‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 40 sur 73 · PAIX AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LA FRANCE

lenr corps de fer et à leur invincible courage, lia le celé-' brèrent toutefoia avec les solennités religieuses en nsa^e dam l'Église romaine, et ces exercices religieux, rendus pins imposaDts encore par lenr situation présente , servirent à fortifier l'béroîque patience qui les avait soutenus au milieu d'indicibles souffrances.

Sur ces entrefaites, tes matériaux nécessaires pour l'entreprise projetée avaient été réunis si rapidement, que, le 38 décembre, tous les préparatifs étaient terminés. Alviano, qui conduisait l'avant-garde, était chargé d'établir le pont; le centre et le gros de l'armée, sous les ordres de Gonsalve, devaient le suivre; enfin, Andrada, commandant l'arrièregarde, devait emporter le vieux pont, en face de la tour du Garigliano.

La nuit était sombre et orageuse; Alviano s'acquitta de sa tâche, avec tant de célérité et de prudence, qu'il n'attira pas l'attention de l'ennemi. Le pont construit, il avança avec l'avant-garde, composée principalement de cavalerie, ayant avec lui Navarro, Paredes et Pizarre, et, tombant sur les défenseurs endormis de Suzio, il massacra tous ceux qui lai opposèrent de la résistance.

Le bruit qne les Castillans avaient passé la rivière se répandit rapidement an loin, et le marquis de Saluées, posté près de la tour du Garigliano, reçut bientôt la nouvelle. Il croyait ses adversaires plongés dans la torpeur au milieu des marais, et cet événement l'étourdit^comme on coup de foudre. Sans perdre de temps, il réunit comme il pnt ses Iroopes dispersées, et envoya en attendant Ives d'Alègre avec on corps de cavalerie pour arrêter les ennemis, jusqu'à ce qu'il se tût retiré dans les murs de Gaële. Il commença par démolir le pont situé près de son camp et laissa aller

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les barques !k la dérire; il •btndonoa ks tentes, le 1 et nenr de ses plus lonrds canut ; il laissa même les n et les blessés ï la nerct de l'eantsui, poar s'être pas ei rassé âaos sa marche. Il envoya en avant le reste de aoa artillerie; l'infiinterie venait deirière et les gens d'armes, condails par le marquis lui-même, devaient couvrir la retraite.

Avant qu'Ives d'Alègre fttt arrivé à Suzio, toDle l'amée espagnole avait passé le Gariglîano et s'était formée en ordre de bataille sur la rive droite; ne pouvant tenir tête Ji des forces si supérieures en nombre, il rebronssa cbemia en tonte b&te et se joignit au gros de l'armée, qni était d^à en pleine retraite.

Gonsalve, craignant que sa proie ne lui écbappit, avait ordonné k Prosper Colonna de prendre les devants avec an corps de cavalerie l^ère, aân d'inquiéter les Français et de retarder leur marche, jusqu'à ce qu'il fût arrivé. Lui-même, longeant la rire droite avec ses troupes, il traversa rapidement le camp désert de l'eDuemi, laissant peu de temps Ji ses soldats pour ramasser le précieux butin qui s'offrait partout è leur vue. Bientôt il arriva en présaice des Français, qui avaient marché très lentement, à cause de la difficulté de traîner leurs canons sur un terrain boueux. Cependant la retraite se faisait «n très bon ordre; le chemin étant Iris étroit, un petit nombre d'hommes seulement pouvaient de part et d'autre en , venir aux mains; le succès dépendait donc, en grande partie, de la vigueur et de la bravoure des comballanls. L'arriëre-garde des Français se composait, comme nous i'avoDS dit, des gens d'armes, ; compris Bayan), Sandricourt, Lafayeite et d'autres vaillants chevaliers, qni, armés de toutes pièces, n'eurent pas de peine à repousser la

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cankrie légère qui avait été eovofée contre eux ; chaque foû qu'ils renconlraient un poat, qd conra d'eaa, un passage étroit, ils serraient les rangs et tenaient résolument tfile à leurs adversaires, ponr donner do temps ï ceux qni les précédaient.

