RDPIUBE AVEC LA FRANCE
avant de se séparer. Le Grand Capitaine ne se montra pas satisfait de l'issae du combat. « Noos avons au moins, > lui dit un des Castillans, < rabattu la morgue de nos ennemis et lear avoDs prouvé que nous sommes aussi bons cavaliers qa'enx. > < Je m'attendais <i mieux, » répondit froidement Gonsalve.
Un combat ï outrance entre Bayard et un seigneur espagnol, nommé Alonso de Sotomajor, qui, ayant été le prisonnier de celui-ci, se ptaigoail d'avoir subi de mauvais traitements, eut un dénouement plus tragique. Bayard avait nié te fait et défié le Castillan de le soutenir en cbamp clos, k pied ou à cheval, Ji son eboix, Solomayor, qui le savait un excellent cavalier, préféra combattre à pied.
A l'heure et au jour fixés, 2 février 1S03, les deux chevaliers entrèrent en lice, armés de l'épée et de la dague, et portant nne armure complète; avec une témérité rare dans ces rencontres, ils avaient levé la visière de leur casque: Tous deux, s'agenouillant, prièrent quelque tempsen silence, puis, se levant et faisant le signe de la croix, ils s'avancèrent Pun au devant de l'autre, < le bon chevalier Bayard marchant, > dit Brantôme, ■ d'un pas aussi léger que lorsqu'il conduisait nne belle dame à la danse. >
L'Espagnol, qoi était grand et robuste, essaya d'étourdir son adversaire en loi assénant des coups terribles et de le saisir à bras le corps pour le renverser. Bayard, mdins fort qae loi, était encore affaibli par une fièvre dont il n'était pas ealièrement guéri , mais il était plus léger et plus habile ; aussi réussit-il non seulement à parer les coups de Solomayor, mais à lui en porter de temps en temps, tout en le troublant par la rapidité de ses mouvements. A la fin, le Castillan ayantperdu son équilibre par suite d'un coup mal
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dirigé, Etayard le frappa mi goi^rin avec tanl de violence qae celui-ci livra passage ï son épée, qoi traversa la gorge de SolofDaTor. Exaspéré par la souffrance, le blessé rassembla toutes ses forces et s« jeta snr te Français ; tons deux roulèrent par terre et, avaat qa'ils se fassent dé^gés, Bayard qui avait, tout le temps, gardé son poignard dans li vain ^nche, tandis qae son ennemi laissait le sien b sa «eininre, Fen Rrappa sous l'œil avec tant de vigoeor qu'il traversa le cerveau de part eo part. Après que les juges eorenl décerné i Bayard les hoaiteurs de ta journée, les trompettes sonnèrent, selon l'babitude, pour féliciter le vainqueur, mais celui-ci leur imposa silence et, après avoir remercié Dieu à genoux, sortit à pas lents de Carène, en disant qa1I eût été charmé de voir le combat finir autrement , pourvn que son honneur eât été préservé.
Dans ces joutes, dans ces toamois, décrits très longuement et avec chaleur par les chroniqueurs dn temps, od voit briller les deraières Iwurs de cet esprit chevaleresque qui éclaira les ténèbres du moyen &ge. Si ces jeux paraissent grossiers, comparés aux passe-temps de siècles plas policés, la magnificence, la courtoisie, les sentiments d'hoDneur qui s'y déployèrent font que ces spectacles adoucissait jusqu'à un certain point la mde physionomie de cette époque.
