cire (en très-grande quantité); charl>ons (en grande quantité); sel; sirops; fromages de Flandre, de Hollande et autres (en très-grande quantité); beurre; fruits; poissons secs, salés et autres (en très-grande quantité); viandes sèches et salées; vins, bières, cidre, verjus; houblon (en grande quantité) 7; meubles; œuvres d'art : tableaux (en grande quantité), sculptures, vitraux peints, imageries 8; instruments de musique : espinettes 9, tambou-
» « iiij e chappeaulx de soye, valissans la somme de xx sols de gros. » Compte du 100' denier (n° 23357), f" v « Ixij.
* « Ix douzaines cbappeaulx de paille, à j sols xd. gros chacune douzaine. » Ibid. f° v e iiij ii j v*. « xxv douzaines de chappeaulx de paille, à ij sols vj d. gros chacune douzaine. » Ibid., f° v « iiij i» v.
1 « Quatre paires de souliers , valissans ensemble iiij sols gros. » Ibid. f" iiij ' lv.
1 Quatre douzaines de ganls, a j sol ij deniers gros la douzaine. » Ibid. 23358), f«xvij t»,
i « Ung fardeau de cuirs de bœuf lannez. pesans x « vj livres, valissans ensemble xxiiij livres xij sols iiij deniers. » Ibid. (n- 23357), f» iiij « Ixix.
■ « cl peaulx de vache, à iij sols vj deniers gros la pièche. » Ibid. fn» 2335k), f Ivj.
7 « Pour avoir chargé vers Londres deux baies de houblon, pesans ensemble xj f livres, va lissant vjj livres x sols de gros. •» Ibid. (n° 23357), f» dix ** . — « A cause d'avoir chargé vers Londres iiij m viijp livres de houblon, va lissant en tout xxviij livres de gros. » Ibid., f° clxx. — « Huit halles de houblon, pesant ensemble xlj « xij livres, de la valeur de xx livres de gros » Ibid. (n0 23358), f° iiij • vij. — « Quatorze balles de houblon, pesant ensemble liiij cent livres, valissant ensemble xxx livresde gros. » Ibid., f» iiij r xlij.
' « Deux douzaines petites imaiges, ij livres de gros. » (N9 23358). f» iiij ' iiij » xix.
« « Uneespinelle de la valeur de vingt solz de gros. » Ibid.. f» iij « iiij « viij. « Une espinette, valissant iij livres vj sols viij deniers gros. » Ibid., f°cl. — .< Pour avoir chargé vers Leipsick trois espinettes, valissant ensemble v livres de gros. ■ Ibid., f" rlxxix.
rins, flûtes, etc.; outils de drapier et autres; pierreries, bijouterie; livres (en grande quantité); métaux ouvrés et bruts : fer ', acier, plomb 2, étain, cuivre, fer-blanc, laiton, vif-argent 3 ; cbaudronnerie (en très-grande quantité); coutellerie; bois de construction; briques 4, chaux, pierres, ardoises 5; cordes; goudron8; verres et verres à vitre; poteries, figurines de terre cuite 7; teintures et couleurs : azur", vermillon9, pastel, garance (en très-grande quantité)10; drogueries, alun (en grande quantité)11, potasse, arsenic ,2,
• « Quarante milliers de fer, valissans ensemble ex livres de gros. <» Compte du 100* denier (n- 23357), f- ij « iiij » vij
' « xxiiij « livres de ploml), valissant ensemble viij livres vj sols iij deniers gros; — encore six milliers de fer, valissant ensemble xvj livres xiij sols iiij deniers gros. » Ibid., f° ij « iiij " j — « Deux blocques de plomb, pesant xv « livres, au pris de vj deniers gros la livre. » Ibid. (nu 23358), f° viij « iiij »« xiiij.
' « Deux boulles d'argent vif, pesa use iiij »* xvij livres, à xij gros la livre. » Ibid. (il* 23357), f° v r iiij «* iij »». — « Ung tonnelet d'argent vif, pesant iiij ** xix livres, à xij deniers la livre. * Ibid., f» iiij e lj.
* • Fut lors (1538) marchandé et livré le millier de briques, par Guillaume le Cambier, au prix de trente sous. » Vixchant, V, 24.
* « Pour cxxxiij 4/2 milliers d'ardoises, valissant ij e xx livres v sols gros. ■ Compte du 400' denier (n° 23357), f vj ' Ixviij - « Quatre vingtz milliers d ardoises, a xxxiij sols gros le millier » Ibid., f° \ j ■ Ixxvj
• • Dix tonneaux de goudron, valissant ij livres vj sols viij deniers de gros. » Ibid., f° ci iij *".
i « Ung tonneau de personnaiges de terre. » Ibid. f n° 23358). f° ij r x.
* « Deux livres azur, de la valeur de ij sols gr. ». Ibid. fn* 23357;. f° iiij 1 liiij »".
' • xxxiij livres de vermiglon. à xiij sols gros la livre. » Ibid , f° iiij • Ixv. — <• viij livres de vermiglon, a xiiij gros la livre • Ibid., f»iiije lxxvj*°
• - Une baie de garanche, pesant viij « livres, valissant vij livres ix sols iiij deniers gros. » Ibid., f- xiij. — « xij balles de garanche, pesans ensemble x « j « xx livres, valissans la somme de cij livres de gros. » Ibid . f- ij « xxxj »».
" - Trois cens livres d'alun, à xxsols le cent. » Ibid., f° iiij « liiij »•. " * Ung tonnelet d'assenieq, pesant iij < vxvj livres, valissant la somme de vj livres x sols gros. » Ibid., f» v « xij.
noix de galle, colles, mithridate 1 , ambre2; épiceries (en très-grande quantité); écorces; cendrées, etc.
Les principales branches de l'industrie de la Belgique consistaient dans la fabrication des draps, des tapisseries, des imitations de tapis de Turquie, des toiles, des fustaines, des armes de toute espèce, des cuirs, des tentures, des peintures, des couleurs, des dorures, de l'argenterie, des verrières a la vénitienne, des merceries de toute espèce, des passementeries d'or, d'argent, de soie, de fil, de laine, des métaux ouvrés, des draps de soie, velours, satin, damas, taffetas, etc. « Contre la nature de leur pays, dit Guicciardin, les Belges tissent la soie, mais en petite quantité. Ils affinent avec industrie et avec art les métaux, travaillent la cire, raffinent le sucre, et fabriquent sous le nom de cinabre le meilleur vermillon connu 3. » C'est en Belgique et surtout h Bruxelles que se fabriquaient les plus beaux camelots et bourracans de l'Europe \ En 1551, des marchands milanais introduisirent à Gand la fabrication des étoffes dites estant mettes 5. « Les Belges, selon un écrivain anglais, fournissaient d'étoffes de laine et de soie non-seulement la majeure partie de l'Europe, mais encore les pays nouvellement découverts en Amérique et en Asie 6. » On sait avec quel enthousiasme tous les écrivains étrangers par-
« « Douze livres de mrtridat, ij sols gros. » Compte précité, f° iiij e lv. « Ouatrc livres de mitridat, valissant x deniers gros. » Ibid , f° iiij « lix.
• « Quinze livres d'ambre, à viij sols gros la livre, formant ensemble la somme de vj livres de gros. ■ Ibid. (n° 23357;, f» iiij « Ixj
1 GlICCIAIlDIM, I. C.
* Histoire de Bruxelles. — Relation de Marin C a valu. I. c. — Le Mayeik. I. c, note 91 du chant II.
s Archives de la ville de Gand. M. Oacharu. fiotice sur ces Archive*.
,; Shaw. |. c., 57.
laient de leurs riches broderies, de leurs fabriques de velours, de salin et de damas.
Malgré de nombreuses mesures prohibitives \ l'industrie de la draperie marchait vers sa décadence. Apres s'être longtemps bornés au « rôle de bergers de la Flandre et du Brabant 2, » les Anglais sciaient mis a travailler eux-mêmes leurs laines, et, depuis le xve siècle, ils rivalisaient avec la Belgique dans la fabrication des qualités inférieures de draps. Bientôt môme, comme ce genre de productions offrait peu de bénéfices, les drapiers belges y renoncèrent; ils se réservèrent seulement les élolïes fines et de couleurs éclatantes. Au x\T siècle, les marchands des Pavs-Bas allaient acheter a Londres tous les gros tissus pour les revendre aux autres peuples 3, et même à leur propre pays *. D'imprudentes mesures, telle que l'ordonnance du 28 mars 1528, qui frappa d'un fort droit d'entrée les laines anglaises 5, avaient favorisé cette concurrence, et elle étail devenue si redoutable, qu'en 1331, les états
* Eu 1494. Philippe le Beau avait défendu l'importation des étoffes étrangères, et pour favoriser la draperie flamande, le 10 octobre H97, il avait prohibe 1 usage des habits de damas, de satin ou de velours [11. Keiivyn de Lettenhovb, 1. C., VI, 85). La même année, a la demande des magistrats et des . nefs de la gilde de la draperie bruxelloise, ce prince publia un règlement hérissé de dispositions les plus restrictives; mais elles restèrent sans effet. Il en fut de même de son ordonnance du 8 avril 1 502, réglant la vente en détail du -Jrap. et de l edit du 4 mai t503. provoqué par une démarche des appréteurs. teinturiers, foulons et tisserands, qui étaient venus en corps lui exposer leurs Kriefs ' Histoire de Bruxelles }. Les états aussi s occupèrent fréquemment de mesures tendantes a soutenir celte importante industrie, et. dans une assemblée tenue a Malines. le 24 juin J506, ils adoptèrent diverses résolutions, aussi ineffiVares que celles du gouvernement. Azeveoo.)
