‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 61 sur 73 · CONQUÊTE DE LA NAVAHRE. I · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA NAVAHRE. I

eolever ans sonveraios oavarrais leur couronne, délruire l'exislence politiqne de leur royaume, c'était là uDe ripeur qai ne pouvait se justifier que si les vaincus s'étaient rendas coupables d'offenses extraordinaires ou si les vainqueurs avait dû veiller k leur propre sûreté. Mais il n'en était pas ainsi dans ce cas, et l'on doit condamner la conduite du roi d'Aragon comme un flagrant exemple de l'abus du droit de conquête. Nous n'avons vu que trop souvent, de nos jours, de pareils actes d'injustice politique; mais si le grand nombre et l'éclat de ces crimes ont émonssé notre sensibilité, le mal ne peut pour son excuse invoquer des précédents.

Tout en condamnant le roi catholique, nous ne pouvons partager l'opinion de ceux qui, ayant étudié moins minutieusement la question, prétendent que cette usurpation avait été froidement préméditée. Ferdinand était, paraît-il, de bonne foi, dans ses premières demandes. Quant aux forteresses, il ne faisait que demander ce qui avait été accordé, do temps d'Isabelle, où cette occupation avait cessé au relonr de la tranquillité. La proposition d'entrer dans la sainte ligue offrait tant d'avantages à la Navarre, que le roi, ignorant les relations intimes de ce pays avec la France, pouvait supposer qu'elle serait acceptée ; dans nn cas pareil, il n'y eût pas eu de prétextes à une invasion. Même après l'ouverture des hostilités, Ferdinand, à en juger non senle> ment par ses manifestes publics, mais par sa correspondance privée, parut disposé à n'occuper le pays que jusqu'à la fin de son expédition contre ta France; mais la facilité de garder ces conquêtes, une fois faites, était une séduction trop grande pour qu'il pût y résister. Il lui était aisé de trouver un prétexte plausible pour sa justification et d'obte-

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