BATAILLE DE CÉHIGNOLE. UT
comme obligé !i poursuivre la guerre, de toutes ses farces, JQsqu^ ce que ceux-ci lui eussent doané coatre-ordre. »
Les dépêches de l'archiduc étaient arrivées au momeot même où GoDsalve, renforcé par une partie de la garnison Toisine de Tarente , sous le commandenient de Pedro Navarro, se disposait à tenter le sort des armes, en livrant bataille à l'ennemi. Il mil sans retard son projet à exécution et, le vendredi, 28 avril i505, sortit avec toute son armée des murs antiques de Barletta, ville à jamais mémorable par les souffrances extraordinaires et l'indomptable résolution des Espagnols qui y furent assiégés.
Le Grand Capitaine traversa les plaines de Cannes ', où, dix-sept siècles auparavant, Annibal victorieux avait abaissé l'orgueil de Rome, dans nue bataille qui , si elle fut engagée entre des armées bien plus nombreuses, n'eut pas des suites aussi décisives que celle dont ces lieux allaient être témoins. Cette coïncidence est vraiment singulière; on dirait que les acteurs qui jouèrent un rôle dans ces drames horribles, évitant d'ensanglanter le riant domaine de la civilisation , s'étaient choisi un théâtre dans ces régions obscures et écartées.
Quoiqu'on fût seulement à la an d'avril, la journée ^tait
' Ni Foljbe ni Tite-Iiive, qui Font le r&iit te plus détaillé de la bataille, ne sont aues précis pour que noua puisaioBa indiiiiier sOrEment l'endroit où elle fnt livrée. 8tiabgn , àana &ï description tjpograptuque de cette partie da lltalie, fait allusion en passant à • l'affaire de CaïuieB, • sans nous fiùra connaâtre oit elle ent lieu. ClcTerins fixe l'emplacement de l'ancienne ville de Cannes sur la rive droite de l'Aofidiu ( anjoucd'hni O&nto), à tvM oa quatre milles an dessus de Canoainm (C&nosa), et Hgnale le hameau actncl qui porte presque b même nom, Canne, et où la tradition Gommane retrouve les raines de U eité disparue. lyÂnville ne &tt pas de difficulté i identifier ces deni endroits , ajant placé dans ses cartes l'andeniie ville ■ mi-cbemin, en ligne directe, de Boiletta et de Cérignola.
M RfiGNB DK rutanuitit tr d'hublle.
lirûhate. Malgré les recommandatioiis d« lenr géaéral, In EspagDoh avaient négligé, en passant l'Oraato, l'aDCMi Anfidus, de prendre de l'eau ea quantité snfBsftnte pour la niarcbe qo'ils devaient faire; iacomnodés par la chakwet kl poussière, ih furent bienlAt tourmentés par une utf ardente, et, comme les rayons brAlants dn soleil à son miC tMnbaient d'aplomb sur leur tête, ub grand nombre d'entre MX, sartoot cens qui étaient ^fermés dans une lourde armure, tombèrent sur la roule, exténués et à demi mnrti de fatigue. Le Grand Capitaine se montrait partout, smlageant les maux de ses soldats et s'efforcant de laniiner leur courage; ^ la fin, pour remédier autant qu'il loi âait possible à leurs souffrances, il ordonna k chaque canKsr <ie prendre un fantassin en croupe et dooia lui-mânê l'exemple , en faisant asseoir derrière hii sur son cbenl oa enseigne allemand.
