‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 41 sur 73 · PAIX AVEC LA FRANCE. 31S · texte numérisé non relu

PAIX AVEC LA FRANCE. 31S

et ani usages d'un eouAmi redouté, avant de les oieilre aux prises avec lui. Il s'ioslruisil lui-même peudant toute cette campagne, observant la tactique, la discipline et les armes nouvelles de ses adversaires, auxquels il emprunta tout ce qu'il put introduire dans l'ancieu système espagnol, sans le détruire entièrement; c'est ainsi que, tout eu laissant k ses compatriotes t'épée courte et le bouclier, il fit entrer dans les bataillons, i la manière des Allemands, un grand nombre de piquiers. Cet arrangement est vivement approuvé par Machiavel, aux yeux duquel il réunissait les avantages des deux systèmes; car, tandis que la lance longue servait k la résistance on même k l'attaque dans les plaines, le fantassin, avec son bouclier et son épée courte, pouvait, en s'ouvrant OD passage dans les rangs épais des piquiers, engager avec ceux-ci un combat corps à corps, dans lequel leurs armes formidables devenaient inutiles '.

Tout en introduisant cette innovation dans les armes et dans la tactique de ses compatriotes, Gonsalve s'occupait de former leur caractère, devoir impérieux pour lui dans les circonstances où il avait été placé à Barlelta et aux bords du Garigliano. Sans pain, sans vêtements, sans solde, sans espoir même de sortir d'une position désespérée en tentant Due sortie contre l'ennemi, le soldat espagnol avait été condamné à l'inaction ; on avait donc exigé de lui la patience, l'abstinence, une stricte subordinatiou et une résolution

* Hachmel attriban la débite de d'Aubi^j, à Senùnara, en grands partie ans annes des Espagnols qui, avec leor ép£e courte et leur boucliec^ •e frajant pasaage dana lei rangs seir£a des piqnien saissea, engageaient avec ceos-ci on combat corps i corps, dans lequel ila avaient tout l'araatage. La mâme chose arriva, quelques années plus i«td, a la mémoiable bataille de Bavenne. — Ubi aapn.

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IriSB pins grande qae celle qa'il fast poar cotDbitUe ntes ks oUUtdes ks plus formidibles; car les vigoureux effiarts qae bit le soldai nniment aaa ardeur tit Ini font oiUier le danger. Les Espagnols deraieot, en an mot, conuneoeerpar ' remporter la plaa difficile de tontes les TÎcloires , par se nincre eux-némes.

GoHsalve réussit dans sa tiche; il commaniqua à cens qoi l'entouraient une partie de son indomptable énergie; Use ât aimer d'eu poar les exciter à aaivre son exemple; il leur impija une telle confiance dans son génie, qu'an milieu des priTatioDS ils furent souienns par le fvme espoir d'un dénoaemeat heureax. Dans ses manières gracieiueB et affables ne perçait jamais cette norgne qoi distiaguait les grands seigneurs castillans. Il connaissait bien le caract^ fier et indépendant de TEepagnol; aussi, loin d'impmer ï celni-ci des entraves iantiles, il lui accordait la plus grande liberté. Mais qnelqaelois cette douceur disait place \ li sévérité, lorsqu'il avait à punir om insabordination. On M rappellera ta coodnite i l'égard de la soldatesque mutinée devant Tareate; c'est, sans doute, grâce ï cette remeté qu'il put mainteuir si longtemps dans le devoir ses mercenaires allemands, qui se faisaient remarquer eatre tou par leurs habitudes de licence et par lenr méiuis de Faaiorité.

Si GoDsaWe comptait snr la forte- constitution et la patience de ses compatriotes, il ne comptait pas moins sur l'absence de ces qualités chez ses adversaires, qui. non formés encore au rude aj^reatissage des guwres ultérieures, ressemblaient anx Gaolois, leors ancêtres, par la facilité avec laquelle ils se décourageaient devant des obstades imprévus, et par la difficulté avec laquelle on parveuait k les

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