1 Shaw, |. c.
1 loir les comptes du 100* denier précités — M Moke. 1. c. 400.
* loir les comptes de Jean de Marnix. précités ' Plac. de Flandre. I. 503.
sollicitèrent la prohibition des draps étrangère; mais Charles- Quint ne voulut point envenimer davantage ses rapports avec l'Angleterre et resta sourd à leurs réclamations '. Toutefois, dans le but de lier la Belgique à l'Espagne par les intérêts de son industrie, il encouragea la nouvelle draperie, c'est-à-dire la draperie fabriquée avec les laines d'Espagne, que Philippe le Bon avait déjà cherché à développer2. Ces tentatives n'obtinrent guère de succès, et lorsque, en 1534, l'empereur, définitivement brouillé avec Henri VIII, voulut imposer les laines espagnoles a l'industrie, on lui objecta qu'on ne pouvait en importer en quantité suffisante ; qu'elles seraient dès lors d'un prix trop élevé ; qu'il était impossible de les friser; que les Espagnols eux-mêmes ne voulaient pas porter des draps fabriqués avec leurs laines, et qu'ils se refusaient a les recevoir en payement 3.
Avec la décadence de la draperie, commencèrent les fraudes qui déjouèrent la sévérité de la répression \ et détruisirent
' heg Acrt Van der Goes, adann. 4531-
■ M. Kkrvvn de I.ettenuove, I. c, 86. — Bruges possédait, à l'exclusion des autres villes des Pays-Bas, le privilège du commerce des laines d'Espagne. Anvers ayant demandé, dans le commencement du xvi« siècle, l'établissement d'un consulat espagnol, il s'ensuivit entre ces deux villes d'interminables disrussions, qui tournèrent au détriment de la dernière. Niemoe groene Uoeck bb. . cite par M. Gâchai id, Notice sur les Archives de Uruges.
' Heg. Aert Von der Goes, ad ann. 1534.
• ■ De Corneile Van Ghinterdaele, à cause que luy estant ung des gouverneurs de ladite drapperie, avoit transgressé les statuts et keures faitz sur le fait <le ladite drapperie en vuellant vendre ung drap qui s'appelle ung rouge fil iwur un drap qui se appelle ung noir fil, dont ceulx quy l'eussent acheté eussent esté trompez et abusez, et pour ce que ledit Corneille estoit aultrement renomé homme de bien, icelluy prins en grâce, a la requeste des gens de bien, .•t romposé, a\ant jugement, a la somme de lx livres par —De Jehan Cammaert. «Jrappier. a cause qu'il n'avoit point baillé «i ung drap de laine la largeur qu'il dcvoit avoir, icelluy pnus en grâce et composé à la somme de xxxvj livres. • Compte d'Étienne de Liedekerke. précité, de 1526 (n» 13568), f»iiij
l'ancienne réputation des draps de la Flandre et du BrabanL On essaya alors de quelques innovations. Le 10 août 1540, par exemple, les habitants de Bruges furent autorisés « a replanir, fouler, teindre, tondre et autrement apprêter les draps d'Angleterre 1 ; » mais ce palliatif fut inefficace. Les émigrations religieuses portèrent le dernier coup .à cette industrie : elle disparut des provinces où elle avait été si puissante, qu'on l'y avait toujours vue intimement liée à leurs destinées politiques 2.
La sayetterie occupait aussi un grand nombre d'ouvriers; mais elle reçut de graves atteintes des mesures prohibitives de la France qui, pour favoriser les fabriques établies :i Amiens, ferma ses frontières aux produits du Brabant, de In Flandre et de l'Artois \
Les tapisseries de haute lisse de l'Artois, de la Flandre, du Brabant, du Hainaut, déjà renommées au xm( siècle, conservaient leur grande réputation. Les manufactures de Louvain, de Bruxelles, d'Anvers, de Bruges, d'Audenaerde, d'Alost, d'Enghien, de Binche, d'Ath, de Lille, de Tournai, d'Ypres \
• Archives de la ville de Gaud. M. Gaciiard, Notice sur ces Archives.
• Suivant une relation écrite en 4551 , c'étaient Lille. Comrai nés, Courtrai et autres lieux environnants qui étaient alors les localités les plus renommées pour les draps Monuments de la diplomatie vénitienne, I. c, 64). Toutefois, les comptes de recette des droits d exportation (ii°* 23357 et suiv.) indiquent en plus grande quantité les draps de Malines, de Lierre, de Duffel, de Louvain, de Bruxelles, de Flandre, d'Ypres et d'Armentiéres.
1 Lettre des maieur et ôchevins d Arras a Marie de Hongrie, du 23 novembre 1537. M. Gachakd, Anal, htst., I. c, VII, 439.
• Ordonnance, statut et édit sur le fait et conduite du stil et mestiers des tapissiers. 46 mai 4544. Plac. de Flandre, I. 640-625. — Ces localités sont également citées dans un édit de Philippe II, ordonnant à tous ses sujets exerçant cette industrie et habitant une localité où il n'y avait pas de corporation d«tapissiers organisée, de se faire inscrire dans celle d'une de ces villes et d'en observer les statuts. Histoire de liruxelles, II. 584. - Suivant la relation de
de Saint-Trond « les magnifiques tapisseries avec ligures qu'on fabriquait en Brabant surtout a, » étaient particulièrement estimées. Marguerite d'Autriche favorisa beaucoup cette industrie. Sous son administration, on répara toutes les tapisseries qui ornaient le palais de Bruxelles : a la tapisserie de Gédéon 3; sept pièces de la destruction de Troyes; trois pièces du pape, à or; six pièces de l'histoire d'Annibal; cinq pièces de la bataille de Uoosbeck ; sept pièces de l'histoire du roy Clovis ; trois grandes pièces du roy Galaflré; deux pièces à or, des douze pairs de France; une pièce, a or, de la Nativité de Notre Seigneur; une pièce, a or, de sainte Anne; trois pièces de saint Jehan levangéliste; trois grandes pièces, à or, de l'histoire de Lievin Gaim; une pièce, a or, de la fontaine de Jouvence; trois pièces de plaisance faites de volerie et de chasse; une pièce, à or, de l'histoire d'Octavius; une pièce, h or, du trespas de Noire Dame; deux pièces, à or, de Godefroy de Bouillon; une autre pièce, à or, de Charlemagne; deux pièces des neuf preux; cinq grandes pièces de l'Apocalypse; deux pièces de Boucquillon ; trois pièces, à or, nommées les tapis d'honneur; deux pièces de chapelle, à or; deux pièces de bocquaige; un chiel de volerie; deux pièches, à m', des sept péclués mortels; une grande pièce de l'histoire de
I ambassadeur vénitien, Marin Ca>alli, errite en 1551. llruxelles, Audenaerde el Enghien étaient alors spécialement renommées pour leurs tapisseries.
« Trois fardeaux de tapisseries de Tourna y et d'Audenaerde. » Compte du 100* denier (n« 23357,, f° vj « v »°.
« clxx aulnes de tapisserie d Audenaerde et d'Ypres, grosse, valissant xij livres \v sols de gros. » Ibid., f° iiij • iiij " ij.
1 « xxinj piechesde tapisserie de Saint-Trond. tenaus iij * xx aulnes, à vj sols gros l'aulne. » Ibid., f° iiij f Ixv.
■ Relation de V. ^uirini, I. c, 64 .
' « Aux tapissiers qui refaisoient la tapisserie de Gedeon, mil livres. » — Ibid vj « livres. Comptes de J. Micault. de 1529 et t530 (n« 1887).
Consambrin ; deux vieilles pièces de bestes sauvaiges, etc. 1 » Cette princesse acheta, en outre, beaucoup de nouvelles tapisseries, et prouva plus d'une fois le vif intérêt qu'elle portait à cette branche d'industrie.