L'armée arriva de cette maaière, au commencemeat de Taprès-midi, devant Cérignole, petite ville bàiiesarOM émioence k seize milles environ de Barletla. La nalaredv terrain était favorable k rétablissement d'un camp; let pentes de la colline étaient couvertes de vignes, au [lied s'étendait un fossé très profond. Gonsalve reconnut (ont d'abord les avantages de celte position; ses soldats étalent harassés, mais il n'y avait pas de temps ^ perdre, car Ici Français, qui, à son départ de Barietta, s'étaient réunis son les murs de Canosa, avançaient rapidement. Tous les Espagnols se mirent donc à creuser tes retranchements, daoi lesquels ils plantèrent des pieux aiguisés par le bout, el, avec la terre extraite, ils élevèrent un parapet d'une liantenr considérabTe pour jH-otéger le c6té le plus rapproché de la ville. Gonsalve dt monter sur ce rempart sa petite artilline>
composa de treize canons, et rangea derrière son armée ai ordre de bataille V
Avant que tous ces préparatift furent achevés, on vit briller sa loin , i travers le feuillage épais , les armes et les bannières des Français. Aussitôt qae ceux-ci furent en vue éa camp espagnol, ils s'an'ëtèrent et un conseil de guerre Ait réuni pour décider si l'on livrerait bataille, ee soir même. Le duc de Nemours était d'avis d'attendre jusqu'au leodin main matin, parce que le jour était presque passé el que l'on n'avait plus le tem[w de reconnaître la position de l'enneiol; mais Ives d'Alègre, Ghandien, le commandant suisse et quelques autres officiers, demandaient à se battre immédiatement, parce qu'il importait de ne pas laisser refroidir Tardenr des soldais, qui étaient tons prêts à l'attaque. Dans le cours de la discussion , d'Alègre s'échauffa au point de reprocher grossièrement au vice-roi de manquer de courage, insulte que celui-ci eût punie sur-le-champ , si Louis d'Ars n'eât arrêté son bras. Le duc eut toutefois la faiblesse de renoncer k sa prudente résolution. ■Nonscombattroos cette Boit, > s'écria-t-il; c peut-être verrons-nous alors ceux qui se vantent tant avoir plus de confiance dans leurs éperons que dans leur épée. > Prédiction pleine d'amertume que jostiSa l'événement.
Pendant ces débats, le C^nd Capitaine eut le temps de
' JoTe rapporte aToir enteada sonvent dire à TabriiiD Colonua, bia&nt aDniion bqz retranchementH eotuitrniti au pied de U oolliue, ■ qme Vvtt •nùt dft la TKtoire, non i f habileté du coamaiidaut, non à la valsur des wldMi , maîa à on rampvt ei i un fossé. • Cette manière aiuneane et tombée en désuétude d'auurer une position fut, d'après le mËme auteur, remÎM dès Ion en usage et fat généralement employée par lee m^lenn ' ' s dn tes^M.
ISO BfiGNB DE PERDINAND CT D ISAffiUE.
prendre tontes ses disposilions ; il plaça an centre ses auxiliaires allemands, armés de lenrs longues piques, et aux deux ailes l'infaDterie castillane, sous les ordres de Pedro NaTarro, de Diego de Paredes, de Pizarre et d'antres illustres ca|Htaines; l'aile gauche Tut chargée de défendre l'artillerie. Une nombreuse troupe d'hommes d'armes, y compris ceux qui avaient été récemment équipés an moyen du bntin pris i Ruvo, se posta à l'intérieur des retranchements, de manière à pouvoir Taire Tacilement une sortie; il était commandé par Mendoza et par Fabrice Colonna, dont le frère, Prosper, avec Pedro ddta Paz, se mit h h tête de la cavalerie légère qui, galopant hors des lignes, devait inqniéter l'ennemi , à son approche, et se porter sur tons les points oit elle serait utile. Ces arrangements terminés, Gonsalve attendit avec calme l'attaque des Français.
Le duc de Nemours avait disposé son armée dans un lont autre ordre; il la partagea en trois divisions et plaça à sa droite sa grosse cavalerie, commandée par LodIs d'Ars, « le plus beau corps de cavalerie, > disait Gonsalve, ■ que l'on eût vu en Italie, depuis bien des années. > La seconde division et le centre, un peu eo arrière de l'aile droite, se composaient des fantassins suisses et gascons, conduits par le brave Chandieu ; la gauche, principalement de la cavalerie légère , postée également un peu en arrière, était confiée ï d'Alègre.
■ Le soleil était couché depuis une demi-henre , lorsque le vice-roi donna le signal de l'attaque; lui-même, se mettant il la tête de sa gendarmerie, placée in l'aile droite, s'élaoçi au grand galop contre la gauche des Espagnols. Les deni armées étaient presque égales en nombre; dies comptaient toutes deux de six à sept mille hommes. La cavalerie fran-
UTAILU DE CÊMGNOLB. . SBl
caise, qui rormait le tiers des forces totales do doc, était plus nombreuse et mieux équipée qae la castillaoe; le Grand Capitaine comptait surtout sur son infanterie qui, aguerrie à son école, pouvait être comparée à la meilleure de l'Europe.
