INVASION FRANÇAISE EN ESPAGNE
Le Tieax châteaa de Salsas, qui avait été emporté saas graade peine par les Français, daos la guerre précédeale, avait été mis, au commeocement de celle-ci, dans ud bon état de dérense ; mais les travaux, dirigés par Pedro Navarro, n'étaient pas encore entièrement achevés. Ferdinand, & l'approche de l'ennemi, avait jeté un millier de soldais d'élite dans la place, qui était bien ravitaillée et pourvue de munitions pour un siège; il avait envoyé en même temps no corps de six mille hommes, avec son cousin, don Frédéric de Tolède, duc d'Albe, qui avait ordre de prendre position dans le voisinage, afin de surveiller les mouvements de l'ennemi et de l'inquiéter autant que possible, en lui coupant les vivres.
Pendant ce temps, Ferdinand s'occupait avec activité de faire des levées dans tout le royaume, pour venir au secours de la forteresse assiégée. Sur ces entreraites, il reçut des nouvelles si inquiétantes de la santé de la reine, que, partant d'Aragon, il se dirigea en toute hâte vers la Casiille. On avait probablement exagéré la vérité, car, à son arrivée, le . roi reconnut qu'Isabelle ne courait pas pour le moment un grand danger, et celle-ci, toujours prèle k sacrifier ses inclinations personnelles an bien public, lui conseilla de retourner sur le théâtre des opérations, où sa présence était si utile dans ce moment. Oubliant sa maladie, elle s'efforça elle-même sans relâche de rassembler des troupes pour soutenir son époux ; le grand-connétable de Castille fut chaîné de lever des soldats dans tout le royaume, et l'on vit, des provinces les plus éloignées, accourir avec leur suite les principaux seigneurs, répondant avec empressement à l'appel de leur souveraine bîen-aimée. Grâce à ces renforts, Ferdinand, dont le quartier-général était établi à Girone, se vit
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ffO KËGIIB DK nOlIHNÀEn} ET o'iSiBBLLE.
eo raoÎDS d'an mois à la té(e d'nne année, ^i, ai y eomprcDant les Aragooaii, s'élevait ï dix on doBU mille bonuKi de cavalerie et trois on quatre fois aatant d'm&aterîe; i D'bésila plus alors à partir et se mit eo marche vers le mîlÎN d'octobre, dans rioleotion d'opér» sa jonction avec te du d'Atbe, qui se trouvait devant Perpignan, à quelques lieaei de Satsas.
Isabelle, qui était à Ségovie, recevait régnlièrement do conrriers qni llnformaient de tons les moavenMots de l'année. Elle n'eut pas plus t6t appris que celle-ci était partie de Girone qu'elle s'alarma à la perspective d'nne renconlre prochaine avec l'ennemi, dont ta défaite, si glorieuse qu'elle fût ponr ses armes , ne pouvait être achetée qu'an prix de sang chrétien. Elle écrivit à son époux dans tes termes les plus pressaota, pour toi demander en grâce de oe pas rédnire ses adversaires an désespoir, en leur fermant le chemin de lenr pays, mais de laisser la vengeance \ celui à qui seul elle appartenait. Elle jeûna et pria tous les josn, avec sa mâson, et , dans la ferveur de son zéte pieux, die visita les différents établissemeots religieux de la ville, distrUmant des anmdaes anx membres de ces communautés et les coijurant de prier le Tout-Puissant d'éloigner des calamildi imminentes *.