Les tapisseries étaient les présents les plus estimés, tant en Belgique qu'a l'étranger. Ainsi, celles qui furent oiïerles au pape par François Ier, sortaient des manufactures de la Flandre2. Ce prince en acheta d'autres pour lui-même3, et fit exécuter en Belgique les Batailles de Scipion d'après Jules Romain (22 pièces). Son successeur y commanda les Triomphes du vainqueur d'Annibal, par le même artiste *. On sait aussi que les belles tapisseries exposées à Rome, durant l'octave de la Fête-Dieu, sortirent des manufactures de Bruxelles5. Cependant, dès lors, cette brillante industrie penchait aussi vers son déclin.
' « A Pierquin Dervine, Pierre Van Hoppoven, Franchois Hoen et Jehan Van (1er Brugghe, tapissiers, la somme de quatre cent quarante quatre livres six sols neuf deniers dudit pris, que, par le commandement et ordonnance d'iceulx seigneurs et de madite dame, ledit receveur général leur a baillé et délivre eomptant pour semblable somme, a quoi a appointié aveceulx tant pour leurs paines et sallaircs d'avoir restouppé et remis a point plusieurs pièces de tapisseries et au lires parties estans en la chambre de la tapisserie de mondit seigneur, lesquelles estoient trouvées gastées et rompues, comme pour l or, soye, leyne. kanevats, reuban, et autres parties par eulx délivrées et déboursées a ladiUcause, dont la déclaration desdites pieceset parties s en suit, assavoir : sept pièce* de la destruction de Troyes » Compte de J. Micault, de 1510 [n* 1880).
■ M. Kervy.n de Lettemiove, I. c, 86.
1 « A Melchior Bailif, marchant de Bruxelles, pour son paiement de cinq pièces de tapisseries à or et soye. esquelles sont figurées rinq aages du monde. « ontenant ensemble quatre vingt huit aulnes (rois quarts, que le roy a luimême acheptées dudit Bailif et d'icelle fait pns et marché a xxv sol/ l'aune. 1775 livres. » Extraits des comptes de dépenses de François |«\ Archives curieuses de la France, I" série. III, 96.
» M. Ahtiiik Dînai x, Tapisseries de Flandre. Arch. hist. et litt. du nord de Va France, IV.
J Vasari, I. c. — Voir au sujet de ces tapisseries . les Artistes étrangers en Belgique, par M. I'im hart. Bévue universelle des arts, VII, 387.
291 REGNE DE CHAKLES-QUNT EN BELGIQUE.
Considérant que « depuis certaines années, les tapissiers el marchands de tapisseries, cherchant plus leur singulier profit et commodité que la perfection de l'ouvrage, s'éloient avancés, sous ombre de lui donner lustre, d'y colorer et peindre choses non faites ou duement ouvrées au fonds de ladite tapisserie, » et comme « icelle œuvre de tapisserie éloit une des plus renommées et principales industries des Pays-Bas , en laquelle, non plus qu'en aucune autre, il falloit user de fraude ou déception, » Charles-Quint, par un édit du 16 mai 1544' , rappela les dispositions interdisant la fabrication des tapisseries, ii tous maîtres ouvriers ou autres qui ne seraient point établis dans une des villes privilégiées ft cet effet , n'y seraient pas légalement inscrits, ou n'y auraient pas la qualité de bourgeois, par naissance ou par achat. Il imposa aux ouvriers se présentant pour entrer dans le métier, un apprentissage de trois ans; aux apprentis, un terme d'essai de six semaines. Ce règlement détermina la conduite des maîtres envers leurs ouvriers et leurs apprentis, ainsi que les devoirs et les charges de ces derniers; le genre de travail spécial à chacun; les matières premières à employer; la manière d'exécuter « les têtes, nez, yeux, bouches de personnages, et semblables se profilant et ouvrant au fond de la tapisserie. » L'entrepôt des tapisseries fut établi à Anvers et à Herg-op- . Zoom, sous la direction de courtiers assermentés. II fut prescrit aux doyens et jurés du métier de visiter les maisons des ouvriers et des apprentis, et les fabriques dont les chefs seraient soupçonnés de contrevenir aux règlements, avec injonction de saisir les objets frauduleusement confectionnés. Enfin, chaque maître dul estampiller d'une marque distinc-
1 Mac de Hmuire. I. 610-625.
tive les produits de ses ateliers. Mais ces estampilles furent bientôt imitées par des contrefacteurs étrangers, « afin, porte un édit des archiducs Albert et Isabelle, de vendre leurs tapisseries, comme si elles avoient été des meilleures et des plus coûteuses '. ■> Il parait aussi que les ouvriers étaient devenus assez rares pour que les fabricants en vinssent à l'embauchage 2.
La teinturerie avait éprouvé le contre-coup de la décadence de la draperie : elle déclinait rapidement malgré les efforts tentés pour la soutenir. On vit le magistrat de Matines s'engager a payer 100 couronnes d'or à un teinturier d'écarlate venu d'Italie, pour qu'il enseignât son art à un maître de cette ville, nommé Jean de Cuyper*. En 1337, il ne restait plus à Bruxelles de teinturiers en bleu, et il fallut, afin d'en ramener un, qu'à la demande des nations, le magistrat lui assurât un subside annuel de 600 florins. De plus, il fut défendu de faire teindre hors de la ville les étoffes qui y étaient manufacturées (23 mai 1338). D'autres octrois de ce genre se succédèrent sans relever l'industrie languissante \
L'industrie linière, au contraire, n'avait rien perdu de son activité. « Liée intimement au sol qu'elle fertilisait, elle puisait dans l'agriculture, et l'agriculture puisait en elle un
' Hutoire de Bruxelle», II, 380-58*.
* « Averti que aucuns marchans d'Anvers ou de Bruxelles se seraient avance/ de vouloir suborner et faire partir du service de Guillaume de Pannemaeker. qui a en mains les ouvraiges des tapisseries de la conqueste de Tunis, aucuns siens serviteurs et ouvriers, vous requérons y donner tel ordre et provision que lesdits ouvriers puissent continuer en leursdils ouvraiges, et les subornans. t*n cas qu'ils ne se déportent de leurdite subornacion . estre pugmz et chastlez ainsi qu'il conviendra. » Lettres du 47 mars 1551 Lettres des seigneurs, III. f U).
* Azevedo, ad ann I5Î7.
* Histoire de Uruxelles, II, 577. DOte t.
mutuel el réciproque appui. Le même toit abritait la charrue et le métier du cultivateur devenu tisserand. Pendant les longues veillées de l'hiver, la moisson de l'été se métamorphosait, sous les mains qui l'avaient recueillie, en trésors mercantiles; la femme même, assise à son rouet, concourait, par <oi\ adresse, a assurer la richesse, la paix et l'abondance dans le foyer domestique. La Flandre sera riche, disait Charles-Quint, tant que l'on n'aura pas coupé le pouce de ses fileuses '. » Cependant, c'était la Hollande qui était alors particulièrement renommée pour « les toiles extrêmement fines et belles qui s'y faisaient abondamment 2. » Les batistes , les cambrais, les linons, dont la fabrication, introduite à Nivelles, vers le commencement du xuf siècle, s'était étendue dans les autres villes du Brabant et dans la Flandre; ces belles et fines toiles qui avaient donné à leurs fabricants de fabuleuses fortunes; ces damasseries 3 qui avaient atteint un haut degré
1 M. KmvYN «*K Lettexhovk, I. c, VI, 87.
• Relations de V. Quirini. 1506, et de M. Cavalli, 1551. — « A Henry Van den Rosscbe, demourant à Bruxelles, pour l aulnes de fine toile de Hollande, |K)tir en faire chemises a l'empereur, à xxv sols l'aulne. » Revenus et dépenses de Charles-Quint, 1520-1830, f ij « iiij « xviij *».
1 Menin surtout était renommée pour la fabrication des nappes et des serviettes. Relation de Marin Cavalli. — « Pour xx aulnes de serviettes damassées |K)ur en essuier les mains de l'empereur le matin, xxiiij livres. » Hevenus et dépenses de Charles-Quint, 1520-1530, f# ij • iiij m xviij *°. — « A Jacques de Hoochbosch, tisserand de nappes, a Malines, pour l'étoffe et façon d'une grande nappe, a xxiiij aulnes de long et iiij un quart aulnes de large, servant pour la table dudit seigneur empereur, en laquelle il y avoit au milieu les armes d'icelluy empereur, de l'ungcosté saint Adrien, et de l'autre costé saint Jacques a\ec quatre fusilz et la devise plus oultre es quatre pointes, et cinquante .irmes tic chevaliers de l'ordre, selon que au dernier chapitre tenu à Harcelonne, ils estoieot charnu en ung parequet fait à l'antique avec l'ordre a l'entour ladite devise plus oultre, dessoubz icelles armes, assavoir : celles des roix couronnés ; celles des dur/, avec chappeaulx de duc ; celles des comtes avec le chapelet des comtes; les autres avec ceyntures ou laz; — et aussy trois douzaine*
de perfection, étaient un objet de grande importance, et occupaient des milliers d'ouvriers dans les villes et dan< les campagnes.