A l'approche des Français, rarlïllerie, à la gauche des Espagnols, ouvrit contre eux uo feu terrible; mais, dans ce moment, une étincelle étant tombée dans le magasin à poudre, ceIuiH;i sauta avec un bruit terrible. Les Castillans parurent consternés; mais Gonsalve, inlerprélaot ce malbenr comme ud signe d'heureux augure, leur cria : ■ Courage, soldats; voilà les feux de joie de la victoire! Nous n'avons pas besoin de canons dans un combat corps h corps. >
Sur ces entrefaites, l'avaut-garde française, commandée par Nemours, s'avançant rapidement au milieu des épais nuages de fumée qui obscurcissaient l'air, fut brusqaement arrêtée par le fossé , dont elle ignorait l'existence ; quelques cavaliers y furent précipités. Le duc, jugeant impossible de forcer les lignes de ce côté, fit le tour du camp, à la recherche d'un endroit accessible; il s'exposait ainsi au feu des arquebusiers castillans. Une balle atteignit le jeune et infortuné vice-roi, qui tomba de cheval mortellement blessé.
En ce moment, l'infanterie suisse et gasconne, qui devait seconder l'attaque de la cavalerie, déjà en désordre, arriva devant les retranchements. Sans s'effrayer de celte formidable barrière, le commandant Ghaudîeu fit les efforts les plus désespérés pour s'ouvrir on passage ; mais la terre fraîchement remuée s'éboulait sous les pas des soldais, transp«%és par les longues piques des mercenaires allemands, postés au haut du parapet. Comme Chandieu s'efforçait de rallier ses troupes et de les ramener k la charge, nue balle le renversa sans vie an fond du fossé; son armure brillante
et lea pltines blaochee 4«i omaieftt wa ctuqaa l'anÎMt déùgoé aui coHpt de TeoPHn,
Cq iitt alors uQ désordre «ompleU Les arq^j^asHc» t»p»gnols, i l'abri derrière levrs déresses . eatmanaieAt un fim ' roalaot contre les Fran^, serrés pêle-mêle les nos cootre les autres, fooiMsins et caTalicrs, sans chefs capaUes 4« rerormer leurs rangs. Dans ce momeat critique, GoDStAve, doot le regard d'aigle embrassait tout le cbamp de bataiU«, ordonna une charge générale sur toute la ligne ; les Espagnols, se précipitant hors de leurs retraoebeioeuts, tombèrent comme une avalanche sur leurs ennemis, qui, ne pouvant soutenir ce choc, furent saisis d'une panique et, san« offrir presque aucune résistance, ne cherchèrent qu'à s'échapper. Louis d'Ars prit la fuite dans une direction, avec ceux de ses gens d'armes qui purent le suivre, et Ives d'Âl^ra dans une autre , avec sa cavalerie légère qui avait à peine pris part à l'action ; ainsi se vérifiait la triste prédictioa dq duc de Nemours. Ce fut surtout l'infanterie suisse et gaa* coDoe qui souffrit le plus craellemeot ; la cavalerie castillane, commandée par Mendoza et par Pedro de la Paz, la ponr^ suivit, taillant en pièces les fuyards, que tes ténèbres de U nuit dérobèrent enfin k leurs impitoyables vainqueurs.
Prosper Colouoa pénétra dans le camp ennemi, où il trouva la table servie pour le souper du duc dans sa tente; le général italien et ses compagnons se partagèieni les plats : incident vulgaire, mais qui nous lait réOéchir sur les revers subits de ta fortune.
Le Grand Capitaine passa U nuit sur le champ de bataille qui, au lever dn jour, offrît un hideux spectacle. D'après les meillearesautorités.plusde trois mille Français avaient péri; les pertes des Espagnols, protégés par leurs déieasea, fwtat
ivàK légJnB*. Toute l'artillme i» Twoeaii, am^^à» tniia pièces, SM bagages et presque toos sea drapfl»vx liN»* bèrtat »Bx nuias dea vaÎDqiHiHra. Jfttnais it d'; eut victoire plus caaipUtA. Le combtt avait duré an peu plus d'une hoirfl. Le cadavre de l'iqfQrtBué duc de I^emours, qu'uo de ses pages recoDunt aux bagac& qu'il portait à ses doigts, fut découvert, presque nécosiiaitsaUe, son» uo monceau de mirti ; Je duc avait, parait-il, reçu trois blesâures; sa mort boDDfable réfutait, s'il eût été uécessaire, les accusatioes iqjorieuaes de d'Alègre. Gonsalve fut ému jusqu'aux larmes, eu voyant les restes mutilés de son jeune et vaillaut adversaire qui, s'il o'étail pas un général babile, avait du moins toutes les vertus de ta chevalerie; eu lui s'éteignit l'illustre £uDiIla d'Armagnac. Le Grand Capitaine le fil porter à Barletia, où il Tpt enterré dans le cimetière du couvent de Saint- François, avec tous les honneurs dus à son rang élevé.
