CHAPITRE XI
RDPTVBB ATIC Li rKlNCE.
Rupture entre la France et l'Espagne, — Hetroite de Qonaalve à Bsr< lettA. — Caractère cheT&leresiiiie de la guerre. — Tournoi près de Trani, — Rencontre entre Bajard et Sotomajor. — Détresse des Espagnols B Ëarletta. — Lear tésolation, — Prise do Ruto par Gonsalve. — Prépantife de départ i Barletta.
Od ne devait pas attendre que le traité de partage entre la France et l'Espagne, fait si manifestement au mépris de tonte bonne foi , durât plus longtemps qu'il ne conviendrait aux intérêts des deux parties. Le monarque français, paraît-il, avait décidé, dès le premier moment, de n'en tenir ancuo compte, ane fois en possession de sa moitié de royaume, et, à la cour de Gasiille, les esprits clairvoyants prévoyaient que Ferdinand en ferait tout autant , lorsqu'il sérail en mesure de revendiquer ses droits avec succès.
Les deux parties ensseut-elles même été de bonne foi, un arrangement qui démembrait si violemment un État ancien, ne pouvait guère subsister longtemps, et mille sujets de contestation devaient sui^ir entre deux rivaux placés en
3^ RËfiNB DE FERDINAND ET D'iSABBLLE.
présence, les armes à la maia, et convoitant on riche batia, que chacuD réclamait comme lui appartenant. Aussi une rupture était-elle înévitable; elle éclata plus tât peut-être qu'on ne l'avait prévu et avant que le roi d'Aragon ne fût prêt à la lutte.
Celte rupture eut pour cause immédiate les termes trop vagues dans lesquels était couça le traité, doot les bases étaient vicieuses; car la division du royaume en quatre provinces ne répondait à aucune division ancienne ni moderne; d'après cette dernière, il y avait douze provinces. La partie centrale, comprenant la Capitaoate, la Basilicate et la Principauté, donna lien à de vifs débats entre les parties, qui prétendaient chacune l'occuper, comme une partie de sa moitié. Les Français n'avaient aucun motirpour disputer k leurs rivaux la Capitaoate, la première de ces provinces et de beaucoup la plus importante, ji cause de la tase prélevée sur les innombrables troupeaux qui, descendant des montagnes des Abruzzes, passaient l'hiver dans ses vallées ' ; mais il était plus difficile de dire à qui appartenaient la Basilicate et la Principauté. C'était, oo peut le croire, ï dessein que les signataires du traité y avaient répandu cette obscurité, lorsqu'il eût fallu se servir de termes très précis.
Gonsalve n'avait pas encore achevé ta conquête de la partie méridionale du royaume et assiégeait encore Tarenle, lorsqu'il apprit que les Français avaient occupé plusieurs places dans la Capitanate et dans la Basilicate. Il envoya aussitôt un corps de troupes pour protéger ces provinces et,
* lia oknse da traité de portage, d'aprèa laquelle les Espagnols devaiwt percevoir la taie sur les troapeaux , i leur descente du district Enufaii des Abnuzes dans la Capitanate, prouve suffisamment que l'intenldoii des partias ooDlragtaiitea était d'assigner catte dendèie province à rXi
RCPTUHB AVBC LA FRANGE. Bl
apris la prise de Tarante, il marcha vers le nord avec tonte son année, ponrles eonvrir; mais, comme il n'était pas prât à coroetencer imtnédiatemeat les hostilités , il ouvrit des D^^atioQS, afin de gagner du moins da temps, s'il n'obtenait aucno antre avantage ^
Comme on devait s'y attendre, il était impossible de concilia les prétentions des deux parties et de les amener à on compromis; les deux commandants en chef enreni nne entrevue, le 1" avril i503, et il y fut simplement convenu qo'ils conserveraient leurs positions, en attendant des ordres explicites de leurs gonveroements respectifs.
Ancnn des deux monarques ne donna de nouvelles instructions. Ferdinand se borna à recommander à Goosalve de retarder le pins longtemps uoe ru{)tHre ouverte, afin de lui donner le temps d'envoyer des renforts et de s'allier avec d'autres puissances européennes. Mais, quelles que fussent les dispositions pacifiques des deux généraux, ils ne purent contenir les passions de leurs soldats, qui, mis en présence, se regardaient avec la férocité de boule-dogues, prêts à briser leurs chaînes pour se mordre. Des actes d'agression forent bientôt commis de part et d'antre, et de part et d'autre on se les reprocha, bien qu'il y eût, parait-il, plus de motifs de les attribuer aux Français, car ceux-ci étaient bien mieux préparés h la lutte que les Espagnols, et ils eommaicèrent la guerre avec tant d'ardeur qu'ils envahirent non seulement les provinces contestées, mais encora la PoDÎIIe, assignée explicitement i leurs rivaux.