Bruxelles était renommée pour ses coutils, et celte branche d'industrie employait un grand nombre de bras, lorsqu'une mesure intempestive faillit la ruiner. En 1529, les tisserands en lin obtinrent une ordonnance excluant des manufactures les artisans étrangers à la commune : cette interdiction réduisit de moitié le nombre des ouvriers en coutils, et diminua la fabrication dans la même proportion. Néanmoins, il cousle d'une réclamation de fabricants de coutils, qu'en 1541, ils avaient fourni de l'ouvrage à 2,500 personnes, tant maitres et ouvriers du métier, que blanchisseurs, séranceurs, teinturiers, etc., et que leurs produits étaient exportés en plusieurs pays '. Il résulte d'une ordonnance du 29 mars 1552, frappant d'un droit extraordinaire les toiles tissées dans les couvents et dans le béguinage de Malines, que les maisons religieuses en fabriquaient une grande quantité 2.
Le fin lin produit en Belgique, fournissait le Ul délicat employé il ces dentelles devenues célèbres sous le nom de Bruxelles, de Malines, de Valenciennes. Il n'est fait mention
île serviettes, en longueur chacune serviette «le deux aulnes, et en largeur de quatre quartiers, et en chacune d'icelles y a les pleines armes dudit seigneur empereur deux fois avec le collier de la Thoison d or allenlour. qui sont l'un*routre I autre afin que quant I on s'en serviroit à table les armes fussent toujours droites devant et derrière, mil v e livres. » Compte de J. Micault n» 1887), de 1529, art. Dépenses. — « Pour xx aulnes de bien bonnes et exquises nappes de damas de iij aulnes de large, et trois douzaines de serviettes de même estoufle. que madite dame a prises et achetées pour ledit prix de l livres. » Compte de J . de Marnix (n° 1803), f» ij r. — «Item, pour demi douzaine de serviettes pour essuyer les mains, \xj sols. » Ibid. (n« 1798), f» ix 11
• Histoire de Bruxelles, II. 581
* .A/EVEDO.
de cette manufacture qu'a la tin du xv' siècle; mais elle était si répandue dans le siècle suivant, qu'en 1 580 ou 1 585 on la représentait comme une des occupations communes de la vie humaine '. En 1543, elle ligure en assez grande quantité dans les exportations.
Parmi les autres produits qui, suivant l'expression d'un historien, attiraient dans les Pays-Bas l'or des Indes, se trouvait en première ligne la fabrication des cuirs dorés et à figures, généralement appelés cuirs d'Espagne. Cette manufacture, qui prit naissance, parait-il, à If alinéa, fut perfectionnée dans le xve siècle; ces cuirs recherchés avec empressement par l'étranger, servaient tout a la fois h de riches tentures et a garnir des meubles de longue durée. On voit Charles-Quint en offrir à la mère de François Ier 2.
Les Namurois avaient porté très- loin l'art de la tannerie; ils fournissaient des cuirs 5 toutes les provinces, a la France et à différents autres pays 1 .
1 Histoire de Hriucelks, II, 301, note 2
' « A uns. charreton de Mali nés, qui, sur son chariot attelé de iiij chevautx, a mené de Malines a Taris la tapisserie de cuyr d'Espagne, que l'empereur a envoyé à la mère du roy de France, xxx livres. - llevenus el dermes de Charles-Quint, 1520-1530, f" ij f iiij « vj *».
« Ung pacquet de cuirs de Malines, contenant cxl cuirs, a iij sols la pieche.
Encores ung pacquet de cuirs de Malines, contenant cxl cuirs, a iij sols iiij deniers la pieche. — Ung aullre pacquet, conlenaut c et xij cuirs de Malines, audit pris de iij sols iiij deniers. — Encores ungaultre pacquet, contenant cent cuirs de Malines, a iij sols viij deniers. — l'ng [«acquêt, contenant cxx cuirs de Malines, à iij sols ix deniers la pieche. » Compte du H»0» denier (n° 23357), f° iiij e Ixx **'.
• ibid. — Lk Mayelr, I. c, note 89 du ch II. — Une peau de bœuf coûtait environ 2 florins de Brabant, et un sac d worces 15 sous 6 deniers « Van .lanne DeGreve. huydevettere, vœr iiij sacken scorssen, elcken sack te xv </2st . vj deniers gros .• Comptes des recettes et dépenses de l'hôpital Saint-Pierre. 1520-1521.- « ijossevellen, xv ij st. \jd. » Ibid. - ij osse vellen, iiij u. ixst » Ibid.
COMMERCE. - INDUSTRIE. - AGRICULTURE ilM)
Quelques villes des Pays-Bas, entre autres Courtrai Tournai, Lille 2, exportaient beaucoup de merceries. On sait que les mercière avaient le privilège de vendre des denrées et une foule d'objets confectionnes, notamment des épiceries, de> vins doux, tels que l'hypocras, le Malvoisie, des poteries, des armes, des arcs, des coiïres, des chapeaux, des boutons, des couleurs, des ouvrages d'osier, des objets façonnés au tour, du papier, des verroteries, des jouets, etc., qui sont aujourd'hui dans le domaine d'autres spécialités commerciales3.
Une ordonnance du 10 octobre 1530 montre les Pays-Bas encore tributaires de l'étranger pour le papier; or, sous le règne de Charles-Quint, il commença à remplacer dans les actes publics le parchemin, qu'il avait supplanté déjà dans les actes privés et pour la correspondance. Des marchands important « grande quantité de papier blanc qu'ils disoient bon et léal pour escrire à un et à deux eostez, et la plupart desdits papiers estant faulx et contrefaicts, portant marques des papiers qui précédemment étoient trouvés bons, et étant telz qu'on ne pouvoit bonnement escrire à deux costez lettre lisible, » cette ordonnance interdit, « au grand intérêt de la chose publique, » l'entrée des papiers dont les deux faces ne prendraient pas bien l'écriture; en outre, elle enjoignit de retirer du commerce, dans les six semaines, tous papiers de l'espèce, sous peine d'un réal d'or d'amende par rame, et de privation perpétuelle de la faculté de vendre ou débiter du
■ Voir les comptes du 400« denier, précite», et le compte de Georges de Ronck, rtxe\ eu r général de West-Flandre (n« 2976 , aux Archive* du royaume
• » Ouatre tonneaux de mercerie de Tournay. » Compte du 100* denier . n- 23358), f» eviij »». - « Ung tonneau de mercerie de Tournay. ij « jjij " \n livres de gros. • Ibtd. m* 23357). f vj ' xxij *». — « Un pacquet de merchene de Tournay et de Lille. » Ibid. { n» 23358). f viij « liij ™
1 Histoire de Uruxelle», II, 576.
papier « bon ou mauvais » Cependant on fabriquait aussi du papier dans le pays; on trouve entre autres, une papeterie établie a Linkenbeek lez-Bruxelles2, et le papier figure même en grande quantité dans les exportations. Le papier l\ écrire se vendait I sou six deniers la main; 15 a 24 sous la rame s; le papier gris environ 2 sous 6 deniers la rame \ Pour les dessins et les plans on se servait de « papier lombard, » coûtant 1 1 sous la main, et plus généralement encore de parchemin \ Les plumes d'oie qui étaient préparées, parait-il, en Hollande, coûtaient 1 florin 16 sous le millier*1.
Les nombreuses exportations d'instruments de musique, et le témoignage de Guicciardin démontrent que les Belges brillaient déjà dans cette branche d'industrie. Parmi les fabricants
1 Plac. de Flandre, I, 606.
• Anecdota Bruxellensia. Manuscrit précité. — M. A. Waitkrs, Histoire des environs de Bruxelles, III. 339.
1 « Item, betaelt voor iij boecken papiers, ix 1/2 deniers gros. • Comptes de l'hôpital Saint-Pierre, 1 51 7-151 8. -- « Ilem.aen ij boecken papiers, vjd. gr. » Ibid.. 151 9- 1520. - « Item, ij boecken papiers, vj d. gros. » Ibid., 1520-1521 . - « Item, ij boecken papiers, ij 1/2 st. » Ibid., 1549-1550 — « Item, v boecken schryfpapier, vij st. 1 oort. » Ibid., 1550-1551. — « Tour une main de papier pour escripre la minute et double de son compte, xviij deniers. * Compte du 100« denier n° 23357), f° vj « iiij «x. — « ciitj " vijj rames de papier, de la valeur ensemble de xxiij livres gros. » Ibid., f» ij « iiij " ij — « Deux ramas de papier, valissans ensemble vi ij sols de gros. » Ibid. (n° 23357 ), f" iiij c xiiij. — a lx rames de papier, valissant vij livres x sols gros. » Ibid., f» iiij ' x\ij *u. — « Cent rames de papier, valissans xij livres x sols de gros. » Ibid., f" iiij * xxvij *u.
