CHAPITRE XV
PllX AVIC Li VRiHCE,
Vateage du Oaiigliano pu les ïlspagiioU. — ConateriLatioii des Frauçais. Combat ptia de Gaète. — Acharnement des combattants. — Défaite dea Pran^. — Reddition de Gaëte. — Satiiousiasme excitÉ pu GonmiTe de Cordoue. — Traitéavee la France. — Examen de la oondnite militaire de Gonsalve. — RésuHats de la campagne.
Tt y avait déjà sept semaines que les deux armées eu préamce s'obsenraieDt mutnellemeDt, sans faire ai l'une dï faulre aucun mouvement déeisir. Pendant ce tempe, te Grand Capitaioe s'était constamment efforcé de se procarerdes renrorts h Rome, par l'entremise de l'ambassadeur castillan , François de Rojas ; il avait surtout rechercha rallianee de la puissante famitte des Orsini, ennemis depuis loogtemps des Colonna, partisans de TEspagne. A la Dr, ooe réconciliation fut heureusement opérée entre ces rivaux, et il fut convenu que Barthélémy d'Alviano, comme le chef de ta Eamille des Orsini, se rangerait avec trois raille hommes sous la bannière de Gonsalve. Cet arrangement avait été hit pitr l'eDiremise de l'envoyé véoitien à Rom e, qui avanç»
S98 RfiGNE DB FERDINAND ET d'iSABELLE.
même one forte somme d'ai^nt poor le paiemeni des d<h-
velles recrues.
L'arrivée de ces troupes, ayant à leur tête no des pins habiles et plus vaillaots capitaines de l'Italie, ranima le courage des Espagnols. Bientôt Alviano pressa vivement Goosalve d'abandonner son plan d'opérations et d'attaquer l'ennemi dans ses quartiers. Le Grand Capitaine avait décidé de rester sur la défensive, et, comme nous t'avoos déjà dit, trop iurérieur en forces aui Français, pour les combattre en rase campagne, il s'était solidement retranché dans sa position, avec la ferme résolution d'attendre une attaque. Mais la situalion avait bien changé; l'ancienne inégalité avait été considérablement diminuée par l'arrivée des auxiliaires italiens, et était mieux encore compensée par le désordre qui régnait parmi les Français. Gonsaive savait d'ailleurs que, dans les entreprises les plu& périlleuses, l'enthousiasme, t'ardtur des assaillants doublent leur vigueur, tandis que leurs adversaires, pris à l'improviste, sont troublés et s'attendent k une défaite, avant même d'avoir engagé la lutte. Aussi écouta-t-il favorablement Alviano, qui lui proposait de passer le Garigliano, en établissant un pont en face de Suzio, petite ville occupée par les Français, sur la rive droite, à quatre milles environ au dessus de leur quartiergénéral. L'attaque devait avoir lieu le plus tôt possible, après la Noël prochaine, au moment où l'ennemi pourrait être surpris an milieu des réjouissances qui ont lien k cette occasion.
Ce jour de fête pour la chrétienté entière arriva enfin ; il ne ramena gnère la gatlé parmi les Espagnols, plongés dans ces tristes marécages, manquant presque de toutes les choses nécessaires ï la vie, et ne résistant au climat que grâce i