Ainsi, tantôt s'arrétant, tantôt recalant, tonjoars anx prises avec l'ennenir, saas grande effusion de sang, les gens d'armes alteignireni le pont situé devant Mola di Gaela. U , quelques fourgons (l'artillerie , s'éiant enfoncés ou renversés, occasionnèrent des retards considérables et du désordre. L'infanterie, continnant d'avancer, se mêla avec l'anillerie. Le marquis de Saluées voulut profiler de la forte position que lui offrait le pont, pour rétablir l'ordre. Une Intte désespérée s'engagea alors; les chevaliers fiançais, en cba^eant intrépidement les Espagnols, arrêtèrent momentanément la poursuite. Bayard, que l'on voyait toujours dans les endroits les pins dangereux, eut troischevâux tués sous lui, et enfin, emporté par son ardeur au milieu des rangs ennemis, il fut sauvé avec peine par une charge furieuse de 800 ami Sandricourt.

Les Castillans, étourdis pnr cette attaque furieuse, pantrent hésiter nu instant, mais Gonsalve avait eu le temps de faire avancer ses gens d'armes, qui soutinrent les colonnes k demi rompues et recommencèrent le combat dans des conditions plus égales. Il se jela lui-même au fort de la mêlée et courut, pendant quelques moments, le plus grand danger, son cheval ayant glissé dans la boue et s'étant renversé, heureusement sans faire aucun mal au cavalier; celni-ci se releva aussitôt et ct>ntinna d'encourager de la voix ses compagnons, auxquels il donnait l'exemple de la bravoure.

La littte avait déjà duré deux heures. Les Elspagnols, mal-

su KftGNB DE FBBOlIUNIt ET d'iSABELLB.

gré leor courage, étaient exténoés de Tatigne et de faim, ayaot lait six lieaes de marche, sans avoir mangé depais la Teille. On comprend donc l'anxiété avec laquelle le Grand Capitaine attendait t'arrirée de son arrière-garde, confiée ï Andrada; celle-ci, qui avait reçu ordre de passer la rinère plus bas, devait décider du sort de la journée.

A la fia, le spectacle désiré s'ofiril aux yeux de Gonsalve. On vit paraître au loin une masse sombre, qui devint de plus en plus distiocie en se rapprochant; c'était l'arTièregarde castillane. Andrada avait emporté sans difficulté la redoute ennemie, élevée en deçà dn Gangtiano, mais il n'était parvenu qu'avec peine et après avoir perdu beaucoup de temps à s'emparer des barques que le marquis de Saluées avait laissé aller çà et U à la dérive. Enfin, ayant rétabli ses communications avec la rive opposée, il s'était avancé rapidement par une route plus directe, à l'est de celle qu'avait suivie le gros de l'armée. Les Français furent saisis de ter^ reur à la vue de ces nouveaux adversaires, que l'on eût dit tombés du ciel sur le champ de bataille; à peine attaqués, ils rompirent les rangs et s'enfuirent dans'toules les directions. Les pièces d'artillerie qui encombraient la route i l'arrière-garde augmentèrent encore le désordre, et les cavaliers, dans lenr empressement à sor^r d'une position périlleuse, foulèrent impitoyablement les fantassins aux pieds de leurs chevaux. Les chevau-l^rs espagnols poursuivirent les fuyards; brûlant d'une soif de vengeance longtemps différée, ils Grent chèrement expier à ceux-ci les soufirances qu'eux-mêmes avaient endurées dans les marais de Sessa.

A peu de distance du pont, la route se bifurquait ; ]k les vaincus terrifiés se séparèrent, les uns s'enfuyant vers lui, les autres, en bien pins grand nombre, vers Gaëte. Gousalve

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aiToya Navarro et Pedro de la Paz, avec ud corps de cavalerie, ponr leur barrer le passage, en prenant no chemîo de traverse plus court. On en arrêta beaaconp de cette manière, mais Is plapart de ceox qni échappèrent an fer ennemi réussirent à se jeter dans Gaëte.