* « iiij e rames de papier gris, valissant ix livres de gros. >» Ibid., 1° ij * xx. - » lj rames de papier gris, valissant xxj sols vi ij deniers gros. » Ibid., f° ij •
Kxij »".
' Voir les comptes produits p;ir M. L. De \'im.ers, Mémoire précité.
6 « Pour ung tonneau de plumes à escripre, contenant chacun tonneau lx milliers, au pris de vj sols gros le millier, moule a Ixxij livres de gros. • Compte du 100* denier (o« 23357), f» vj « Ixviij. — « Cent milliers de plumes de Hollande, à vj sols gros le millier. » Ibid. (u« 23338), f viij « Ixij.
d'instruments de cette époque, on cite : Mare Moers, organiste à Lierre, à qui fut acheté en 1508, pour le prix de 3! livres,
sous, « ung manicor, pour le déduit et passe-temps de monseigneur l'archiduc; o — Antoine Mors, à Anvers, qui fournit, i\ ce prince, en 15 H, une paire d'orgues « pour s'en servir à son très-noble plaisir en sa chapelle 1 ; » et « un petit positif, aussi pour mettre en sadite chapelle. 2 » Il lit encore, en 1515, « un claineordium » pour Éléonore; en 1516, de nouvelles orgues pour la chapelle de la cour, et restaura, en 1529, celles de la chapelle de Marguerite; — Jean Cririon, de Mous, qui se rendit à Bruxelles, en 1536, « pour montrer ii la cour plusieurs instrumens d'orghes, » répara, en 1538, celles du palais, et exécuta celui de Sainte-Waudru, placé en 1545 s; Êlienne Lethman, qui livra à Charles-Quint, en 1539, « ung grand et ung petit posityfx; *; » — Nicolas Vanderryt, « raccoutreur » de> orgues de Marie de Hongrie \
Depuis Charles le Téméraire, la fabrication des armes avait pris une extension considérable. Les armuriers de Bruxelles avaient acquis une grande renommée, surtout pour la fabrication des cuirasses; on les disnit a l'épreuve des flèches6, et leurs brigandines, leurs cottes de mailles, leurs épées, trouvaient de tels débouchés, que ce métier possédait plusieurs
' M. I'im.haht, Archives des arts
■ » A maire Anthoine Mors, faiseur d'orgues, demeurant a Anvers, pour ung jK'iil positif que l'empereur a fait prendre de luy pour mettre en sa chapeUe, payé en l'an xv « xx, v ij « livres .. herenus et dépenses de Charles-Quint, 45*0-1530. f° ij « iiij « x»r
' M L De Villbrs, Mémoire précité. 45 - J. Crinon était aussi horloger. Ibid.. 46.
• M. Pmcbabv, L c. -- s M. Gâchai». I. c
' Histoire de Bruxelles, I. 463. — Chhistovai. de Cvi.vete. Viaje del f'rinrifte. f 89, — Glïccuadis — de Heikfenbeiig. Mémoire sur l'industrie et le commerce de la Velgique an xv et au ivi« siècle.
moulins à eau dits slypmolen, employés uniquement à aiguiser les armes V La fonderie de canons de Matines reçut d'utiles développements, comme le prouvent les nombreuses commandes de l'étranger, principalement de l'Angleterre 2 et du Portugal 3, et les importantes modifications apportées dans l'artillerie, sous le règne de Charles-Quint, qui tira de cette fonderie la plupart de ses engins de guerre 4.
Guicciardin exalte le talent des lapidaires des Pays-Bas, et l'on ne vante pas moins les ouvrages sortis des mains de leurs orfèvres et de leurs ciseleurs 5 .
■ Histoire de Hruxelles, I. c. — On n'a guère de données indiquant d une manière bien précise le prix des armes a cctte'époque, et les extraits que nous donnons ci-dessous n'en peuvent présenter qu'une simple idée « De some van drie ponden vier schellingen groon vlaems. voor den coop van twee dousyne hallebarden. » Compte de l'administration de l'artillerie et des munitions de guerre des vaisseaux équipés pour la délivrance de Copenhague, en 4536, f° xxxiij »° (n° 20106;, aux Archives du royaume. - « De some van sesscntwintich ponden ses schellingen groon vlaems; te wettene de xiij ponden vj st. viij groon vlaems voor den coop van twintich manharnasch te voete, tôt xiij st. iiij groon elck harnasch gestoffert als dat behoirde; noch xxx st. groon vlaems vocr een harnasch te voete voor den persoon van mynheere den admirael ; norh voor een gorgeryn met silveren gespen voer mynen voor* hreven heere, iiij pond, xiij st. iiij groon ; noch voer twee slachsweerden, tôt dry gouden guldens stuck, facit xxviij st groon; noch voer een pertiza ne vergult voor myn voorschreve heere, xx st. groon. ; ncx h voor acht hoofl harnasch, ten pryse van x st. groon stuck, facit iiij p. groon; ende noch voor acht bamere, daer toe dienende tôt zes stuvers stuck, facit viij st. groon. » Ibid , f° xxxiij *u — l oir pour le prix des canons, t. III, page I H.
• l oirt III. pageUO.
J « Pour avoir chargé vers Portugal viij pioches d'artillerie de fer, valissans ensemble xiiij livres de gros. » Compte du <00' denier (n» 23357). f» iij • xxxiij »•. - « Tour avoir rhargié vers Lisbonne xvij « iiij »» x boullctz de fer, valissant ensemble Ix livres de gros. » Ibid., f° ij e iiij 11 xv. — « Pour avoir chargié vers Li*l>onne cincq petites pioches d'artillerye de la valeur de xv livres de gros. » Ibid. (n° 23358). f« iiij ' 1.
♦ loir chapitre X. - à loir p. 98. — l'oir ledit sur les orfèvres, du 13 avril 155t. fine, de Flandre, I, 802.
Les coperies de Dinant, si renommée pour ses marchandises de cuivre jaune qu'elles en avaient reçu le nom de Dinanderie1, et celles de Bouvignes qui leur faisaient concurrence 2, constituaient d'importants objets d'exportation 3. L'établissement des forges dans le comté de Namur était très-ancien, et les maîtres des forges ou ferrons avaient obtenu de nombreux privilèges des anciens souverains de ce pays. Ils avaient une cour particulière composée d'un maïeur et de plusieurs jurés pris dans leur corps 4; elle connaissait de toutes les difficultés relatives à cette industrie et des contestations s'élevant entre les ouvriers et les forgerons *. Le bois de vastes forêts alimentait les forges8, et une grande activité régnait dans les
■ Oirt. (Je Trévoux, au mot Dinanorme.
' m Pour avoir cbargié six milliers de cbauldrons de Dinant, valissans ensemble ix c liij " vij livres de gros » Compte du tOO* denier (n° 23357), f"\) • Ixxv j »u. — «• Pour xj < viij livres de cbauldrons et iiij chauffretlcs. » Ibid., f° vj » Ixviij. — a Pour ij ■ ij • livrai de rhauldrons, tant de Dinant comme de Bouvignes, a xv livres x sols gros chacun, cent livres. » Ibid., f» vj e |xviij »•. — « Encoires iij ' livres de chandeliers, a xj livres le cent. - Item, pour iiij douzaines de reschauffoirs, à xiiij sols gros la pair. — v * livres de pelles de fer, a v liv res x sols de gros le cenl. » Ibid . f» v j « Ixxix.
1 - Item, une chaudière, deux chauderons. ung pot de fer, ung bassin, deux pintes d'estain, deux platz. six esquelles un pot a eauw, deux linseaulx, une nappe, cincq serviettes, iij francs. «Compte de Baudouin de Barbanson, seigneur de Villemont. gouverneur de la terre et seigneurie de Florenville, prévôt et graver de Chiny et Étalle, de t52<M530, f° ij (n« 13*78), aux Archive* du royaume
* L'élection du maïeur et des jurés avait lieu annuellement et était suivie • l'un banquet, où les ferrons établissaient entre eux une taxe proportionnelle a payera re sujet au domaine, qui ne percevait rien lorsqu'il n'y avait pas eu de banquet. Ainsi, en 4543, il ne fut rien payé, dit le compte de Nicolas Riffîart ; n« 3284 , aux Archives du royaume). f° xliij. parce que le dîner des ferrons n'avait pas eu lieu.
»Gaixiot. Histoire de Samur, III, 9-40. — Comptes de N. Riffîart , de J . Stercke, receveurs du comte de Namur (n* 3284 et suiv. ).
■ On sait qu on ne forgeait pas alors avec le charlwn de terre.
fabriques de fer de ce comté, auxquelles la Meuse ouvrait une communication facile avec la France et les provinces du nord. Elles l'emportaient alors sur celles du Hainaut 1 ; mais les forges de la principauté de Liège étaient regardées comme les premières du monde. On disait en proverbe que les Liégeois avaient trois choses uniques : du pain meilleur que le pain, du fer plus dur que le fer, du feu plus ardent que le feu (allusion à la qualité du charbon) 2.