Les prières de la reine et de sa cour forent exawées. Le
* Xie fid^e capitaine, GonuJo A^ora, ne mamfeato gaère ces sentmuli dirétienB ; il termine im de ses lettres en priant Dieu, trèa ainoinaiat sus doate, ■ de ripuidre moins de donomr dm* le eoent dot bodumi et de les exciter à ohltier, àhumîlîcrles oigoùllcox Fiançua, etîhs dépouiller de leurs biens mal aoqnis , mesure qui , d opposée qa'elle At 1 leurs proprea inotinBtîond pienaes, aniah poor effist do remplir lenn eoftHi ùosi que cens de leurs fidUet st déiooés si^eta. ■
unimoir FMiffiisB nt bspacitk. m
roi d'AngoD arriTa li Perpignss, le 19 octolve, et, dans la miit, le maréchal de Rienx, ne se iroavant pas en élat de tenir tête aaz forces réonies de l'Espag^ne, leva le camp et, mettant le fea aux tentes, se retira rers les frontières; près de six semaines s'étaient écontées depnîs l'ouYerlnre des tranchées. Ferdinand se mit k la poorsoite de l'ennemi, dont rarrïère>{;^rde fut légèrement maltraitée par les ginètes, 1 son passage par les défilés des montagnes. La retraite ecpendant fut conduite en si boo ordre que les Français firent des pertes peo cooaidérables, et ils rénssirent enfin i se mettre sons la proteetitm des murs de Narbonne, où les Espagnols cessèrent de les ponrsnÎTre. Plusieurs place»frontières, telles que Leocate, Palme, Sigean, Roqnefort ei d^ntres, forent prises sans coup férir par les vainqneors, qai s'emparèrent de tous les objets de valeur qu'ils ; iroQTèrent, maïs ne firent aocnn mal aux habitants; Ferdinand, si nous en croyons Martyr, refusa même de consid^r ceux-ci comme ses prisonniers, parce qu'ils étaient des chrétiens.
Le monarque n'essaya point de garder ses conquêtes ; après avoir fait démanteler quelqnes-aoes des places qni lai avaioit offert te plus de résslanee^ il retourna en Espagne, chai^ de butin. < S'il avait été ausn bon général qn'habile politique, > dit nn écrivain castillan , c il se serait avancé jiuqD'aB cœur de la France. > Ferdinand était trop sage poar ae soucier de conquérir des [voviaces, oA il n'aurait pu se maintenir, s'il s'y maiatenait mime, qn'au prix de beaucoup de sang et d'or; il avait snfSsamment vengé son lumnenr en attaquant si promptemeot ceux qni avaient envahi ses États et en les repoussant victorieusemcot an ddk de ses frontières; il préféra, en prince pnidenl, an lien
STS npSVi DE fBRDlHAHD ET D'1SABELI£.
de risquer tout ce qu'il avait gagné, en Toulaol davanlage, profiter de ses «iccès pour ealamer des D^odatiouB, dans lesquelles il avait plus de confiance qne dans la force brutale.
Sous ce rapport , sa boone étoile le favorisa davaotage eocore. La flotte que le roi de France avait équipée, à taut de frais, dans te port de Marseille, n'était pas plus tôt eo mer qu'elle fut assaillie par des tempêtes furieuses et si maltraitée qu'elle dut rentrer au port, sans avoir même tenté une diescente sur les cdtes de la Catalogne.
Ces désastres accumulés découragèrent tellementLouisXII, qu'il consentit à entrer en négociations pour une auspension des hostilités, et, par l'intermédiaire de l'ex-roi de Naples, Frédéric, un armistice fut enfin conclu entre les deux souverains; il ne se rapportait qu'à leurs États bérédîtaires, l'Italie et les mers avoisinantes restant comme une espèce d'arène ouverte, où les rivaux pouvaient se rencontrer et décider leur querelle par les armes. Cette trêve, conclue d'abord pour cinq mois, fut plus lard prolongée pour UD espace de trois années; elle donna Jt Ferdinand ce dont il avait surtout besoin, te loisir et les moyens de pourvoir à la sAreté de ses possessions italiennes, sur lesquelles allait fondre un orag^plos menaçant, plus furieux qne jamais.
L'infortuné Frédéric, qui était sorti de son obscure retraite ponr prendre part à ces négociations, mourut l'année snivante; chose singulière, le dernier acte de sa vie politique avait été son intervention ponr négocier la paix entre deni monarques qui s'étaient unis pour te déponiller de son royaume.
Les résultats de cette campagne fbreat aus» glorieux pour