Goosatve, sachant bien qu'il est tout aussi difficile de profiter d'une victoire que de la remporter, poursuivit ses succès sans perdre de temps. Les Français lui avaient livré bataille
' Adcqh rictt ne porte, qne nona mwIùoqs, les pertes des Français à moins de 3,000 bommesi Craribaj les ftit monter à 4,500, et le maréchal do ïlennmges fixe celles des Suisses seuls i 5,000 hommes, exagération qu'on ne s'eipUi^ne pas fecileiaent ohei on officier inpirieur qui eal, smu dvnte, Mcù wx m^enra sources d'infonnation. Les Espagnols étaient trc^ 'bien ooaierts ponr être tria maltraités ; aueune relation ne leur donne plna de eeat bcvuneB toéa, et qaelqoas-Bnes rtdoisent encore de besoeeup M nonbcc. La différeMce est, sans doate, ttounaote, mais Ib &it n'est pa* noyoïaible. attendu qne les lispagnobi fuient peu de temps aoi prises aveo le> «luemia , avant qu oeaz-ci fassent mis dons un trop grand désordre pqmr pWMr à atitra ebose qa'à la fuite. La oonfosion, les divergenoes plna giMMtes que d'udinaire, leWies dans ]e* différents récita ds cette 40t><Hi, doivent Aire probaMameat attribuées & ce qoa ce combat se livra 4wia la HÎiéa et, pai Doniéquot, ne put être ohaervé parfiùteiueiit à cause de robacuitj.
su RSGHB DS FERDINAND ET D ISABELLE,
avec trop de préciptiatioo, pour qu'ils fussent conveons d'un plan d'opérations ou d'au point de ralliemeal, en cas de défaite; ils s'étaient donc dispersés dans différentes directions, et Pedro de la Paz fut envoyé à ta poursuite de Louis d'Ars, qui se jeta 1Jaos Venosa et y résista pendant pluûeors muis '. Paredes se mit sur les traces de d'Alègre, qui, trouvant les portes de toutes les villes fermées sur son passage, finit par se réfugier à Gaête, sur les frontières da royaume; là il chercha à rallier les fuyards et à se fortifier, en attendant que des renforts venus de France-lui permissent de reprendre l'offeDsive.
Le léodemaiD de la bataille de Cérignole, les Espagnols reçurent la nouvelle d'une autre victoire, presque aussi importante, remportée sur les Français, dans la Calabre, la semaine précédente *. L'armée envoyée avec Portocarrero avait débarqué dans cette province au commencement de mars; mais, peu de temps après, ce général fut atteint d'une maladie à laquelle il succomba '. En mourant, il dési-
* Ce fat à Vemuiom (Venoaa) qne le foogueui et malhenrenï Tarrau se retira, après la sanglante bataille de Cannes, dix-sept aièclos Bapara-
* Le vendredi, dit Ouichardin, fiiiaant allusion, sans dout«, aux déconvertes de Colomb, ûnsi qa'à cea deux victoires, était un joar heureux pour les Espagnols, comme on en fit l'observation; d'après Gaillard, il inspira depuis ce temps aux Prançaîa une terreur a uperstilieuae plus vive.
' On se souvient peut-être de la part glorieuse prise à la guerre conbte lea Mores par Louis Portocarrero, seigneur dé Palma; il était originaire d'Italie et descendait de la noble famille génoise de BoccaneSTs. Le Onud Capitaine et lui avaient épousé deox sœurs, et cette alliance le reconinanda probablement autant que ses talents militaires pour le oommsndement dans les Calabrea; il ëtait de la plus haute importance qne celni-d f(tt confié à on homme qui s'entendit parfaitement avec le commandant en chef, condition qu'il n'était paa facile de trouver dans nn membre de h hantaine noblesae de Castille.
