‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 5 sur 73 · EXPULSION DES FKANÇAIS DE NAPLES · texte numérisé non relu

EXPULSION DES FKANÇAIS DE NAPLES

de mai. Comme ce deroier général est destiné à jouer an rAle glorieux dans les guerres italiennes, il convient de dire qoelques mots de sa vie antérieure.

Gonzalo Fernandez de Cordova on d'Aguilar, comme oo rappelait qnelqncfois du nom d'nne terre appartenant it cette branche delà famille, naqait à Montilla, en 1455. Son père mounit prématurément , laissant deux fils, Alooso de Agui' lar, cité dans quelques-unes des pages les plus brillautes de rhistoire de la guerre de Grenade, et Gonsalve, qui avait trois ans de moins que son frère. Sous les règnes , féconds en troubles , de Jean 11 et de Henri IV, la cité de Cordoue fut désolée par les querelles des Ëimilles rivales de Cabra et d'Aguilar-; on rapporte que les partisans de cette dernière famille, après la mort du p^ de Gonsalve, leur chef, témoignèrent leur attachement à cette maison en portant son fils, enËint, dans toutes leurs renconti'es ; de sorte que celui-ci grandit, peut-on dire, au milieu du bruit des armes.

La guerre civile finie, les deux frères suivirent la fortune d'Alphonse et d'Isabelle. Le jeune Gonsalve se fil bientôt remarquer à la cour par sa beauté extraordinaire, la grâce de ses manières et son habileté dans tous les esercices chevaleresques; il étalait dans son costume, dans son équipage et dans son train de vie une magnificence, qui, avec ses brillantes qualités, le fit appeler el principe de los cavt^eroi, le prince des cavaliers. Ses prodigalités lui attirèrent plus d'une fois d'afiectueuses remontrances de la part d'AIonso, qoi, étant son atné, avait hérité du mayorazgo on des domaines patrimoniaux et pourvoyait généreusement ï l'eo- Iretien de son frère. Gonsalve servit, pendant la guerre contre le Portugal, sous les ordres d'AIonso de Cardeoas, grand-maftre de Saint- Jacques, et fut publiquement complî-

mente par celai-ci sur .la bravoure qu'il avait déployée à la bataille d'^buera, où le jeune béros, comme on en fit l'observation, s'exposa sans nécessité aox plus grands dangers par la pompeuse richesse de son armure. Gonsalve parla toujours avec une extrême déféreace de ce commaodantt ainsi que du comte de Tendilla, déclarant qu'il avait appris à lear école l'art de la gaerre.

Mais ce fot pendant la longue lutte contre les Mores de Grenade qu'il compléta ses études militaires ; il ne joua pas» il est vrai, un rôle aussi émiuent dans ces campagnes que certains autres chefs plus âgés et plus expérimentés; mais, en différentes occasions, il montra une habileté, une valeur rares. II se distingua particulièrement à la prise de Tajara, d'Illora et de Monte Frio; il conduisit l'assaut donné à cette dernière ville et monta le premier sur les murs de la place, en face de l'ennemi. H faillit perdre la vie dans une escarmouche de nuit devant Grenade, peu de temps avant la chute de cette capitale. Au fort de l'action, son cheval fut tué sous lui, et Gousalve, tombé dans la vase et ne pouvaDt se dégager, eût été infailliblement tué, si un fidèle serviteur De l'eût mis sur son propre cheval, en lui recommandant, en peu de mots, sa femme et ses enfants. Gonsalve échappa, mais le brave soldat paya son dévouement de la vie. A la fia de la guerre, son adresse et sa connaissance de la langue arabe le firent choisir, avec Zafra, secrétaire de Ferdinand, pour conduire les négociations avec te roi more ; il fut reçu secrètement de Doit dans la ville et réussit à régler avec l'infortuné Abdallah les conditions de la capitulation, telles que nous les avons fait connaitre. Les souverains espagnols, pour reconnaître ces différents services, lui accordèrent une pension et de vastes domaines sur le territoire conquis.

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