Le Grand Capitaine se logea cette nuit dans le tîII^ voisin de Castellone; ses braves soldais, qui s'étaient battus toute la journée à jeAn, malgré une pluie d'orage qui n'avait pas cessé de tomber, avaient besoin de nourriture et de repos. Ainsi finit la bataille, ou, comme on l'appelle généralement, la déroute du Garigliano, la plus importante par ses résnltats de toutes les victoires remportées par Gonsalve de Cordoue; elle couronnait glorieusement sa brillante carrière militaire. Les Français perdirent de trois à quatre mille hommes tués sur place , tous leurs bagages, leurs drapeaux et leur magnifique artillerie. Les Espagnols souffrirent beaucoup, sans doute, dans la lutte acharnée qui s'engagea sur le pont, mais ancuo écrivain, castillan ou étranger, ne donne une estimation de leurs pertes. On remarqua que cette bataille avait été livrée un vendredi, ce même jour qui avait été si souvent heureux pour l'Espagne, sous ce règne.

L'inégalité des forces engagées dans l'action n'était probablement pas grande, car les Français, dispersés sur une vaste étendue de pays, ne purent tons arriver à temps pour prendre part au combat. C'est ainsi que plusieurs corps de troupes, accourant à la fin de la bataille, furent saisis d'une panique soudaine et déposèrent les armes, sans tenter aucune résistance. L'admirable arlillerie dans laquelle les vaincus avaient placé leur confiance, non seulement ne leur rendit pas de services, mais fut, en grande partie, comme on l'a vu, la cause de leur perte. L'attaque fut soutenue

mt RÈGNE M! PBmMIUIlD R ^ISABELLE.

{ireaque eiclnsivemeot par la cbevalerie française, qui » moBira digne, pendant toute celle journée, de son ancieoBe léputalioD de bravoure, et ne lieha pied qa'an moment eiitiqne où l'arrivée de l'arrière'garde castillane fil pencher décidément la balance du cété de renoemi.

Le lendemain matin, de benne heure, Gonsalve se prépara i emporter le mont Orlando, qai domine )a ville de Gaële; mais les défenseors de cette forte position, qai, pen de mois aaparavant, avait bravé tous les efforts des Espagnols, étaient complètement déooaragés, et ils se rendirent sans coup Térir. La garnison de Gaête n'était pas nraios abaltne et, avant que Navarro eût tait toomer les batteries dn mont Orlando vers la ville, an parlementaire Tôt envoyé par le marquis de Salaces avec des offres de capitulation.

C'était pins que le Grand Capitaine avait pu espérer : les Français étaient très nombreux, et les fortifications, en boa état ; la place était bien pourvue d'artillerie et de munittons de guerre, elle avait des vivres pour dix jours au moins et la lloite, qui mouillait dans le port, pouvait la ravitailler, en allant chercher des provisions à Livonrne, \ Gdnes et dans d'autres cités maritimes fevorables ii la France. Nais les Français avaient perdu tout coarage, ils étaient afiaiUis par des maladies, leur insolente confiance en enx-mémes avait disparu; celte série de revers qni s'étaient «iccédé sans inlemiption, depuis l'ouverture de la campagne jusqu'à la récente déroule du Garigliano, les avait jetés dans le pivs profond abattement. Les éléments même semblaient s'être Ugnés contre eux; il leur paraissait inutile de lutter davantage contre la destinée, el ils aspiraient au jour où, disant on éternel adieu à cette terre maudite, Us pourraient rentrer danslenr pays natal.