La cour d'Espagne essaya vainement d'intéresser k sa
* Goosalve, dut km iqiport uix aouvenini bot ma événements, signale • Pintmpjnooe de luigtge et de numiiraa ■ du vioe-roi et de d'AUgre ; cette partie de Ift lottie «t en (AiAw.
es RËCSE DE FEBDINAHD Et D'ISABELLE.
caase les autres puissances earopéennes. L'emperear Haximilien, bien que mécontent de la conquête du Milanais, n'avait pas d'autre idée que celle de se Taire coorpnoer à Rome. Le pape et son fils. César Borgia, s'étaient élroitemeot alliés avec Louis X[I, qui les avait aidés dans leors expéditions contre les cb^s de la Romagne. Les antres princes italiens, si iudignés qu'ils fussent de cette inRtme alliance, redoutaient trop la puissance colossale qui avait mis pied sur leur territoire, pour lui offrir aucune résistance. Venise seule, embrassant du baut de son phare lointain, pour emprunter les expressions de Martyr, tout l'horizon politique, paraissait hésiter; les ambassadeurs français la sommaient d'exécuter son traité avec leur maître et de soutrair celui-ci daus une guerre imminente, mais la prudente république voyait avec défiance l'ambition croissante de ma puissant voisin et espérait secrètement que l'Aragon surirait de contrepoids à celui-ci. Martyr, qtii s'arrêta k Venise, k son retour d'Egypte, parut devant le sénat, en octobre ioOt , et employa toute son éloquence pour le convertir aux intérêts de ses souverains; mais on voit par les lettres dans lesquelles il suppliait ceux-ci d'expédier dans cette ville, comme ministre résident, un habile diplomate, qu'il ne se faisait pas illusion sur leur situation critique.
Les lettres de ce sagaee écrivain, pendant son voyage dans le Milanais ^ sont remplies des plus sombres prédictions sur l'issue d'une lutte à laquelle les Espagnols étaient si mal préparés, tandis qu'il assistait partout, dans le nord
I Le toiL libre et familier de la corrEsponduioe de M&rlyr offre na piquant exemple de l'intimité dsna laquelle les souverains , contieveiuiit à la raids étiquette de leur oonr, admettaient les hommes de sdeoce et âa milite, sans distinction de rang. — Opta Spkktanm, ef. S30.
RDPTDRB ATEC U rRAHCB. SB
de rilalie, aux préparatifs broyants des Français, qui anoMiçaient baatement lear iolenlion de efaassw leurs ennemis, noDseulementdaroyaumedeNapIes, mais de la Sicile même,
Louis XII surveilla ces préparatifs en personne, et, pour se rapprocher du théâtre des opérations, il passa les Alpes, en juillet 1502, et s'établit à Asti. A la fin, toutes ses dispositions ayant été prises, il provoqua un dénouement et ordonna à son général de déclarer la guerre aux Espagnols, s'ils ne sortaient pas de la Capitanate, dans les vingt-quatre beures.
L'armée française de Naples comprenait, d'après les écrivains de cette nation, mille hommes d'armes, trois mille cinq cents Français et Lombards et trois mille làniassins suisses, outre des tronpes napolitaines levées dans tout le royaume par tes barons angevins. Le commandement en avait été confié au duc de Nemours, descendant de l'ancienne famille des Armagnac, jeune homme intrépide et chevaleresque, qui devait à sa parenté plus qu'à ses talents d'avoir été préféré an vieux d'Aubigny, pour occuper le poste difficile et périlleux de vice-roi. Ce dernier seigneur avait voulu donner sa démission, mais il céda aux instances du roi, qui le pria de ne pas se retirer au moment même où ses conseils étaient plus que jamais nécessaires pour suppléer à l'ineipérience du duc. Toutefois la jalousie et l'obstination de celui-ci contrarièrent les vœux du monarque, et ta mésintelligence des deux chefs, soutenus chacun par un parti, amena an funeste désaccord dans leurs mouvements.
Ces ofiiciers étaient secondés par quelques-uns des meilleurs et des plus braves chevaliers français; citons, entre antres, Jacques de Chabannes, plus connu sous le nom de sire de La Palice , favori de Lonis XII , qui rendait justice k
tu KëONB H FERBINARD ET D'ESABBLLB.
sôB mérite ; Louis d'Are ; Ives d'AIègr« , frère de es Ptéey qiî se readil célèbre dans les gaerres de Charles VUI; enfio, Pierre de Bayard, le chevalier « saas petit et sans reproche, > qui débutail alors dans une carrière glorieuse oi il devait réaliser lonles les p^ections imagÎDaires de la chevalerie.