BATAIUE DE CËKICNOLE. tS5
gna comme son snecesseur Fernando de Andrada, qni, opérant sa joDCtioD avec les troapes déjà établies dans le pays, soDs le commandement de Cardona et de Benavides, rencontra d'Aubïgny en bataille rangée, non loin de Seminara, le vendredi 21 avril. C'était près de cet endroit que celui-ci avait baiiD deax fois les Espagnols; mais l'étoile de la France avait pâli, et cet intrépide officier eut la douleur de voir son petit corps de vétérans mis en déroule complète, après une lutte acbaroée qui dura moins d'une heure. Laiméme ne Tut arraché qn'avec peine aui mains des vainqueurs par sa garde écossaise.
Le Grand Capitaine, plein de joie en apprenant cet heareux événement qni avait anéanti la puissance de la France dans les Galabres, se mit en marche sur Naples, après avoir envoyé Fabrizio Colooua dans les Abruzzes pour les soumettre. La nouvelle de la victoire s'était déjà répandue an loiù; aussi, à mesure qu'il avançait, Gonsalve voyait les bannières de l'Aragon déployées sur les murs de toutes les villes, taudis que les habitants s'empressaient de venir le féliciter et l'assurer de leur dévouement à la cause de l'Espagne. L'année s'arrêta i, Bénéveot et le général envoya nue sommation à la ville de Naples, l'invitant dans les termes les plus courtois it rentrer dans son ancienne obéissance à la branche légitime de la maison d'Aragon. On ne devait pas supposer qu'un peuple, habitué à voir son pays passer de main en main comme un enjeu, refbserait de se rendre à une pareille invitation et se soucierait de risquer sa vie pour une couronne qui, dans le court espace de six années, avait été portée par une demi-douzaine de rois '. Avec cette
* Depmt lé9é, le ueptre de Naples n'avùt pas p«ssi dans les nuùua de
m KfiCHB » TOUnUD ET p'OiBEUJL
doeiliié qa'Us aTueni nwDUée li rwéDenent de CSnries imi et de LoDt» XII, le« Napolitains BsJuèreol des mêmes cris de joie la reaUDralion de leurs anciens sooveraîiu aragoini«, et des députes, eboisis dam les rangs de )a noblesse et de fa haute bourgeoisie, se rendirent ï Acerra anprës dn Gnod Capiuine, pour lai offrir les cleb de la ville et le prier de confirmer leurs droits et leurs privilèges.
Gousalve, l'ayant promis an aoia de »on roval maître, 61, te leodenuiu malin, i4 mai 1S03, son entrée en grande pompe dans la capitale; l'armée resta hors des murs. U fiil conduit sous un dais royal porté par les députés, et la milice de la ville formait l'escorte. Les mes étaient jonchées de Seurs; les édifices, orués d'emblèmes et de devises de circonstance, étaient pavoises de bannières étalant les armes de l'Aragon et de Naples réunies. &ur son passage, le général victorieux fut bniyamment acclamé par une loale ieimense; les fenêtres et les toits des maisons regorgeaient de spectateurs, curieux de voir l'bomme qui, avec les seules ressources de son génie, pour ainsi dire, avait si longtemps bravé et enfin complètement détruit U puissance de h France.
Le lendemain, une députation de la noblesse et da peuple se rendit auprès du Grand Capitaine et préla entra ses maini serment de fidélité au roi Ferdinand, dont l'avéoement mettait eoRn UD terme k la série de révolutions qui avaient si longtemps agité ce malhenr^ax pays.
La ville de Naples était commandée par deux forteiteiei
moioa de sept prinoea, Ferdinand I", Alphonse H, Ferdinand II, Chtriea THI, FrédÉiio m, Louis XII, Ferdinand le Catholique. Nulle propriété particulière dans le rojaome ne changea probablement de mcitîi amù Knivent de maître, dsiu «e ntes Upi de twape.
kkTAiLU vi, etmMit. kt
inportaiites encore oocaT>ées par les Fraoçtis, qui, Uea ^uiTAS de vlnes et de mmitions, ne se montraient pas disposés à se rendre. Gonsalve résolut donc de garder m petit corps de troapes ponr les rédnire et d'envoyer le gros de son armée assiéger Gaëte; naÎB l'inranterie refusa de nardier avant d'avoir reça les arriérés qoi s'étaient accnnolés par la négligence du gooTernement. Le général, eni- C«aAt de réreiller fesprit de mntinerie qn'iJ avait eu anirerois Uat de peine k étoufllcff dat se borner à Taire partir sa carralerie et les Allemands; il permit h l'infanterie de se loger dans la ville, en ]m enjoignant de respecter la personne et }es biens des habitants.