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Le Grand CapiUiinc accordi sans difficnlté aax Taiocos das coaditiofls qui, tont eo lui donnant une apparence de générosité, lai asHiraient les fraits les plus précienx de la victoire; il était trop prudent ponr réduire ses ennemis an désespoir; il n'était pas d'ailleurs, malgré tous ses succès, assex fort po«r n'avoir nen k craindre. Il manquait d'argent, devait comme tonjoars des arriérés considérables & ses troupes et. selon un historien italien, il y avait k peine one ration de pain pour celles-ci, dans tout son camp.

ÀDX termes de la capitulation, signée le i" janvier 1504, les Français devaient évacoer iuinédiatement la place et la livrer aux vainqueurs, avec rarUllerie, les munitions et tout le matériel de guerre. Les [H-isooniers, y compris ceux de la campagne précédente, seraient restitués de part et d'autre, arrangement qui était tout i l'avantage des Français. La garnison de Gaête pourrait reutrer librement en France, par mer on par terre, à soo choix.

Du moment où les hostilités eurent cessé, le Grand Capi* laioe déploya envers ses anciens ennemis une générosité, one homanité, plus honorables pour lui que ses victoires; il veilla scrupuleusement k la ûd^e- exécution du traité et pooit sévèrement toutes les offenses faites aux vaincus par ses soldats. Sa-doucear, sa courtoisie, qui offraient un ccmtraste saisissant avec l'idée qu'ils s'étaient Taite de lui, daoa leur terreur, provoquèreet chez les Français une admiratioQ eotbousiaste, qu'ils manifestèreat en l'appelant ■ gentil capitaine et gealîi chevalier. »

La nouvelle de la déroate du Garigtiauo et de la reddition de Gaête rendit la tristesse et la consteraation dans toute la France; il y avait à peine une Himille de rang, dit ub écrivain de ce pays, qui s'eût un de ses membres enveloppé

3M BÊCm BB RUDURD ET s'iSàBEUS.

dans la catastrophe. La cour prit le deail; le roi, honilié de voir tOBs ses projets ambitimx débits par na conew qu'il méprisait, s'enferma dans son palais, refusant de fotr personne, et ses lonrmenis d'esprit amenèrent une maladie qni faillit loi devenir fatale-

Loais xn fit retomber sa col^ sur les malhenrenx défeih sears de Gaête, qui avaient licheiœnt déserté leor poste poor rentrer en France; il leur ordonna d'hiverner en Italie, leur défendant de repasser les Alpes , sans avoir nça son antorisation. Il condamna Sandricoort et d'Atègre an Ihdnissement, pour insubordination envers leur commandanl en chef, et pins parlicnlièremeot le second de ces oESeios, pour sa conduite avant la bataille de Cérignole. Enfin, il fit pendre les commissaires des armées, qui avaient principalement causé la perte de celles-ci par leurs vols scandaleux.

Hais la coupe amère que les soldaits français devaient vider jusqu'à la lie, n'avait pas besoin pour déborder de l'impuissante fureur du monarque. Un grand nombre de ceux qui s'embarquèrent pour Gênes succombèrent aux maladies qu'ils avaient contractées pendant leur long séjour dans les marais de Mintumes ; tes autres rentrèrent ea France, sourds dans leur désespoir aux ordres de lear maître. Ceux qui prirent la voie de terre furent cniellement maltraités par les paysans italiens, qui leur firent cfaèremeol expier les actes de cruauté dont ils s'étaient rendus coupables; on les voyait, mourants de faim et de froid, erm comme des spectres sur les grandes roules et dans les met des priadpales villes de la péninsule; tous les hôpitaux de Rome étaient encombrés de malades; les écuries, les hangars, étaient pleins de malheureux vagabonds, cberehaat quelque réduit obscur pour y mourir en paix.

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Les chefs de l'expéditioa ae farent pas plus heureux ; entre autres, le marquis de Saluées, à peioe débarqué à Gènes, succomba à ane fièvre causée par ses chagrins. Sandricoort, trop fier pour supporter une disgrâce, mil violemment fia à ses joui'S. D'Alègre, plus coupable, mais plus courageux, survécut pour se réconcilier avec son souverain et pour trouver la mort du soldat sur un champ de bataille.