Tandis que les Espagnols, renfermés dans les murs de Fantique cité de Etarletta, cherchaient, par ces exercices ou par des incursions dans I« voisinage, à rompre la monotonie de leur vie, ils souffrirent beaucoip do manque de maaitions , de nourritsre , dliablUementa et des choses les plus nécessaires; on eût dit que leur roi les avate abaodonDés à leur sort, dans cette position désespérée , sans tenter même
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ancuD eSbrt ponr les secourir ^ Combien c«tte iadifférence contrastait avec h sollicitude toute Daaternelle, avec laquelle la reine veillait sur ses soidata , dans la longue lutte contre Grenade! II ne parait pas qu'Isabelle ait pris aucune part à la direction de ces guerres, qu'elle regarda probablement, dès le premier jour, qaoiqu'un grand nombre de ses sujets s'y Tussent engagés, comme concernant tout aussi exclusivement l'Aragon, qne les conqsëtes faites dans le noaveau moDde concernaient la CastilJe; en réalité, avec quelque ÎDtérèt qu'elle suivit oes eipëdilions, le mauvais état de sa saDté, à cette époque, ne lui permettait pas de s'eu occuper.
GoDsatve ne s'abandonna pas dans ce moment critique, et son courage pamt grandir k mesure que tout lui manquait. Il s'efforça de ranimer l'ardeiu* de ses troupes, en leur promettant de prompts secours, en leur disant qu'il attendait ds la Sicile de grandes quantités de grains, d'Espagne et de Yenise des hommes et de l'argent. Il fit même, d'après Jove, coorir le bruit qu'il avait dans sa chambre un grand coffre, rempli d'or , qu'il viderait eo cas d'absolue nécessité ; mais, ajoute lliistorien, les vétérans secouaient la tête d'un air de donte, quand leur général leur parlait ainsi ; cependant ils commeocèrrati à le croire, lorsqu'ils virent, peu de temps après, arriver de Sicile une barque chargée de blé et de Venise une autre, avec des provisions et des vêlements, que Gonsalve acheta , en son nom et en celui de ses principaux t^ficiers, pour les distribuer gratuitement entre ses soldats.
En ce moment, le Grand Capitaine apprit avec peine qu'on faible corps de troupes, qui avait été envoyé d'Espagne
* D'après Uai^, les aasiëgés avaient tellement sonOert de la faim pendant quelque temps, que Gonsalve avait formé le projet d'embarquer toota sa petite ganûaou bot la flotte et d'abandonner la place à l'ennemi,
s» RËCNE DE FERDINAND Kl 0 ISABELLE.
à BOD secours, soas les ordres de don Manael de Boiavides, et s'élait joint à un autre pins considérable, venant de Sicile et commandé par Hogo de Cardona, avait élé surpris par d'Aobigny, près de Terranova, le âS décembre 1503, et mit en déroute complète. Ce désastre fut suivi de la soumissioa des Calabres, que ce dernier général , à la tèle de ses geos d'armes fraoçais et écossais, parcourut d'une extrémité i l'autre, sans rencontrer aucune opposition.
La petile garnison de Bartelta voyait l'horizon s'assombrir de plus en plus autour d'elle ; la déraite de Beuavides lui àisàl tout espoir d'être secourue bieotdt; le duc de Nemours, i)oi avait successivement pris la plupart des places fortes de la Fouille, lui coupait toutes communications avec les environs, et une flotte française croisant dans l'Adriatique lui faisait craindre de ne recevoir par mer ni des provisions, ni des renforts. Gonsalve cependant affectait le même enjouement, le même calme qu'auparavant, et s'efforçait de communiquer son énergie à ses soldats. Il comprenait parfailement le caractère de ses compatriotes, connaissait toutes leurs ressources, s'efforçait de réveiller chez eux des sentiments d'honneur, de fidélité, d'orgueil, d'amour-propie national ; l'empire qu'il avait pris sur eux , l'affection qu'il leur avait inspirée par la douceur de ses manières et sa générosité étaient si grands, que, pendant tout ce long et pénible siège, aucun murmure, aucun signe d'insubordination oe leur échappèrent. Mais ni la valeur des Espagnols, ni le génie du Grand Capitaine n'eussent suffi pour sauver les assiégés, sans les fautes graves commises par leurs adversaires. Gonsalve, qui jugeait bien le duc de Nemours, attendait patiemment, comme un habile tireur, le moment où son ennemi lui offrirait un point vulnérable; l'occasion qu'il