RUPTURE AVEC LA FRANCE
désirait se présenta enfin an commencenieat de l'année 8dî- Taale, en janvier 1503.
Les Français, non moins Tatigués qae les Espagnols de leur longue inaction, sortirent de Canosa où le vice-roi avait établi ses quartiers et, passant l'Oranto, s'avancèrent vers Barletta, dans l'intention de faire sortir la garnison de < sod antre, > comme ils disaient, et de trancher le différend par une bataille rangée. Le duc de Nemours, ayant pris positioD, envoya donc un trompette dans la ville, pour défier le Grand Capitaine ; celui-ci répondit < qu'il avait l'habitude de choisir pour se battre son temps et son terrain ; qu'il saurait gré au général français de donner aux assiégés le loisir de ferrer leurs chevaux et de fourbir leurs armes. > A la lin, le duc, après être resté quelques jours sous les murs de la ville et avoir reconnu l'impossibilité d'attirer son rusé ennemi dans la plaine, leva le camp et se retira, lier de ses vaines, bravades.
Le duc ne s'était pas plus tôt mis en marche, que Gonsalve, qui avait eu peine à empêcher ses soldats de s'élancer sur les provocateurs, donna ordre à Diego de Hendoza de sortir avec toute la cavalerie, qu'il ût soutenir par deux corps d'infanterie, et de poursuivre l'enaerni. Meodoza partit rapidement et, précédant les fantassins, tomba sur Tarrière-garde française à peu de distance de Barletta. Celle-ci tourna tète immédiatement pour recevoir la charge, et , après une courte escarmouche , Mendoza battit en retraite, suivi de ses imprudents adversaires, qui, par suite de leurs mouvements irréguliers, se trouvèrent séparés du gros de leur armée. Sur ces entrefaites, l'infanterie castillane, qui avait continué d'avancer, attaqua à l'improviste les Français par le flanc et les mit en désordre; au même
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moment, la cavalerie, faisaot rapidement volte-fece ï 11 manière des Mores, tes chargea brusquement de front. Ce fnt alors une déroute coii){»lète; qoelques-ons tentèrent de résister, mais presque tons cbercbèreot à fuir; an petit nombre de Français y réussirent, mais la plupart de ceui qui échappèrent k la mort furent emmenés prisonniers i Barletta, où Mendoza trouva le Grand Capitaine prêta le soutenir, en cas de besoin, avec toute son armée rangée en bataille. Ce combat avait duré si peu de temps, que le viceroi, qui conduisait la retraite en désordre et avait déjà rea- Toyé plusieurs bataillons d'infanterie daus les différentes TÎItes d'où il les avait tirés, ne connut pas ce qui s'était passé avant que tout ne fût uni '.
En ce moment, l'arrivée d'un vaisseau vénitien, chaîné de blé, soulagea momentauéraent les assiégés *, qui bieotit après' reçurent avec joie la nouvelle d'une bataille navale, livrée près d'Otranle, entre les Espagnols, commandés par l'amiral Lezcano, et les Français, sous les ordres de Préjan; ces derniers avaient été complètement défaite H laissaient
' Feu de temps après cette sSaîre, on officiel fhmçoù et des geutibkoinmes itftliena se disputërent à la iaiAe de GonsalTe, &u sujet de certainM «bNTvations ii^uiieiuea faitM par le premier aui la bnionre du peupla italien ; la querelle fut terminée par un oombat à ontrance entre titiie oheraliers de chaque nation. Ce combat, livré avec l'autorisatioii du Gnid CapitaiDO, qui s'iatérewait vÎTement au succès de sea allifs, finit parli débite des Prançais , qui furent tons buts prisoonien. La dceeriptioa dt ce tournoi remplit plus de pag» que la plus longue bataille chei lea biitoriena italiens, dont l'orgneilleuse Batis&ction montre qu'ils ressentuoit ^U9 profoodÉment cette insulte que tout le mal que leur anieot bit la Français.