Malgré la faiblesse onmérique des Fraaçais, GonsaWe de Cordone o'élait pas en état de leur tenir tèle. Il n'avait fixa reçu de renroris d'Espagne, depuis le jour de son arrivée dans les Galabres; sa petite armée de vétérans n'était ni équipée ni même habillée convenablement , et il n'était pas sAr de l'obéissance de ses soldats à qui l'on devait de forts arriérés '. Depuis le moment où la situation avait pris na aspect menaçant, il avait, sans perdre de temps, rappelé les détachements qu'il avait disséminés dans les Calabres, et les avait réunis it Atella, dans la Basilicate, où il avait lui-même pris ses quartiers. Il était également entré en correspondance avec les barons, partisans de la maison d'Aragon, qui étaient très nombreux et très puissants dans les provinces septentrionales du royaume, assignées ï la France; il fut particolièrement assez heureux pour gagner les deux Colonoa, qui, par leur autorité, leurs relations de famille et leur grande expérience militaire, lui rendirent d'inestimables services *.
Néanmoins Gonsalve, comme nous l'avons dit, n'était pas
' Les lettres de Martyr dans oe moment critique sont pleines de aolliottatlons , d'ugnments , de prières, pour exciter les sonveiains à sortir de leur ^Mtthie et à prendre des mesures pour s'assurer l'amitié cttancelants de Vfnise, ainsi qu'à Tenir pins effîoaoement en aide à leon troupes en Italie. Ferdinand écouta le premier de oee conseils, mais se montra siagn.librement sourd au second .
* Frosper Colonna, en partionlisr, n'était pas moins distingué par n aveuoe militaire qoe par son amoar pour les lettres et ka aita, qn'il pn-
UPTintB KVeC LA FIANCE. ttS
prêt i soutenir nne Istte qu'il lui étah impossible de retarder, itkDt sommé péremptoirentent d'évacuer la Capitasate; h cette ÏDjoDclioa, il répondit sang hésiter t que la Ca|»itftnate appartenait légilieaeineDt à son maître, et qn'avee l'aide de Diev ■) la défendrait contre le roi de France ei contre tout enviAisseor. >
Cependant, malgré cette Gère réponse, le Grand Capitame ne JHgea pas prudent d'attendre t'attaque des Français dans la position qu'il occupait; il se retira immédiatement, av«e la pUs grande partie de ses tronpes, il Barletta, ville forte anr les confins de h Popille et port sur l'Adriatique ; il pouvait ainsi recevoir des secours par mer ou se réfugier, en cas de besoin, à becd de la flotte espagnole qui gardait les côtes de la Calabre. Il distribua le reste de son armée k Bari, Aadrta., Caaosa et dans d'antres places voisines.où il espérait q>ece« troDpes pourraient tenir jusqu'au moment oti, ayant reçu les renforts qu'il demandait ioslamment à la Sicile et k l'Esp*gne, il pourrait engager la lutte avec ses adversaires dans des conditions plus égales.
Pendant ce temps , les officiers français différaient d'optr aion au sujet du plan de campagne k suivre; quelques-nas voulaient assiéger Bari , où commandait l'illustre et infortanée Isabdie d'Aragon; d'autres, plus chevaleresques, refusaient d'attaquer nne place défendue par une femme, et conseillaient de donner 8ur-Je>champ on assaut à Barletta même, dont les remparts, vieui et en mauvais état, crouleraient bientôt, si les assiégés ne s'empressaient pas de se rendre. Le duc de Neœoun, prenant un milie» entre ces
t%e* nagniflqnement, sa lapport da 'nraboAchî. Rnil Jore a [^icé wn [Mwtcul duu m géeào d'hemnm 31a>tra, qa'i) peignit, il bat l'kTOMT, o^'oiKtiabe.
an RËGNB DE FERDINAND ET d'iSABELLE.
deox opinioDS, résolut d'investir celte deroière ville et de la réduire au moyen d'un blocus régulier, en lui coupant toutes communications avec le dehors. Ce plan était, saos donte, le moins acceptable de tous, car il devait avoir pour résultat de laisser se refroidir cette ardeur, cette < furia francese, > comme l'appelaient les Italiens, qui faisait surmonter aux Français tant d'obstacles, tandis qu'il devait faire ressortir l'inflexible résolntion et le calme, rinfatigable patience qui distinguaient les Espagnols.
Le vice-roi commença par assiéger, le â juillet 150S, Cauosa, place très forte, à l'ouest de Barletta, od étaient renfermés six cents faommes d'élite, sons les ordres de l'ingénieur Pedro Navarro. Ce vaillant ofQcier justifia, en cette occasion, sa faaute réputation ; il repoussa deux assauts successifs, conduits par Bayard, La Palice et d'autres guerriers, la fleur de la chevalerie française. Décidé à s'enterrer sous les ruines de la ville plut6t que de se rendre, il se préparait à en soutenir un troisième; mais Gonsalve, impuissant aie secourir, lui ordonna de capituler aux meilleures couditioDS qu'il pourrait obtenir, disant < que c^ poste était trop peu important pour y sacrifier la vie des braves qui le défendaient. > Navarro obtint sans peine une capitulation honorable, et la petite garnison, réduite des deux tiers, traversa le camp des assiégeants , drapeaux flottants et musique ea tête, comme pour railler la puissante armée qu'elle avait si héroïquement tenue en échec '.
