‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 31 sur 73 · RCPTURB AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

RCPTURB AVEC LA FRANCE

Le combat avait cessé. Les Temmes de Ruto épouvantées avaient cherché ud asile daas une des principales églises de la ville. Gonsalve, avec une humanité rare dans ces guerres barbares, les prit sous sa protection et les mit à l'abri des oalrages de la soldatesque. Après avoir recueilli te butin et s^étre assuré de ses prisonniers, il se remit en marche, sans perdre de temps, et retourna sans obstacle k Barletla.

Le duc de Nemours venait de paraître devant Caslella- ■ela, lorsqu'il reçut la nouvelle de l'attaque de Ruvo ; aussitôt il repartit avec ses gens d'armes et les piquiers suisses, espérant arriver k temps pour Taire lever le siège. Quel fut son étonnement, lorsqu'il ne vit plus dans cette ville aucune trace de l'ennemi , excepté le drapeau de l'Es'pagne flottant sur les murs. Humilié , abattu, il ne tenta plus de reprendre Casiellaneia , mais il se retira et alla cacher sa honte dans les mars de Canosa.

Parmi les captifs, il y avait plusieurs personnages de haut rang; Gonsalve les traita avec sa courtoisie ordinaire, snrtont La Palice, qu'il lit soigner par son propre chirurgien et dont il chercha il adoucir le sort par tous tes moyens. Il ne montra pas autant de générosité envers les simples soldats, qu'il envoya tons ramer sur les galères espagnoles, où ils restèrent jusqu'à la fin de la campagne. Un malheureux diSérend subsistait depuis longtemps entre les commandants français et espagnols, au sujet de la rançon et de l'échange des prisonniers, et Gonsalve ne recourut probablement à celle mesure sévère, si différente de sa clémence ordinaire,

seulement du cuact^ pittoresque des détaHs, maia d'one teinte romantique T^giandae anr ces Ëoritt, Uqnelle évoque dans notre esprit le aon Tenir des h&ats Erùts < des preox ctieTBliers, de Pajnim et des paiis de Ctuule-

3SS RÈGNE DE FEBDINAN» ET D'iSiULLB.

qu'afin de oe pas aacombrer une ville assiégée. IbiSt en réalité, on procédé pareil, si opposé qu'il fût à toute idée d'hamanité, n'était pas contraire à l'esprit d'uae baataine chevalerie, qui, réservant toutes ses faveurs pour la naissanco ou le rang, se souciait peu des gens du peuple, soldats on serfs, qu'elle livrait, sans pitié ni remords, à la merci da vainqueurs insolents et cruels.

La prise de Rovo eut des suites importantes pour les Espagnols; outre un ricbe butin, consistant en vêlemeatft» bijoux, argent, ils emmenèrent avec eux près de mille chsh vaux, qui donnèrent k Gonsalve les moyens d'augmenter sa cavalerie, dont la faiblesse numérique avait jusqu'alors paralysé ses mouvements. Il choisit donc sept cents bommea d'élite, qu'il transforma en cavaliers et qui brûlaient de justifier, à la première occasion, l'honneur qu'on leur avait fait.

Quelques semaines après, le Grand Capitaine reçut un renfort considérable, deux mille mercenaires alleroandsK recrutés, avec la permission de l'empereur Maximilien, par don Juan Uauuel, ambassadeur d'Espagne !t la cour d'Autriche. GoBsalve se décida alors à exécuter hb projet qu'il méditait depuis longtemps ; il était désormais en état de IMrendre l'ofienuve, et il n'avait pas assez de provisions pour nourrir longtemps ses troupes plus nombreuses. Il résoM donc de sortir de Barletta et, mettant à profil L'ardeur que ses soldats avaient puisée dans leurs récents succès, il se proposa de livrer immédiatement bataille à l'ennemi.

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