* Ce seccara était dû i l'avarice da gfnéral français d'Alègra, qui, s'étut emparé d'un magasin de Wé à Fc^ia, le vendit à un marchand v&iCicB, an lien de h garder pour sa propre amée qai ■■ avait b ph» gnid
RUPTORK AVEC U FMRCE. XO.
te passage libre aux eoQTois de vivres que Fod attendait chaque jour de Sicile. La forluoe souriait aux Castillans; quelques jours après, sept bâtiments sicilieoa, chargés de grains, de urines et de différentes provisions, entraient dans le port de Barletia; les assiégés, qui avaient souffert de la faim, virent leurs forces revenir avec leur courage.
Dès lors, les Espagnols commencèrent k se montrer impatieats d'accomplir de nouveaux faits d'armes. La lémérilé du vice-roi leur Tournit bientOt nne occasion. Les babitaots de Castellaneta, ville près de Tarente, poussés à bout par l'insolence et les dérèglements des Français, les clias> s^Qt et livrèrent la place aux Castillans. Le duc de Nemours, furieux de celle défection, se prépara à partir immédiatemenl avec tonte son armée, pour tirer une vengeance exemplaire de ceux qu'il considérait comme des rebelles; il ne voulut pas écouter ses officiers, qui loi re[H^ sestèrent qu'en s'éloignanl il exposait les garnisons des places voisines à une atiaquede leur vigilant ennemi. L'évé> uemenl justifia ces ap^ffébensions.
Aussitôt que Gonsalve eut appris le départ du vice-roi pour une expédition lointaine, il résolut d'attaquer sur-le~ champ Buvo, ville à environ douze milles de là, défèadue par le brave La Palice, avec trois cents lances et autant de fantassins. Toujours prompt, il sortit de Barletia, la «ait même du jour où il avait reçu cette nouvelle, 23 février 1503» avec toute son armée, montant ï près de trois mille hommes d'infanterie et mille de légère et de grosse cavalerie ; U laissa si peu de soldats dans la ville que, pour s'assurer de la fidélité de celle-ci pendant son absence, il jugea pmdent d'emmener quelques-uns des habitants comme otages.
An lever du jour, les Bl^gnols anivèieot devant Bavo ;
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Us ODnireDl inuDéâiatNDeot noe violente canonnade coalre les Tieox remparts de la place, qui, moins de quatre beores après, lui oflirirent une brèche considérable. Coosalve décida alors l'attaque; il se chargea d'emporter la brèche avec une partie de ses troupes, et confia h l'intrépide Diego de Paredes le commandement de l'autre, munie d'échelles pour monter i Tescalade.
Cependant les assaillants rencontrèrent une résistance ï laquelle ils ne s'étaient pas attendus de la part d'adver^ saires si peu nombreux. La Palice, défendant la brèche avec une poignée de gens d'armes à pied, repoussa toutes les tentatives des Castillans, tandis que les archers gascons faisaient pleuvoir, du haut des murs, une ^le de flèches sor les ennemis ; mais ceux-ci se ralliaient bientôt à la voix de leur général et revenaient à l'attaque avec une nouvelle fureur; à la fin, leur nombre augmentant toujours, ils coovrireot les remparts et chassèrent devant eus les Français, qui continuèrent de combattre çà et là, daus les rues et les maisons. Leur jeune et brave commandant, La Palice, recula, la figure tournée vers les Espagnols qui le serraient de près, jusqu'à un mur où il s'adossa, et, dans cette position, il les arrêta pendant quelque temps, la hache à la main ; la lutte était trop inhale, et, à la fin, après une résistance acharnée, il fut grièvement blessé à la télé et tomba; mais, avant d'être fait prisonnier, il lança son épée pardessus la léte de ses adversaires, refusant, en vrai chevalier, de la rendre aux mananls qui le cernaient de tons côtés '.
* La conduite héroïque de La Palice et tout le aiëge de Ruvo sont décrits pac Jean d'Âuton, dans on bIjIb entraînant qui rappelle le cheraleleaqne Proiasart; il y a dans les mÉmoircs et dans les chroniques de ce temps reculi, en Tronce, on charme inexprimable, qni ne provient pu