‹ Histoire du règne de Ferdinand et d'IsabelleChapitre 62 sur 73 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

NOBT ItE rERDUlJlHD.

41S13-iS16)

NominatioR de Gonsalve de Cordooe an oomm&ndement de l'anaje

(Tl^e. — Ëntlioaaiasme général. ~- DiiiBiice du roi. — Retraite de <fth4alVé' daAs sea terres. — Diiclin de sa Mnté. ~ Sa mort et ftm caractère. — ïlaladie de Ferdinaniï; ■'^ Progrès' dn md. -^ Moit) de Pmdiuand; -^ Soft oaraotère. ^' CoÈip^iusùt à^W MMU.- — JogeiAent des ecntenrjioraiiw.'

Mtigrë le boR «tin qae FéHinaDâ rafticlienait en C«sliUd pfer sa coâdnite éâei^i^tWr aÎDsi que par t'hGibileté arec bqttelle H dëtoornSit vers des ntpédilioiis étra«f^res fardcfir 4le ses SDJelay il éproDvait encore des eootrariétés de phu d'uii Relire. C'est aiom <|iie MaxiAliKeD réckni^t >a régenoe* comme aiieal paleraet dé l'héritier présomptif dv trAnc ; il aTftît déjà e>j)riiné phis d'une foie l'inteaiiAn de venir luilaéme es GastiUe revêmltqirer se» droits, et, bien que ce prince donqnichottesque, qai avâil passé sa vie à (jembatire (les moulins à vent, n'eût guère fait sensation, tA par ses iMnaces ni par ses promesses, il xraît fourni nn prémte & «•« faMion opposée aux intérêts dn roi ealholiqDei

Dms l'hiver Ae 1S09, par l'entremise dé Leuis XII, biI

ISX RËGNE DE FERDINAND ET d'iSABELLB.

arraDgement fut fait avec Masimilien, qui retira iJéfiDtiiiemeot ses prétentions à la régence de Castille, à la conditioD que Ferdinand lui foornirail un secours de trois cents lances et lui abandonnerait les cinquante mille ducats qu'il devait recevoir de Pise; nulle somme d'argent n'était à déda^er aux yens d'un empereur dont les ressources étaient aas» faibles que ses projets étaîeiil vastes et chimériques. Mmt après cette époque, le parti autrichien réussit k inquiéter le roi, en réclamant le gouvernement pour l'archiduc Cbaries, au nom de sa malheureuse mère ; de sorte qu'à la fin k monarque commença à éprouver non seulement de la défiance, mais de l'aversion pour son petit-fils, tandis que celui-ci, il mesure qu'il avançait en Sge, sliabituait à regarder son grand-père comme un usurpateur, qui l'avait dépouillé de son bien légitime.

Le soupçonneux Ferdinand était encore tourmenté par U jalousie qu'avait injustement éveillée chez lui son illustre sujet, Gonsalve de Cordoue ; cette jalousie fut surtout excitée, lorsque des faits lui révélèrent d'une manière éclatante la popularité de ce général. Après la défaite de Ravenne, le pape et les autres alliés du roi d'Aragon le pressèrent vivement d'envoyer le Grand Capitaine en Italie, comme le seul homme capable de tenir tête à la France et de rétablir la fortune de la Ligue. Le roi, craignant pour ses propres Étals, accueillit à regret cette demande et ordonna à Goosalve, en mai 1513, de se tenir prêt à prendre le commaodemenl d'une armée qui devait être immédiatement levée pour l'Italie.

Cette nouvelle fut reçue avec enthousiasme par les Castillans ; des volontaires de tout rang accoumrenl en foute sons les drapeaux d'un général, sous lequel il était glorieux de

MOItT DE FERDINA^D. 153

servir. < Il semblait, > dit Martyr, i qae l'Espagne all&t livrer, jiisqa'à la dernière goutte, son sang noble et gênéreux. Rien ne paraissait impossible, ni même difficile, avec uD pareil chef. Il n\ avait, pour ainsi dire, pas dans tout le pays un cavalier qni ne regardât comme un déshonneur de rester en arrière. Tant est merveilleuse, > ajoute-t-il a l'autorité qu'il s'est acquise sur tous! »

Les volontaires alHuaient en si grand nombre sons la bannière du Grand Capitaine, que l'on eut peine à recruter l'armée nécessaire pour la Navarre, alors menacée par les Français. Le roi, alarmé à celte vue et délivré pour le moment, par les nouvelles reçues d'Italie, des craintes d'une invasion dans le royaume de Naples, envoya des ordres qui rédaisaieat considérablement le chiffre de l'armée à lever ; tuais le succès ne répondit guère à son attente, car ceux qui avaient quelque fortune aimaient mieux servir à leurs propres frais sons Gonsalve, que d'être payés sous un autre général , et il y avait plus d'un pauvre cavalier qui avait dépensé tout son avoir ou s'était couvert de dettes, pour pouvoir s'équiper de manière à faire honneur à la chevalerie espagnole.