Les Namurois tiraient de la Bretagne les pierres propres h couler le cuivre et la calamine qu'ils fournissaient à une grande partie de la France 3. Le Limbourg avait une source de richesse dans la calamine que ses industrieux habitants mettaient en œuvre avec une grande habileté 4.
Le sentiment du beau qui se révéla à celte époque dans \e< constructions des particuliers, comme dans les monuments érigés par les communes et par le souverain, se produisit aussi dans les ameublements. On n'avait pas encore abaissé l'art nu niveau du métier, et les arts industriels avaient reçu un vif essor des progrès des arts libéraux. L'influence de ces derniers est manifeste dans ces dressoirs, ces buflels, ces prie-Dieu, ces bahuts, si recherchés encore aujourd'hui en dépit de nos goûts mesquins cl de notre luxe économique.
' Sbaw, I. c.
' M. Moke. 1. c. 364.
1 Le Mavei r, note 357.
* » Dans le xvi* siècle, les ouvriers de ce duché emplo>es a tirer le métal de la mine et à le raffiner, étaient si nombreux et si bien disciplinés, il y avait un tel ordre dans leurs ouvrages, que les environs de la montagne offraient l imace d une république régulière et bien eouxernee. Les troubles de religion engagèrent Iteaucoup d'ouvriers a quitter leur demeure au bas du mont Calamine, et a se retirer dans les terres voisines d'Allemagne, où ils ne furent point troubles dans leur culte religieux. La ils continuèrent dépurer le métal qu'on leur apportait de la montagne. » Sii.wv. I. < .. 6Î-63.
COMMERCE - INDUSTRIE AGKICL'LTLRE 305
Les exportations de meubles étaient considérables, et l'étranger se fournissait en Belgique de lits, d'armoires, de garde-robes, de comptoirs, etc. Bien que différents auteurs soient portés à attribuer aux Belges l'usage des premières borloges, il ne parait pas qu'au xvr siècle les ateliers d'horlogerie lussent communs en Belgique ; on ne trouvait même pas d'horlogers dans toutes les grandes villes \
Les matériaux le plus généralement employés alors dans les constructions étaient les grès de Béthune, de Mons, de Douai ; les pierres blanches dites purpoints de Lille, de Valenciennes, de Lezenne, et les pierres bleues d'Écaussines, de Merville; les grandes pierres dites vaulsoirs de Lille; les moellons, la chaux et la cendrée de Tournai; les orduins taillés el les schorres de Flandre; les briques de divers lieux 3. Ce fut Marie de Hongrie, dit-on, qui trouva le secret de polir les pierres bleues des riches carrières d'Arquennes et de Feluy
' « Ung lict de champ, valissant xxx sols gros. » Compte du lOlr démet in- 33357), f liij ■ xxvij. — • Trois armoires, valissuns ensemble xxxvj sols viij deniers de gros. •< Ibtd., f» ij « iiij m iij — « Une armoire, valissant xx sols gros. ■• Ibul , f* ij * iiij «* xiiij. — « l ue garderobbe. valissant xxv sols »rro*. — t'n lit de champ, de la \aleur de xxiij sols iiij deniers gros. <> Ibtd , f» ij « Ixxix »°. — « t'n comptoir valissiint xij livres de gros » Ibul., f iij « Ij
* « A Moclandt. de Malines. orlogeur. démoliront a Gandt, lequel le capitaine ;i\oit fait venir dudit Gandt a l'Esclusc. pareeque a Bruges l'on ne povoit finer de maistre pour remectrea point l'orloge dudit chasteau. par marché fait tant j>our estre venu corne pour besoingnier et s'en retourner, y comprins le sallaire lu messagier qui l'ala querre, xij livres patards. » Compte de Niçoise Hanneron précité (n* 27 H ). de 1506, f" vij n xv.
1 Comptes de la construction du château de Gond. Archives du royaume. — M. Gaciurd. Appendice a la Helation des troubles de Gand - M. L. lh Vu mcrs. L c, 19, 20. 2t. etc.
* Marc \'a.\ Wakrm.wyck, Historié van UeUjis, 1574
Déjà sur la pente d'une décadence que la concurrence des Hollandais rendit rapide, la pêche formait cependant encore une branche importante du commerce de la Flandre. C'est un Flamand, Guillaume Beukels de Biervliet, qui inventa l'art de conserver les harengs (1416), et les avantages résultant de cette préparation valurent à ses compatriotes un monopole qu'ils ne surent malheureusement pas conserver. Dès le commencement du xvi* siècle, les Hollandais en fournissaient la Flandre '. Ils avaient multiplié leurs établissements en Scanie et poussé leurs flottilles jusque sur les côtes orientales des îles Britanniques, en particulier sur les fonds d'Yarmouth, où la harengaison est encore aujourd'hui des plus considérables. Depuis que le traité de 1495 avait mis un terme aux vexations des Anglais et donné aux pécheurs des Pays-Bas le droit de pêcher librement partout, l'esprit d'entreprise s'était développé si rapidement qu'on vit 600 a 700 navires de pêche faire jusqu'à trois voyages par an et mpporter chaque fois de riches cargaisons, dont on évalue la valeur totale à 1,470,000 florins d'or (environ 30,870,000 fr.). Cette extension de la pêche donna de nouveaux développements à la puissance navale; les villes des Pays-Bas ne reculèrent devant aucun sacrifice pour protéger leurs pécheurs, et, en 1547, la seule ville d'Knckhuysen, où s'étaient fixés les plus habiles apprêteurs de harengs, arma huit vaisseaux pour escorter et surveiller ses buses. Six ans plus tard, la même ville comptait vingt bâtiments de guerre, dont les frais d'armement étaient prélevés sur les produits de la pêche, et qui avaient mission de protéger les 140 barques envoyées à la poursuite
' « Droit de deux sols 6 deniers sur chaque last de harengs cacques , venant en Flandre. » Comptes de l.ievin T.yns et de N. Hanneron. précités fnM î7<0 et 27H).
des harengs '. Il conste, d une convention conclue le 8 février 15! 9 entre le magi>trat d'Anvers et celui de Mali nés, que ces deux villes avaient leurs bateaux de pêche qui approvisionnaient le Brabant de poisson salé 2. Aux termes de l'ordonnance du 29 janvier 1549, les bateaux de pêche devaient être armés : la buse d'une demi-coulevrine, d'un, deux ou trois petits canons a mitraille, 5 a G harpons, de piques ou d'arquebuses, et les autres bateaux d'un double canon, de 4 arquebuses et de 8 piques \ Charles-Quint encouragea et protégea spécialement la pêche, dont les produite approvisionnaient la France, l'Espagne, l'Allemagne et jusqu'à l'Angleterre et l'Italie, où les pécheurs des Pays-Bas trouvaient un excellent débit de poisson salé, harengs et saumon 4.
A Damme, à l'Écluse, à Oslende \ à Nieuport 6, le caquage employait encore un grand nombre de tonneliers, a en juger par les comptes de la recelte du braïulyheLlt, droit de 2 esealins
' M A i>k OUTRE» âges, les Animaux uttles. Revue (les Ue ux Mondes. 1849
- I k Petit. — (il k r jardin
* Azeveihi. ad ann. 4549.
» l'iac. de Flandre, I. 360-374.
* Ce prince, qui accompagna, dit-on, sa sœur Marie de Hongrie dans sa visite a la tombe de Guillaume Beukels, se faisait envoyer en Espagne des harengs «•t d'autres poissons des Pays-Bas — « A Hubrecht Cbretians, marchant de harens, demourant a Oslende, et à la veu\e banclare, marchande de beurre, résidant à Bruges, pour deux lasts de harens cacques, deux lasts de harens sorets, et trente cuvelles de beurre, prins et achetés d'eux pour envoyer a l'empereur en Espaigne, vij « livres. » Compte de J. Micault, de 1524 (n* 1884».
- Ses édils des 28 août 4515, 9 août 4534, 26 juillet 4535, 49 mari 4539. 9 juillet et 30 septembre 4545. prouvent, du reste, toute l'importance qu'il jittacbait a cette précieuse industrie. Hac de Flandre. I, 346 et suiv. - Groot Haraat boeck van Holland, I, 684.
* Comptes du droit de 2 sols 6 deniers de gros. mon. de Flandre, sur chaque last de harengs caques arrivant a Damme. t'Éclate et Oslende. pour 4536 el 4537 fnM 23316 et 23317!, aux Archives du royaume.