Le Graml Capiuioe poassa, sans perdre de temps, le Mége des forteresses qui, par leur position imprenable, a&raient bravé les efforts du ptss formidable ennemi , dans l'ancien état de la sciem» militaire; mais la direction des travadi était confiée an célèbre ingénieur, Pedro Navarro, qui perfectionna l'art du mineur an point d'en être regardé commanément comme l'inventeur et qui déploya, en cette occasion, nne rare habileté; asssi ce siège fait-il époque dans les annales de la guerre '.
Après avoir dirigé une canonnade Ebrieuse contre la petite tour de Saint-Vioceot, dont il s'empara, Navarro fît ouvrir nne mine sous les ouvrages extérieurs de défense de la ^nde Forteresse, appelée le Cast^ Nnovo. Le 31 mal, la mine sauta; les remparts en ruines offrirent une brèche, (^
* Loi ïùhtBÈ, duu Itnr adtmtation ^orPedra Mftvvro, fîieat frtpfta ûtÊ mcduUes ini lesquelles ou lai ottiiboait l'inTention dea mines ; qnnqn'il n'ût pai inventé celles-oi, il n'est paa moins célèbre que s'il l'aiait &ît, pool avoîi le pretnîer découvert te grand et formidable parti qu'en ptmniX titrer la hmom de 1» âwtnwtioit.
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m RfiCNB DE FBIDIRAIID ET d'iSABELLB.
les Espagnols s'y précipilaiit, Gonsalve et Navarro m tête, avaDt que la garnisoo eùi eu le (emps de s'assaro* du poDtlevis, planlèreot des échelles contre les murs du château ei réussirent à enlever la place à l'escalade, après ane Inlle désespérée dans laquelle la plupart des Français furent massacrés. On trouva un immense butin dans la forteresse; les partisans de la famille d'Anjon y avaient déposé tout ce qu'ils possédaient de plus précieus, de l'or, des bijoux, de l'argenterie et d'autres objets de grande valeor, qui, avec le blé et les provisions dont regorgeaient les magasins, forent abandonnés sans distinction aux vainqueurs. Comme quelques soldats se plaignaient de n'avoir pas eu leur part du botio, leur général, ôtanl tout frein, en ce moment d'exaltation, à la licence militaire, leur cria galment : < Indemnisez- voos avec tout ce que vons. trouverez dans mes quartiers! > Ces mots ne furent point perdus pour la soldatesque, qui se précipita aussitôt vers le magni6que palais du prince de Salerne, seigneur angevin; en un instant, les meubles somptueux, les tableaux et les autres ornements précieux de ce palais, ob s'était logé Gonsalve, furent, avec le contenu de ses excellentes caves, enlevés par les envahisseurs, qui se les approprièrent sans cérémonie, se dédommageant ainsi de la négligence de leur souverain, aux dépens de leur chef victorieux.
Après un siège de quelques semaines, la seconde forteresse, le Castel d'Uovo ou ■ Gh&leau d'OEuf, * ouvrit ses portes à Navarre, et une flotte française, entrant dans le port, ent la mortification de se voir canonnée du haut des murs mêmes de la place qu'elle venait secourir. Avant cet événement, Gonsalve, qai avait reçu d'Espagne de l'argent pour payer ses troupes, avait quitté la capitale, se dirigeant
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sur Gaëte. Les saites importaotes de ses victoires s'étaient alors pleinement manirestées. D'Aobigoy s'était rendu, avec les débris de son armée échappés à la bataille de Seiuinara. Les deux Abruzzes, la Capitanate, toute la Basilicate, & l'exception de Venosa défendue encore par Louis d'Ars, toutes les positions importantes du royaume, excepté Gaëte, étaient entre les mains des Espagnols. Appelant donc ii son aide Andrada, Navarro et ses autres officiers, le Grand Capitaine résolut de concenlrer toutes ses forces sur ce point, afin de pousser le siège avec vigueur et d'anéantir d'un seul coup les faibles restes de la puissance française en Italie. Il rencontra, dans celte entreprise, plus de difficultés qu'il ne s'; était attendu.
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