Ferdinand devint de plus en plus défiant de son général, devant ces preuves de sou immense popularité; il voyait déjà Naples menacé d'un plus grand danger par son sujet que par l'ennemi le plus redoutable. Il avait d'ailleurs appris que les Français étaient en pleine retraite, se diri- -geant vers te nord; il n'hésita plus et envoya, au mois d*août 1512, à Gonsalve, qui se trouvait à Cordoue, l'ordre de licencier les troupes, attendu que l'expédition serait ajournée jusqu'après l'hiver; il invitait en même temps les soldats à prendre du service pour la Navarre.

Cette nouvelle fut reçue avec indignation par toate l'ar-

^ REÇUE DE PBHDINAHU ET fi'iSABELLE.

«ée. Presque toivs les officiefs nefasér«*t 4e se rendre à l'iDvitatioo qui le«r <éUHt Ërite. GoDsalHe,.q«i coaiipnnah |{Q9 ptofif? {le <* cbaageBMRl ^ nâsolutioa, fat proroodéfpeot at^sible à cet affront; il enjoignit loateTois Àsisaal- ^atsâ'qbétr i. l'ordre qui leur éuii^ doosé. Avant de lesj» voyer , coot^te il ^vait qa'un grand nombre A'eatn .en avaient fait des dépenses au desaus de leurs môyette^Utar fit îles largesses pour l'éDomie somme, de. oents^lle doaU, si ^tts .en cToy<>w ises. biograpt>es. ,■ Ne fennez jamw b m^n , ■ disait-il à so.ii .intendant , qui 'lui jlaisait 4es (dnvyatiog^ à:OeAuj«t; « oq ne.peut-memc .jovir.de^opiMo qii'ep;Ied]<H)Daiit. s '|t ëcrivit eosuite aa-roi «ne lettre dav laqqetle, donaant up libre coxus .à «on indigoaiion, jI,k plaignit .a^èri^oHuit q.4e ses s^nfiws .essseot ^Jë si wl récQmpeasés et demanda ta permission de se:r^rer -datUMO àfiç^é 4e T^rranâva, dans le ro^nme de'Naples, p^isfoe a^fié$tnfe .n'était plus désormaiis utile en Espagne. GeVe deqiaa,de iDl^l^it pas faite pour calmer Jesisoupçoas.de ftfdin^nd; il:répondit toutefois c dv)s le style douot^et divable qu'il savait :6i bien prenne, » dit .ZHri|A,.et. ^aprèsjw exposé £es mQtirs pour renoncer, malgré lui, ii t'espéditioDt il recommanda k Gonsalve de retourner à :Loja, .au WHps jugiiu'à cequ'Hn.arfaQgeiPf.Qut e^l été pris relati>e|i>«pt.f>PK ^ffairçs d'lialj«.

Aiusi condamné :Jt rentrer 4uas .la retraite, JeiGi^d <]i^itaioe reprit SQD aDCfep.genre deT.ie,.pqvr0ntg^nére(u«n)Ht s^ maison aitx gens d.e .mérite, s'oceupaut de.pngets:pw l'amélioratioa du sort de ses vasçaifx.et de ses vo^^,:ift méritant plus la reconnaissance d^. hommes ii{ve;le-T>Hiquear couronné de lauriers san^^^ts. iPourgpoi l'faaniaailé oe préfère-t-elle pas cette gloire pure?