(- Mém ..«s comptes de ce droit paye a Nieuport n»' 23322 el 23323). Ibvl.
parisis levé sur chaque nouveau last de douze tonneaux à harengs qu'ils fabriquaient. Ainsi, du 5 avril 1528 à la Saint- Jean-Baptiste 1529, ce droit produisit à Ostende 204 livres 4 sous 1 1 deniers gros de Flandre pour 2,042 lasts fi tonneaux, soit 24,510 tonneaux '. A Nieuport le droit de 2 sous 6 deniers gros de Flandre qui se prélevait sur chaque last de 12 tonneaux de harengs importés, produisit 49 1. 9 s. de gros en 1543; 51 I. 1 1 s. 6 d., en 1544; 99 1. 16 s. 10 d., en 1 545 ; 114 I. 5 s. G d., en 1 54(V ; et le brandyhelt : 45 s. 4 d., en 1544; 42 s. 10 d., en 1545; (ifi s. en 1540 \
Jusqu'au xvr siècle la Belgique resta tributaire de l'étranger pour ses bières de bonne qualité : outre la Joj)en , l;i liostock 3, la momme, la jupenbier. la smalbant. la dorstlande, etc., qui lui venaient du Nord 4, les autres bières que lui envoyaient l'Irlande, Lubeck, Brème et les villes de la Baltique 5 , on y importait en grande quantité la keute ou keyte de Hollande6, la cervoise de Delft7, la bière de Frise*, Ja fjrouwe bière et la cleene bicre d'Allemagne 9, la rermise de
' Comptes du droit de 6 deniers gros, monnaie de Flandre, sur chaque last de harengs caques arrivant à Ostende (n° 23315). aux Archives du royaume.
• Compte de Jean do Greboval. commis à la recette du hrandghelt (n« 23323 Ibul.
jLe Pbtit, VIII, 454.
• Comptes d'Anvers, de 1525 à 1552, cités par M. Krkgi.ixgkr I. r.
■ fbid. — Comptes du domaine aux Archives du royaume. — » De qualrv deniers parisis que icelluy sieur prend sur chacun lot de vin, cl ij sols parisis sur chacun tonneau de chervoise, tant d'Almaigne, d'Embourg, de Hollande, comme d'autres cervoises brassées au pays de Flandre. » Comple de Uevin Lyns, précité (n" 2710), f° xxx.
0 Compte de la recette de 4 sols 5 deniers sur la cervoise étrangère en la ville de Nieuport (n° 23193), et comple de la «« collectation du hoppenbier de NieupoH » (n° 2319V] aux Archives du royaume.
■ Comptes du centième denier, précités. - * Ibirt.
• Comple de la recette «lu droit «ur la cervoise. à Nieuport (n- 23<92 . aux Archives du rouaume.
Hambourg \ Xale 2 et d'autres bières anglaises \ Elle ne produisait guère que de petites bières, telles que la bière rouge, la bière noire, la cuyte de Bruxelles, la waegkbaert, la bière de houblon ôliehoppe, etc. Ces deux dernières étaient des bières blanches qui se brassaient, la première en mêlant 5 setîers de froment, 1 1 setiers d'avoine et 18 aimes d'eau ; la seconde avec moins de grain et 23 aimes d'eau *. La crainte de manquer de grains portait souvent les magistrats des villes \ et quelquefois même le gouvernement 6t ù interdire la fabrication des bières fortes; on entravait ainsi le développement de cette industrie, au profil de l'étranger, qui trouvait un immense débouché dans nos provinces et y maintenait la supériorité de ses produits. En to35 encore, lors do la rupture avec le Danemark, Corneille de Scheppere écrivait à l'évéque de Culm : « Ce qui nous alllige, c'est que, par suite de la fermeture de la mer, nous serons privés de vos excellentes bières \ » Cependant , les démêlés des Pays-Bas avec les villes de la Hanse et de fréquentes interruptions du commerce avec le Nord augmentèrent le nombre de brasseries, et v amenèrent de notables améliorations. Il en résulta
bientôt une forte diminution dans les importations V et,
' Comptes <i u 100* denier.
* Compte de la « OOlleclation du hoppenbier, - précité. Comptes du 100' denier.
1 Histoire de Bruxelles, 1. 164.
* « A ladite trompette, pour avoir publié et fait defléndre qu'on De brassasse |x>int de la meilleure rervoise que d'un lyart le pot. <• Compte de.l. Van den Daele, précité ;n° 15667). de 1548, f° vjjj.
■ Ordonnances des 19 août 4522, 23 septembre 1531. 20 mai 1546 Mae. df Ffamtre, I, 633, 631), 648.
* Lettre du 6 décembre 1535. M. AltueyeE, Histoire des relations connu 33*. 337 .
' iotr les comptes de L. Lynset N. Hanneron. précités.
310 RÉGNE DE CH.VRLES-Ql'INT EN BELGIQUE.
dès 1543, on vit la Belgique exporter ses bières en grande quantité dans les pays rhénans, en France, en Portugal, en Espagne '. 11 parait même que Charles-Quint, qui aimait beaucoup cette boisson, voulut en introduire la fabrication dans ce dernier pays ; il y fit transporter à cet effet du houblon et des ustensiles de brasserie \
Les villes s'empressèrent de favoriser, par tous les moyens \ une industrie destinée a devenir l'une des sources les plus fécondes de leurs revenus. Elles triplèrent les droits sur les bières étrangères 4, et la plupart défendirent l'établissement de cabarets et de brasseries dans un rayon d'une lieue ou d'une demi-lieue au moins de leurs murs 5. L'amélioration des produits du pays en augmenta la consommation ; la cour même renonça aux bières étrangères6. En 1554 déjà, la fabrication de nouvelles bières avait relégué au dernier rang la myte de Bruxelles 7 ; elle constituait alors avec la Mars et la hoppe , des bières de ménage 8. Vers la même époque , on trouve citées avec éloges les bières de Malines, de Hou-
' Voir tes comptes du 100«- denier.
' « A Aert Jaecx, hosledu Dragon, a Malines, pour dix Ihonneaux de vin de Km. qui fui envoyé, en aoûst xxv. à [ empereur, et pour du hoblon et ustensilles pour brasser, vj ■ Ixxviij livres xvij sols vj deniers. — A Jehan Moens. brasseur, demourant a Bruxelles, pour dix balles de boblon et aucuns usiensilles senans à brasser envoyez en Espagne, en décembre xxvj, Ixxvij livres ij sols. »• Revenus et dépenses de Charles-Qmnt, iu ij * iiij « ix »".
1 • Audit an (1537) fut accordé par l'empereur, à la requestedu magistrat de la ville de Mons, d'érigier la chaussée de Bertaymonl a Hyon, el ce pour les aysemens des brasseurs. A raison de quoy ladite ville fraya pour cest ouvrage six vingt livres. » Yixciia.nt, V. 240.
» Ordonn. du magistrat de Malines, du 29 marslooi. Azevkihj.
1 Voir surtout les comptes de la Flandre.
6 Voir page 312, note 3.
■ Histoire de Bruxelles, I, 425, note 2. el II. oM. • Voir page 312. note 2
gaerde 1 , de Zout-Leeuw et de Londerzeel 2 ; la keulte de Tournai1; la cervoise de Bruxelles, qu affectionnait Marguerite d'Autriche 4 ; la elauwaert de Gand \ On mentionne encore la knol, la double knol, la kuyte, Yhoochsel et le jjoorters hooclisel , fortes bières d'Anvers 6 ; la waeghebaen . la mars bier , la bière double, et la Brugsche keyte de Bruges \ Ces bières pourtant étaient loin encore sans doute de posséder les qualités de Vuytzcl de Gand, du faro si cher aux Bruxellois, de leur vineux lambik, de la célèbre peterman de Louvain, puisque l'étranger, le Français surtout, qui aujourd'hui tient nos boissons en assez grande estime, ne prisait guère celles que les Pays-Bas produisaient au xvr siècle. « ArrivAmes en la cité de Cambrai, dit le Bourguignon Féry de Guyon, là où nous fûmes fort bien traitlés, sauf que l'on nous apporta à table de la cervoise, dont fûmes bien esbaliis, et moy des premiers, en goustant une si piteuse liqueur h. » Plus tard il ne professa plus le même mépris pour cette lioisson.
Quant au prix des bières, il variait à l'infini : il y en avait a 3 deniers le pot; 7 florins 10 sous l'aime; 1 florin 6 sous 8 deniers; 2 florins il sous "> deniers; 9 florin- 12 sous;
* Compte d'Anvers, de 1539, cité par M Kregumiei». I. c, et Foclroi de 1522
* Azevedo. - La pleckbier. de Malines, coûtait 8 escalins le tonneau. Ibid.
* Voir l'octroi du 10 décembre 1522, réglant la po!ia»des brasseries de cette ville.
* « Au charreton qui meyne la cervoise de Bruxelles, pour madile dame partout où elle va, ij carolus. » Compte de J. de Marnix (n« 1H05 . f» c. - Cet article est répété dans tous les comptes.
i Cort Verhael, lv.
* Comptes d'Anvers, de 1539, cités par M Kmmluiom, Sotirc précitée.