C'est sous ces sombres couleurs qae les historiens français dépeignent la dernière lutte engagée par Louis XII ponr la conquête du royaume de Naples. Peu d'expéditions militaires ont été entreprises sons des auspices plus brillants et plus heureux ; peu ont été conduites avec une inhabileté aussi constante et nulle n'a abouti k une catastrophe pins complète et plus terrible.

Le 3 janvier iS04, Goosalve fit son entrée k Gaète, et des salves d'artillerie annoncèrent au loin que cette forte position, la clef du royaume de Maples, avait passé dans les mains du roi d'Aragon. Après s'être arrêté quelques jours dans cette ville, ponr laisser reposer ses troupes, il revint dans la capitale; mais, au milieu des fêtes qui salaèrent son retour, il fut attaqué d'nne fièvre, causée, par des fatigues ÎDcessautes et par une trop forte couientioa d'esprit, durant quatre mois. Il souffrit beaucoup et pendant quelque temps coàrst le plus grand danger. Les Napolitains, en celte occasion, se montrèrent en proie à une extrême agitation ; les manières populaires du général lui avaient concilié l'affection de ce peuple inconstant, dont l'amitié était aussi changeante qne ta fidélité ; des prières, des vœux furent faits dans tontes les églises, dans tous les couvents de la ville, ponr le rétablissement 'de la santé de l'illustre malade. A la

SOS RfieHB m FBSnnUND et n'iSAOEtLE.

fio. ee)ai-ci sorlit de cette crise, grice i sou excellente eomlitntion. Anssitât que cette hearease nouvelle fut coanoe, la population entière, se jetant dans an antre extrême, se lim h des transports de folie joie, et, lorsque Gonsalve fat useï bien rétabli pour pouvoir donner audience, tons, sans aeeeplion de rang, acconrurent au Castel Nboyo pour lai offrir leurs félicitations et pour voir le héros qai revenait, pour la troisième fois, au milieu d'eux, le front couronné de lauriers. Chacun, dit l'enUionsiaste biographe de Gonsalve, l'admirait bmvamment; les uns vantant sa noble attitude et sa belle physionomie; les autres, ses manières aimaUes et gracieuses; tous s'exiasiant sur une manificence qsi edt conveun & un roi même.

Les vertus du Grand Capitaine furent célébrées, avec phu ou mo'ins de talent, par maint poète, qui chercha i s'in^irei de ce glorieux sujet, espérant, sans doute, que le généreux Castillan récompenserait ses flatteurs bien au delà de leur mente. Dans ce concert général d'adulations, la voix de Sannazar, plus éloquente que toutes les autres, ne se St pai entendre, car le vainqueur s'était élevé sur les ruines de b maison royale où Saonazar avait longtemps trouvé un abri ; ce silence, au milieu des cris d'admiration poussés par tait d'autres, fait plus d'honneur à ta mémoire du poète qae Ki plus beaux vers.

GoDsalve commença par réunir les différents ordres <le l'Ëtat, qui prêtèrent entre, ses maÎQS serment de fidélité i Ferdinand le Catholique; il s'occupa ensuite de prendre les arrangements nécessaires pour réorganiser le gouvemeiseit et réformer surtout plusieurs abus qui s'étaient glissés daH radminisbratKui de la justice. Lorsqu'il essaya de rétablir l'ordre, il ^t réprimer l'ioaubordinatioB de la aoMatesqw,

