‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 12 sur 73 · PAIX AVEC LA FRANCE. BT · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LA FRANCE. BT

s'ils désiraient être compris dans la couventioD, sept semaioes plus tard; elle devait durer jueqa^ la fin d'octobre i497. Cette trêve fut prolongée par la suite, et, après la mort de Charles VIII, finit par ud traité de paix définitif, signé à UarcoQàsi, le S août 1498.

C'est dans les discussions auxquelles ces arrangements donnèrent lieu qu'il fut pour la première fois question du partage du royaume de Naples entre les deux puissances, projet qui fut effectué quelques années plus tard. D'après Comines, la proposition riot de la cour d'Espagne, bieo qne celle-ci jugeât convenable de désavouer te fait; les écrivains castillans, au contraire, prétendent qu'elle fut faite par les Français, qui entrèrent même dans tes détails du partage adopté par la suite, d'après lequel les deux Calabres furent assignées à l'Espagne. Quoi qu'il en soit, on ne peut guère douter que Ferdinand ne nourrit depuis longtemps le dessein de faire valoir, un jour ou l'antre, ses prétentions snr le trône de Naples; ainsi que son père et toute la nation même, il avait vu avec mécoatentemeut passer à une branche ill^itime de sa famille une couronne, qu'il considérait comme sa propriété l^itime, achetée avec l'or et le sang de ses sujets; il avait surtout pris ombrage en voyant Frédéric arriver au pouvoir avec l'aide des Angevins, les anciens ennemis de la maison d'An^n.

L'envoyé castillan, Garcilasso de la Vega, conformément i ses instructions, pria le pape de refuser l'investiture à Frédéric, mais en vain, car Alexandre VI, dont la famille s'était alliée k celle de Naples, avût les mêmes intérêts que celle^i. Dans cet état de choses, on se demandait quel parti prendrait Goosalve; le prudent général jugea le nouveau roi trop bien soulenn par l'aifection de son peuplcj pour qu'il fût sage de

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rinquiéter ; il ne restait donc à Ferdinand qa'à se cooteater de garder les places fortes, qai loi avaient été remises comme garantie du remboursement de ses frais de guerre, et ii entretenir les relations qu'il avait nouées dans la Catabre, pendant le^ dernières campagnes, de manière il pouvoir agir vigonreusemeat, quand l'heure serait venue.

La conduite de Ferdinand, pendant tonte la durée de la guerre d'Italie, avait considérablement ajouté en Europe à sa réputation de sagesse et de prudence; elle conlrastait avec celle de son rival, Charles VITI, dont le premier ael« avait été la cession d'un territoire aussi important qae le Roussilton. La rédaction du traité relatif à cette cession avait, il est vrai, exposé le roi d'Aragon au reproche de duplicité; mais il ne s'était pas mis en opposition avec les maximes immorales du temps; aussi passait-il simplementpour un politique subtil et msé, tandis que, d'an autre côté, il se présentait au monde dans une altitude imposante, comme le champion de l'Église et le défenseur des droits d'un parent opprimé. Son influence avait été sensible dans tout acte important, de l'ordre civil on militaire ; il avait travaillé activement, au moyen de ses ambassadeurs à Gènes, à Venise et à Rome, à former la grande confédération italienne, qui contribua à briser la puissance de Charles vm ; ses représentations avaieQt.plus que toute autre chose, réussi à éveiller la jalousie de Sforza, à fixer la politique vacillante d'Alexandre VI et & vaincre les hésitations et les lenteurs de Venise. Il avait montré une énergie soutenue dans l'action ; le succès de la campagne fut, en grande partie, dû k la diversion qa'il fit dans le Roussillon et pins encore dans la Calabre; il n'avait pas fait des dépenses extraordinaires pour ce dernier pays; la raison en était, en partie, le man-

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