3iroitT:IK FBRQIIjANP. 4^

Xe roi ^laU im<w icbfi^iaé àç ne pas ft¥ojr d'enfunt .de sob«<«wk1 n>ari#ge,;4)e'(|wJi«iir%isaU surtout désirsr wa fijp, c'âuit:«a lmia»eiiQr)lufi J» -mma d'Autriche, haine» graacle qu'il eût vodId dimiaaer le vaste héritée que .devait un jonr ncuoillif WD -pMit^l^ fCtwrles, i\ faut l'aToaer, «et «mpresfleufiRt à wertfi^r k ruu 7»$a6nti«eDt personpel Jes nobles pffojets^qu'iJ anait^ifiwet)» fiKfic Isabelle pour la coasolitiiatioD AetenDoarchie.ne.rràJtifMUieflf ni au coeorDï à l'esprit^e Fendioaud. l<e« v»w .4e fifini^ avaient éié -sw le poiot ^ ise .^lûer; la ireise ACKOuoba à'aa jfils, le s mars 1500 ; nuit, crauae si la Pnyvidfnce :n'«fl(t pas voulu différa {a glonevse réunion ;des£tat0ifnpa^olfl> si Jongtenips déattée etjpteaque achevée., rsnfBDt«e>vé(wt<(]ae. quelques heures.

Dêsihirs F«Edinand de^tÎQt ide nim m plus obagriu. Jl ncftOcat^'des^Dioyeos.artifîeiels.pQur jQrtJGer aa coualitutîM, naûIssdn^KMs qu'il prlt:wr«tt un effet tout opposé. Do :inoiaiB, deppis ce temps, Vétié de :i&t3, il fai accablé d'iD&anités ,qu!)l ja'avait jamais comaues. Ce priuce, qui A'itait Xait iKinarçuer par sou Jwinew i^ale et par sqd eiQouenieQt, deviat iwjnjtiQDt, irritabJie.,«t se muuUa souvent en proie à une noire mélaneoliej; il iierdit.toat goût pour les affaires et même pour lesiplaisins, excepté la chavse à [laquelle il donnait la plus gtaude partie de soo teaips. liiné par la fièvre, il ne se plaisait quII^ part et, pent^t IsB dernièces années de sa vie, Ja cour fot;con8taitt»enjt en Toyafe. Le malbeuceuximonarque ne pouvait fuir Hcninal ni.ae fliir Inirinteie.

ShataVélié delSlS.MS serviteurs le trouvèrent une :nnit d«)s «n dlat d'inaensibililé complète, d'où ils le tirant «fecpeine. H eut Mpeodant encore des moments d'énergie; c'est ainù qu'il se rendit en Aragon pour présider les coriès

IS6 RËGNE DE FERDINAND ET D'ISABELLB.

■et oblenir des subsides que les nobles rerosaient, par des motifs intéressés. Le roi ne réussit pas à vaiDcre cette résistance, mais il déploya, en cette occasion, son habileté ei a résolution habituelles.

De retour en Castille, où il parut toujours résida plos volontiers que dans son propre royaume d'Aragon, peut-être à cause de la sociabilité plus grande des Castillans, le roi reçut une nouvelle qni, dans la situation d'esprit où il élail, le tourmenta vivement. H apprit que le Grand Capilaioese préparait à s'embarquer pour les Flandres, avec son ami, le comte d'Urena, son neveu, le marquis de Priego, et son futur gendre , le comte de Cabra ; quelques-uns insiuimieiil <|ae Gonsalve allait preudre le commandement de l'armée papale eu Italie; d'antres, qu'il allait rejoindre Tarcbiiliir Charles, pour le conduire, s'il était possible, en Castillt Ferdinand, qui se cramponnait d'autant plus opioiâlréaieDi au pouvoir, que celui-ci était pins près de lui échapper, k douta pas que cette dernière supposition ne f&t la vraie; H «QToya donc l'ordre d'empécber le départ projeté et it s'emparer, au besoin, de la personne du général; mais celui-ci devait bientôt partir pour un voyage dans lequel onl bras humain ne pouvait l'arrêter.

Dans l'antomne de IMS , Gonsalve fut attaqué d'aae fièvre quarte qui, au début, le fit peu souffrir. Sa constilnlion, naturellement bonne, avait été fortifiée par les rodes travaux de la vie militaire, et, quoiqu'il se fût toujours exposé sacs crainte au danger, ii avait été assez beareoi pour ne jamais recevoir de blessure. Mais, si sa maladie n'avait pas d'abord paru inquiétante, il ne parvint pas à s'ta délivrer, et il se retira à Grenade, espérant que l'air salais de celte ville améliorerait sa santé. Tons les efforts lentes

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