firi rioIaM^t ï gfOiMfs «ris te fmamut de ses Biriârés; tes mécasMott ÛtAKM }wr ab watiaer et s'cmpaièitnt de dcst flMM fortes, itoasM gsraotie. Le géaéral chfttii cette insoleÉce^ eo Uceaciant ptusiedrs CompagDÎes qui faiuleol le pfeM de i<«0Uace «t les Tenoyt eft Eipagae. 11 ebercbà k les payer au àoyen de coDtribMkus imposée* bht les Nap»liiiintî mal* les mMsu totdarent se payer «nx-mteies et ils mitnitëreDt les babitaDls cfaez leiiiiiicta ils étaient logés, an poiu de fanr fkin proaye ragreUer le temps où Us élaieat ei|MMéti tontes tes bomtffsé» la gaene'. Aiosi cewaiença;, d'Sfrte Guicbardis, ce sjntènK d'exactions militaires eli pioae paix* ^t de^t plos tard « eomman en lalie M grwiail douhmreuadm«Dt ta liste des mmii sans aoab«e qui aKtgmemt ce mallieuTedt pays*

Am taiiiea de ses uoatmtfaaeB oecvpatkws, GoisaiTO d'oùblii pas les braves officlors qui waient porté avec bù le fatdeta de la gaem, et il les péeempensa avec bdo muDiâceeiie ' prànièse, même, comme on te vit plus tard, k ma détriment. Psimi ens se tronaie»! NsTam^ Ueodoea, Andnda, Boa» vides» Lej^a, t'itotai Alvimo et les deux Golonna» dont b plapart vécunnit asses ioi^mpe pour se moatrer pkis tard» a«rim {riasmte Mtee, dans lesgnenwdeCbarka-QaiQt, IndigMs élèves da firand Capitaîae; il leur doansa» d'aprè» rîmportance de leurs services, des viltes, des forteresses,, de Munis domaibes, Seft qu'ils leaaicBl de la coAome. U avait prdaMitemeiit obtaa à cet effet rantonsati<ni de son r^al imUm; ma» cetei^, awc Son i^rit de pareiaMDïe, a'q»*

'Lea Italiens oommcncèieiit, dèi cett« ipoquirè ^prouTer les vïtm sonJ&ances qui, on àhit et Aedi plus Uni, Ikapirirent i FiCbaja ie beDas

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no RÂGHE DB FERDINAND ET D lUBELLB.

prouvait guère ces largesses , et on l'enteadit s'écrier arec dépit : c II m'importe peo que Goosalre de Cordoae ait ^gaé QD royaume pour moi, s'il distribue tout aux antres avant que j'aie rien touché I > On commença à comprendre à la cour que le général était devenu un sujet trop poissant pour ne pss causer d'ombrage à son souverain'.

Pendant ce temps, Louis XII était tourmenté des pins vives appréhensions au s^jet de ses possessions dans le nwd de l'Italie. Ses anciens alliés , l'empereur Haximitien et la république de Venise, surtout celle^i, non senlemeot lai témoignaient de la froideur, mais paraissaient s'entendre secrètement avec son rival, Fmlinand. Le belliqueux pontife, Jules II , rêvait des projets tout à fait étrangers à ceux de la France. Les républiques de Pise et de Gênes étaient entrées en correspondance avec Gonsalve et avaient réclamé sa protection , tandis qu'un grand nombre de Milanais mécontents s'engageaient ii le soutenir vigoureusement,. s'il arrivait avec des forces suffisantes pour renverser le goov»nement existant. Non seulement la France, mais l'Enrope entière s'attendait it voir le général espagnol profiter de ses succès pour porter ses armes victorieuses dans le nord de l'Italie, révolutionner en passant la Toscane, reprendre Milan aux Français et chasser cenx-ci, découragés par leurs dmiien revers, au delà des Alpes.

Mais Gonsalve était déjà assez occupé de rétablir l'^die dans le royaume de Naples. Son souverain, bien qne les écrivains français l'aient absurdement accusé d'avoir nooiri des rêves de conquête universelle, ne se souciait nullement d'acquérir plus d'États qu'il n'en pouvait garder. Le trésor royal n'était jamais dans une situation très prospère, et Fer^ dinand , déjà «nbairassé de Caire face aux dépenses de b

PArX AVEC LA FRANCE. SU

dernière guerre, ne devait pas être disposé à s'engager dans DDe noavelle entreprise et k réveiller des ennemis qui semblaient Tooloir se reposer des fatigues d'une longue lutte. Aussi n'y a-t-î( pas de motif de croire qu'il eut jamais sérieusement cette idée pendant un seul instant '.