7 Comptes de Bruges, de 1515 à 1555. cités pur MM. V. B»k;aehts et V. Dkljoi tte. Sotice historique sur les impôts communaux de Mrurjrs
* Mémoires précitée, ad ann. 1510. 77
18 florins et 18 florins 12 sous le tonneau '. A Bruxelles, la liière de mars se payait ! florin 5 sous 9 deniers l'aime; la cuyte 1 florin 3 sous; la hoppe 8 sous 9 deniers 2; la bonne cervoise de Malines coûtait 6 florins le tonneau 3 ; la cervoise de Delfl, 6 florins, 7 florins 4 sous et 7 florins 10 sous le tonneau 4 ; la bière de Frise 24 et même 42 florins la demitonne '; la cervoise de Hambourg 24 et 30 florins la tonne6; la bière d'Angleterre 72 sous le quartaut 7.
• « l'ng demjf tonneau de bière, de la valeur de j livre xij sols de gros. » Compte du 100« denier n» 23358Î. t° dij « j. — « Deux demy tonneaulx de bière, valissant iij livres de gros. . Wtd., f«> iiij « x. - « t'ng demy tonneau de bière, de la valeur de j livre xj sols de gros. .. Ibiii., f° ij • xi iij *•.
- Ouatre tonneaux de bière, ensemble de la valeur de j livre xiij sols iiij deniers gros. » Ibid., f° ij c xxvij »°. — « xviij tonnes de bière, valissans la somrmde iiij livres de gros. •> Ibid., f° ij r Ixx. - « x r polz de bière, valissans xxxvj m)Is gros. .» Ibid . f° tij « vxij »°. - « Deux aimes de bière, valissans ij livret, x sols ilf ,ztos. » Ibid., f- v r xl.
1 « Item, aen ij wynvaten om mertsbier op te tonnen, ij st. gros. » Comptes de l'hôpital Saint-Pierre, 4519-1520. — ■« Voer 1/2 ame meertsbiers, iij st. ij cl. pçr. vj m. « Ibid.. 1520-1521 - Noi r j ame cuyte, xxiij st. » Ibid.. l5i!H5oo.
« Item, aen boppe binnen desen jaere gedronoken, xj gr. » Ibid.. 1 550-4551 .
■ Voer xviij amen hoppe n, xiij gr. » Ibtd., 1551-1552.
' « A Jherosme Van l asroe. brasseur, résident a Malines, la somme de sept livres du prix avant-dit. pour sept tonneaux de cervoise, pour la despense des filles d bonneur et aullres demoiselles de madite feue dame. «. Compte de la veuve et des hoirs de J. deMarnix, fw ij r v v» ^n» 1832).
■ Douze tonneaulx de servoise de Delfl, valissans ensemble xij livres de gros. — x.xx tonnes de .servoise de Delfl, xxxvj livres de gros. — viij tonne.» de servoise de Delfl. x livres de gros. — vj tonnes de servoise de Delfl, vj livres» de gros. - xxv tonnes de servoise de Delfl, xxx livres de gros. » Compte du 100e denier (n° 23358), f° vij e xxiij.
' <• L ue demy tonne de bière de Frize, iiij livres de gros. » Ibtd.. I* ix r xxix.
— «v demy tonnes de bière de Frize. xxxv livres de gros. « Ibtd., i° il c xxxvj. ' » l ne tonne de servoise de Hambourg, iiij livres de gros. » lbul-, f- \j «
iiij « xviij. — « iiij tonnes de servoise de Mamboureb. xx livre* de gros. » Ibtd , fu vj « iiij " xix *°.
* « Ud« quarleau bière d Angleterre, valissans xij sols mos. « Ibid., f" niij xij *"
Les vins constituaient une |>artie importante du commerce, et devenaient, de différentes manières, une branche productive de revenus pour le souverain \ De nombreux documents prouvent l'existence de vignobles dans la plupart de nos provinces. « On trouve dans les villes 2 et dans les villages des Pays-Bas, dit Guicciardin, des vignes de diverses espèces 3; mais peu dans les champs. Le climat ne leur est guère favorable; cependant aux environs de Louvain et de Xamur, dans quelques parties du Luxembourg et du pays de Liège, on les cultive avec succès. Le vin quelles produisent est rude el verdelet, parce que le raisin ne peut venir en pleine maturité. « Toute l'Europe connaissait le vignoble de Louvain, où les vignerons étaient si nombreux que, sous le règne de Maximilien, ils y allumèrent mainte sédition 4. « Au xv' siècle, les ducs de Bourgogne avaient aux environs de cette ville un vignoble dont le produit était servi sur leur table avec celui des crus de Bruxelles, d'Aerschot, etc. Ce n'est pas pourtant
« De deux deniers parisis que l'empereur a droit de prendre sur chacun lot île vin. vendu à broche durant la franche feste de Court rai » Compte de P. de (■rénovai, précité (n° 2713), f° Ixvij. — « Des courtiers de viu de Rin au Dam, pour une pipe de vin qu'ils doibvent chacun an a l'empereur, a cause du courtage il lecq. » Ibirl., î" xxvij »°. - « De deux deniers parisis que l'empereur a droit de prendre suc chacun lot de vin vendu durant la franche féted'Audenaerde, qui est chacun an à la Saint-Remi. trois jours devant la feste. trois jours la fête durant, et trois jours après. » Ibirl., f° Ij. — « De deux deniers parisis, que l'empereur prent sur chacun lot de vin vendu la franche feste de Neufport. durant es cinq jours d'icHle. « Compte de Ci. de Ronck. précite (ii° 2976), f° xvij. Etc.
' Juan Christoval de Calvete de Estrella , qui accompagna Philippe dans les Pays-Bas en 1549, dit que Louvain renfermait dans ses murs des vignobles et des champs. — Voir aussi I Histoire fie Bruxelles.
ï M. A. Waulers, dans son beau travail sur les en\ irons de Bruxelles, a niftMlé cette particularité que dans la plupart des villages il existe ou a existe des lieux appelés dm Wyngarrt. I. xvi, note 3.
« M. V Dknam. Soliresur les anciens impôts de In ville de louvain
que ces souverains ne pussent se procurer d'autres vins, car Bruges avait alors l'entrepôt de ceux de France pour le Nord ; d'ailleurs, les ducs de Bourgogne possédaient encore d'autres vignobles que ceux de Louvain ; seulement cette circonstance montre combien on estimait alors ces derniers '. » La vendange dans la franchi e de Louvain donna, en 1552, 1,999 aimes 2; en 1555, elle fut plus considérable encore3, et en 1554, elle produisit 1,506 aimes4.
Indépendamment du vignoble cultivé pour les besoins de sa table, le souverain en avait d'autres à Louvain, qui étaient donnés h ferme 5. Il en possédait aussi à Xamur6, et jusque dans le parc de Bruxelles, se trouvait un clos fournissant un vin préparé «h la mode de ceux de Bourgogne7. «Celte dernière
" Soiavis. Messager des sciences historiques, 4833, 485.
' « Quittance de v f liij " xix livres accordée à ceux de la ville de Louvain. touchant l'impôt qu'ilz doibvent de xix e iiij « xix aimes de landlwvn creu a I entour de ladite ville. » 3 janvier 1553. Registre aux dépèches et mandements des finances (n° 20742), aux Archives du royaume.
' « Mandement de finances pour faire payer par le receveur des aydes de Brabaut aux bourgmestres et eschevins de Louvain, la somme de xiiij • livres xvj sols vj deniers, et ce pour l'impôt de leur lanlwyn qu'ils ont payé pour les années lij et liij. » Il janvier 1854. ibid 'n* 20743).
« « Quittance de iiij « |j livres xvj sols, accordée aux bourgmestre, eschevins et conseil de la ville de Louvain. qu'ilz doibvent à cause de xv « vj aimes de landtwin creu en la franchise dudit Louvain. » 34 août 4 555. ibid.
' « Quittance de xlv livres xvij sols vj deniers, pour les fermiers des vignobles de l'empereur à Louvain . à quoy montent les trois quars de leur ferme. • 28 janvier 4543. ibid. ( n» 20736).
H '• Quittance pour Martin le Ridart, de la somme de iiij ' mailles de xvj sols pièce, et en tant moings qu'il doibt de reste, à cause de la ferme des vignobles de l'empereur à Namur. ■> 45 février 4551. Ibid. (n° 20744).
" « A ung Bourguignon, serviteur de maître Pierre Roisot. maistre de la chambre des comptes à Hruxelles, la somme de six livres, dont madame luy a fait don en faveur de la paine qu'il a prins à avoir fait les vins du vinoble du parc estant derrière l'hostel de l'empereur audit Rruxelles, à la mode de ceux de Rourgoingne. » Compte de J. de Marnix, de 1525 | n° 4804 ).
COMMERCE. - INDUSTRIE ACRICl'LTL'RE.