‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 60 sur 73 · CONQUÊTE DK LA NAVARRE. I4S · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DK LA NAVARRE. I4S

Fenlinand profita de la trêve pour s'affermir dans sa nouvelle conquête. Il transféra sa résidence h Burgos , puis à l^rono , pour être plus près du théâtre de ses opérations; il renforça, ravitailla son armée, et exprima même l'intentioD. malgré le mauvais état de sa santé, de prendre en personne le commandement. Avec sa sagacité ordinaire, il prit différentes mesures pour améliorer la situation intérieure du pays, en calmant les discussions intestines, qui n'avaient pas été moins funestes k Jean d'Âlbret que le bras de ses ennemis, et, pour gagner l'affection de ses nouveaux sujets, il confirma et étendit leurs immunités et leurs privilèges municipaux.

d'Angleterre, de l'empereor et du papo; L'cnrojé castillan, don LoDi» Carroz, n'était pas présent â Jd^lines, mais il le ratifia et ; adhéra soleunellbmeot pour son aonverain, à Londres, le 18 avril. Par cet aote l'Espagne s'engageait à attaquer la France dans la Guienne, tandis qne les autres puissances l'qipnienùeat par nne diversion sur d'autres pointa. C'était contrerenir directement an traité signé cinq joars auparavant seulemeA à OrtLès, et, si cette clause fat écrite avec l'assentiment de Ferdinand, il faut avouer que c'était là un inutile étalage de perfidie à peine égalée de ce temps. Aussi cette coaduîte est-elle naturellement flétrie par les bistoriens français, du moins ceux d'one époque post^ieure, car nona ne trouvons aucune observation à ce sujet chez les écrivains contemporains. Ferdinand, lorsqu'il fut invité , l'été suivant , par Henri VIII à ratifier les actes de aon ministre, refusa en alléguant que celui-ci avait transgressé ses poavoin. Les écrivains espagnols ne parlent pas de cette a^re. Ce qui peut faire supposer que Ferdinand disait vrai, c'est qu'un des articles porta que, s'il refuse de confînoer le traité , celui-ci n'en existera pas moins entre rAnglclerre et l'empereur; cela peut sembler prouver qu'une pareille éventualité était prévue. Les traités publics ont, pour des motifs visibles, été gAnéralement admis comme la buse la plus sûre de l'IiistoirB ; c'est une chose dont pourrait bien douter celui qui essaie de concilier les discoidances et les contradictions qui abondent dans les traités de cette époque. La science de la diplomatie , telle qu'elle étût alors pratiquée , n'était qu'one lutte de Unease et de Eaussetéi ausn, plus les parties pcotestùent solennellement de leur bonne foi, plus U fallut se défier de leur sincérité.

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tté' RËCRE m FERmiraRD ET d'iSJIBELLE.

Le 3S mars iSTS, les états' de N^Vxrré prêtèrent sert&eol (le âdélilé aa ^oi' iTAragon, ëf, Te' 13 juin tSiSf, HA^^i (HKiehUï «riflMH'letiieiit dévaàt Ks" éorËès- tennes }f SUâ^ \r fétiiitoD de M- i^jrAinie ¥ là- Cï^llè.- ùitfe âétfiifilSta exeitff OU' certàio étonnenieat,' car lï N^arre' étA pHs -VM» sine' <fe l'Atâg^M',- miais' Ferdinand dèvsnt p^incipaleiHliRt6 cOÉquéK' k h- Giidttë, qui pouvait mîea^t la ^râef, étâfil phA pirtsHiistë. EU- «nfre, il pensàîl qne les' Navaiirais, tilttrellKbeDt fectieiA et (m'^Ienta,- seraient- f^ltt^ hâléifif^à' vtfûet imiv a«n Gàstiffails #'aiix J(i>8gîttirij^,' qtff, fUk

hardiesse qui déplait aux rois. Enfin il àisfSp^îlUfiti^ des enfants de son second mariage, qat avait diminué ses iàiéréis personnels , éfl agrandissant ses domaîàes Ë^ulaireB.

Leï àistortenii éti^ii^éi^ coAsM^Af là èttû^tfftS ^ Nr fUviTTe co'Aimé' une osdrpàtîon aiufaciéusé, «iann^', d'anlant pins odieuse (fli'ede ati eoavratt éa masque de h rtilîCiOD. D'du au#e <:6té, fe^ écrivàiiis OàlTOnairi àiSiffiH i&cbé dé rà jVsiifie'r; tés uns font dériver le droit cfe la-^ tÛle de son ancienne nnion ate& ce pay», presque' tm» anciettnet que HArriv'écf des Sarrasttts,- tes autres déttjoiifrdtt rdtllt'l^ dé cette mesure et lés avantages dé la réunion poor les deux royaumes; a^menta qui prouvent h faiMessede la easse' ^ Totis invoquent ph» oA mttfâs h fimeosè MHe