Mais Louis' Xll te craignait^ et pour cette raison il se prépara à régler ses difTérends avec son rival par la voie des négociations; c'était tout ce que Ferdinand désirait avec le pins d'ardeor. En effet, dens ambassadeurs espagnols avaient résidé, pendant la plus grande partie de la guerre, à la cour de France, dans le but de faciliter tes ptemières ouvertures qui pourraient être faites à ce sujet, et par leur entremise fat conclu un traité qni garantissait à l'Aragon ta possession paisible de ses conquêtes pendant ce laps de temps. Les principaux articles stipulaient la cessation immédiate des hostilités et le rétablissement complet des relations commerciales, sauf dans le royaume de Naples d'où les Français étaient exclus. Le roi d'Aragon avait plein pouvoir pour réduire toutes les villes napolitaines qui lui résistaient encore. Enfin, les souverains contractants s'engageaient solennellement, chacun de son côté, k n'assister en aucune . manière , ni secrètement ni ouvertement, les ennemis de Taatre. Ce traité, qui devait prendre cours à partir du S5 février lâ04, ftit signé par le roi de France et les plénipotentiaires espagnols, à Lyon, le 11 de ce mois, et ratifié par Ferdinand et Isabelle, au couvent de Santa-Maria de la Hejorada, le 31 mars suivant.

11 y avait encore, an cœur dn royaume de Naples, un petit

1 lift campagne contre Lonia TCTT sToit coûté à l'Espagne 331 enentoi 00 miUîoDS ie maravédis; i^éUàt fûn à bon marché la conqaéte d'oa rofume. Eiuxire N^ea avait-il oonrert le cmqoïËme des iius.

ut RfiCNB DB FBftDliUND «X B ISABELLE.

teiritoire, comfreaant Venouse ei ^usieors rilles TOisims, où Loais d'Ars et ses braves conpftgnoos coatinvaient de résister aux soldats àa roi d'Aragos. Ce traité ne loi hmM pinsd'eflpoir d'être secouru, l'iotrépide chevalier refusa de se rendre ; if partit à la l£le de sa petite et vaiHaate troa^ de Tétérans qui, armés de mijieu pièces, dit Bnjatôme, et la laoce aa repos, traveo^reot, en ordre de bataille, les provinces napolitaines et le milieu de la péninsule. Louis d'An, obeanio faisant, imposait des contribotions anx liHes oi il passait; c'est ains qu'il rentra en France et se préanta devant la cour, k Blois. Le roi et la reine, ravis de sa bravoure, vinreat ï sa rencontre et, dit le vienxcbrottiqnear, k régalèrent bien, ainsi que ses coaif)agnoB3, qu'ils eom* blèrent de largesses. tl& promirent eo méaie temps an bnve chevalier de lui accorder la Eavenr qn'il leur deBaiderait, quelle qu'elle fût ; oelui-«i se biHsa à les prier de nfféa de l'eiil son anci^ frère d'annea, Ives d'Alègre. Ce traîtdt générosité, dans celte époque de radesae, surprend apéa- Uement; il [vouve, avec d'autres attribués à eu gentils hommes français de ce temps , que l'âge de b chevalerie romanesqne n'était pas encore eolièremeoi passé.

La paciflcatioQ de Lyon décida du sort de Naples, et, en • taisant cesser les guerres dans ce rojaome, UMt fin à h eap rière militaire de Gonsalve de Cor^Me. ÛJi ue pcol eoatempter la grandeer des résultats obtenus avec d« û fattlM tessonrces et malgré tant d'obstacles formidables, saos èOt saisi d'une profonde admirati&n povr le génie é& IInmkm qui accomplit cette tâche prodigieuse.