* Pierre MMijr dit que les Espagsob Inversèrent le camp ennemi en cmnt ! ■ Eipana.' Eipanaf Fiva Etpana! • — (tJbi supra.) — Lab»- Tonre des Espagnols dans la défense de Canosa leur valut de chaleuraii éli^ei de U part de Jean d'Anton, le fidàle bistoriogr^he de Louis SU : > Je ne venlx donc par ma Chronicqne mectie les biens&icts des Espâignols
RUPTURE AVEC U FRANCE. tt7
Après la prise de Canosa, d'Aobigny, toujours broDÎIlé a'vec le vice-roi, fut envoyé avec ua pelit corps de troupes dans le sud. pour opérer la conquête des deux Calabres. Sur ces eotreraites, le duc de Nemours, ayant cherché vaiuement à réduire plusieurs places Tories gardées par l'ennemi, aux environs de Barletta, tenta d'affamer cette ville en dévastant les campagnes environnantes et en s'emparant des troupeaux qui parcouraient ces gras pâturages.
Les assiégés ne restèrent pas oisirs, de leur côté ; ils sortirent par petits détachements, arrachèrent quelquefois k l'ennemi te butin dont il était chargé, l'inquiétèrent par de feintes attaques, l'attirèrent dans desembuscadesetlui opposèrent une lactique irréguHère à laquelle il était peu habitué.
La guerre commença dès lors à prendre, en grande partie, l'aspect romanesque de celle de Grenade. Des deux côtés , les cavaliers, non conlenls des escarmouches ordinaires, se provoquaient à des joutes, à des tournois, où ils brûlaient d'étaler leur supériorité dans les nobles exercices de la chevalerie. Une rencontre des plus mémorables eut lieu entre onze Espagnols et onze Français, au sujet de certaines remarques injurieuses faites par des compatriotes de ceux-ci sur la cavalerie de leurs ennemis, qu'ils déclaraient inférieure à la leur. Les Vénitiens offrirent aux combattants une plaine, sur un territoire neutre, sons les murs de leur propre ville de Traoi ; une brillante troupe de chevaliers des deux nations devait former la garde et maintenir l'ordre du combat. Au jour lïxé, SO septembre 1502, on vit paraître les champions, armés de toutes pièces, montant des chevaux
en onblj, mais dire que pour TertneoH defenoe, doibreat Hoir loungB - Itononble. • ~- ffitt. dt Lo^i XII~, ctiap. H.
91S RÈGNE DE FBHDINUID ET d'iSUELLE.
richement caparaçonnés et bardés de fer conme leare maîtres. Les murs et les toits des maisons de Trani étaient cooverts de spectateurs; aui abords de la lice se pressaient d«s guerriers des deux armées; on eût dit que, poar eeux-ei, l'bonneur de leur pays dépendait & un certain point de l'iasoe de la lutte. Parmi les Castillans, on remarquait Hiego de Paredea et Diego de Vera ; leur plus illostre advenaire élak le brave Bayard.
Les trompettes ayant donné le signal convenn, le» centbattanls s'élancèrent en avant; trrâ Espagnols furent désw^ çonnés du premier coup et quatre chevaux tués, de l'antre côté. Le combat, qui avait commencé à dix heures du matiai. ne devait pas, eût-on dit, se prolonger josqu'^ la anit; loo^ temps avant le coucb» du soleil, tous les Français, à l'exceptioB de deux, dont l'un était Bayard, avaient vidé In arçons, et leurs chevaux, pins maltraités que les cavatiera^ avaient été mis hors de combat ou tués. Les Castillans, doM sept étaient encore à cheval, serraient de près leurs advei^ saires, et la fortune de la journée n'était pies douteuse. Cependnnt, ceux-ci, se retranchant derrière les cadavres de leurs chevaux, se défendirent vigoureusement, et les assaillants s'efforcèrent en vain de faire franchir cette barrière k lenrs coursiers effrayés. La nuit vint sur ces entrefaites, et comme les combattants étaient, de part et d'antre, restés maîtres du terrain, on ne décerna pas la palme de la victoire; on déclara que les uns et les antres s'étaient cooqnrtés ea bons et vaillants chevaliers.
Le tournoi fini. Français et Espagnols se rejoigoireot m milieu de l'arène et se donnèrent l'accolade, selon les nsages de la chevalerie; ils se r^nireot dans un banquet et ■ fir^t chère He, » selon l'expression d'oo ancien chroniqneinr.