■ Le di(|ne ékumint' ShllCEar Ae MériOza; à rÈiVnptfr de L^xij^, iSk nd , triAii'e' ton SUiaAte jaatiGetktion da l'enr&hûâitmWJt de b Tittréfé dus le rigoUTeffic ttaîteineiit infli^ pir les Hébnffiz Ka peuple d'E{0h olfcSihDit, roidu Anrarhes. On peut ^Homier de tmt un oKtttkii ^tftoflter des ute« d'une rMe qu'il hait tuit, an Keu de« anblines prCce^ du fondateur At M teUgion | naia, eD réalité, les a '" Util peu ohrftisas.

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OKWIttTK UE là. RATNBM. ]«

<la Mo» H, en dxte dn iX fi&vmr 4513, exeomaiDQJaDt te» aoQveMÛQs dft k Bavarre eonou b^éti^fsea, 3ch>inati)|MS -el «nncnua de l'Ëgliie; déibait leurs aqjets dusenoeul de fidélité, meUMt leurn^aioie aoaa ioterdit et le doimantfc celui qui voudrait le prendre oa t'auaît déjà pris ; li pluput même se foodeot poremeat et simpleiDeat sur cette bulle, 'Comme jnstiiïtnt et «uwnaDdut ka conquête. M»ks te sUenee du roi catholique ï ce sujet, avant L'inusioa, et depuis des idatorieufl ualiasanx qn OBt obligé de citer ce docnineat, a Tait douter de son existence; ces doutes ont été dissipés par la récente poblicatioa de cote pièce, mais, à notre avis, il y a de bonnes raisons de crure que celle-ci est postérieure à finvasion. La bulle n'aurait donc pas été le motif de cette .gii0re, mais une sanction demandée plus tard au poptife pour en couvrir l'injustice et autoriser Ferdinand à eu re* <»£ii]if les fruits.

Hais , quelque autorité qu'une pareille sanction pAt aroir AB xn* siècle, elle n'en a gnère aujoard'tini, du moins hors d'Espagne ; il n'y a qu'une manière de bien juger la question, c'est de se placer an point de vue des maximes de drpit public, reconnues généralement comme la règle des rdbtîons entre les nations civilisées. Cette science, il est vrai, ^tait imparfaitement connue à cette époque, mais, daus ses principes généraux, elle était, comme de nos jours, fondée SUT la base immuable de la moralité et de la justice.

Reportons- nous uu peu en arriére et examinons la cause immédiate de la guerre. Ferdinand avait danaodé le passage libre poor ses troupes & travers la Navarre ; celte demande était acceptable et, sans doute, eAt été aceef tée, dans des circonstances ordinaires, par nn État neutre; mais celni«ei «tait, après tout, seul juge de la question, et il pouvait jutti-

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fier de plusieurs maaières un rerus. D'abord, il y avail dv daoger pour lui, qui était faible et sans défense, à donnn' cette autorisation ; en second lieu, ayant, par un traité antérieur avec l'Espagne, traité dont il avait reconnu la validité dans celui du 17 juillet avec la France, promis de refiiser le passage à cette dernière puissance, il ne poavait, sans sortir de la neutralité, l'accorder ensuite à l'Espagne ; enfin, k one demande juste on en ajoutait une autre, on exigeait qa'il livrât cerEaines forteresses, ce qui pouvait compromettre son indépendance.

Mais, si les soitveraiDs uavarrais avaient ces raisons de répondre par un refus à Ferdinand , ils n'étaient pas autorisés à lai déclarer la guerre, comme ils le firent en réalité, lorsqu'ils conclurent un traité d'alliance défensive avec son ennemi, Louis XII, et s'engagèrent à combattre les Anglais et les alliés de ceus-ci, clause évidemment menaçante pour le roi catholique.

Il est vrai que le traité de Blois n'avait pas été ratifié par ces souverains , mais il avait été signé par leurs plénipolen- ' tiaires, munis de pleins pouvoirs k cet effet, et, vu les relations intimes existant entre les deux cours, il avait, sans doute, été fait avec leur assentiment. Dans celte situation, on ne devait pas supposer que Ferdinand, mis par hasard dans le secret de ées négociations, attendrait une déclaralion formelle de guerre, se privant ainsi de l'avant^e qu'il trouvait à prévenir l'ennemi.

Le droit de faire la guerre implique, en apparence, cdui de recneillir les fruits de la victoire, mais en tenant compte de ces principes d'équllé naturelle qui doivent r^ler tout acte public ou privé. Or, il n'y en a pas de pins évident qoe celui-ci, c'est que la peine doit éire proportionnée à la fôote;.

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