Les succès de Gonsalve furent, il est vrai, dos eu partie VU fautes manifestes de ses adveisaireb. La nagoifiqne expéditiee de Chartes VIII n'eut a«ew d^éxnhh, ï cMsa

tiît AVEC U PRANCft. sa

priDcipakoieBt àt la précipitation avec laqaelle C6 monarqnct $'j était engagé, sans s'être saffisammenl coDcerté avec les puissances ilalieDoes , qui devinrent redoutables en se Ugaani derrière hi. Ce roi ne mit néme pas à profit son séjour il Naplu, pour ae concilier l'affeclion de ses nouveauï snjetB; loin de se mêler avec-eux, il se fit regarder comme nu étranger et un ennemi; aussi toute l'Italie s'unit-elte pour le chasser, àH qu'elle fat revenue d'nn premier moment de stopenr.

Louis Xll profila des Diutes de son prédécesseur ; Il conqnit le Milanais pour en &ire ia base de ses Totares opéra* tioDg; il s'assura, par des négociations et par d'autrea moyens, falliance des difiérents gonveroements italiens, qu'il intéressa k aa cause. Ces arrangements préliminaires aeftevés , il fit des préparatifs en rapport avec h grandeur de son entreprise. II échoua toutefoia, dans ta première eampagne, parce que, conaldérant la naissance plutôt qu« le talent et l'eipérience , il choisit an commandant incapable.

Son insuccès^ dans les campagnes suivantes, bien qo'ea partie dft k Int-méme, (tat causé plus encore par des eircoastances qnll ne pouvait prévoir. D'abord, le cardinal d'Antbeise retînt trop longtemps sons les mars de Rome r&nnée, qm fnt ensoile exposée aut rigueurs d'un hiver exceptionnel. Ed second lien, tes commissaires commirent toute espèce de ▼oîs, mais celui qni les nomma manqua , sans doute , de pmdence. Signalons enfin l'absence d'un bon, commandant en chef. La Trémouiiie étant tombé malade et d'Autrigny ayant été fait prisonnier par l'ennemi, il n'y eut plus parmi les Français un officior capable de se mesurer avec le général espagnol. Le marquis de Mantoue, qni avait le défaM

314 BËCNB DE FERDINAND ET d'iSABELLB.

d'être an étranger, était trop limide dans le conseil et trop lent dans l'actioa , poar s'acquitter convenablement d'ooe mission aussi difficile.

Mais, si ses adversaires commirent de grandes &ates, Gonsaive, il faut le reconnaître, n'en profita que grâce k son talent. Lorsqu'il entra pour la première fois dans lesCalabres, aucune perspective de succès ne s'offrait à sa vue. Les opérations militaires en Espagne, jusque ce temps, avaient été conduites d'après des principes tout différents de cens qui étaient suivis dans le reste de l'Europe ; c'est ainsi que, dans les dernières guerres de Grenade, on avait, suivant l'ao' cienne tactique, fait principalement usage de la cavalerie légère, à cause de la nature du terrain. C'était dans celle cavalerie que résidait d'ailleurs la force de l'armée, l'infaoterie, quoique habituée à un service régulier, élanl-mal armée et disciplinée. Pendant ce temps, une importante révolution s'était accomplie dans d'autres pays d'Europe; l'infanterie avait repris la supériorité que lui reconnaissaient les Grecs et les Romains. Des expériences, faites sur plus d'un champ de bataille, avaient proavé que les masses solides des piquiers suisses et allemands, non seulement ne pouvaient être arrêtées dans leur marche, mais présentaient DU mur impénétrable, que tes charges les plus désespérées des meilleurs chevau-Iégers ne pouvaient entamer. C'était contre ces terribles bataillons que le général espagnol devait, pour la première fois, lancer ses Asturiens et ses Galiciens, hardis mais mal armés et comparativement peo exercés.

Gonsalve perdit sa première bataille, qu'il avait, on se le rappelle, livrée malgré lai ; il agit par la suite avec la plus grande prudence, habituant peu à peu ses soldats à l'aspect

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