HORT DE FERDINAND
s'élève au dessus de la foule de ses semblables. On peut toutefois remarquer que l'impitoyable sévérité avec laquelle des écrivains étrangers , peu sensibles au mérite de Gousalve, condamaent ces deux Tautes, prouve assez clairement qu'elles sont les seules, un peu graves, qu'on puisse lui reprocher.
Quant à l'accusation de trahison, nous avons déjà dit qu'elle n'était apparemment fondée sur rien. [I serait, sans doute, étrange que l'ingratitude dont il avait eu à se plaindre, depuis son retour de Naples, n'eût pas provoqué son indignation, et il ne serait pas étonnant que, dans cette situation, il eût vu favorablement les prétentions que l'archiduc Charles, grandissant en Âge, faisait valoir à la régence; mais c'est là une supposition gratuite, et ou ne peut citer UD acte contraire aux intérêts du roi. Sa vie publique tout entière témoigne de sa parfaite loyauté, et les seules taches qui souillent sa mémoire, il les dut à son obéissance aveugle aux ordres de son maStre. Il n'est pas le premier et n'a pas été le dernier qui, pour avoir servi son roi plus même que Dieu, a élé récompensé par la plus noire ingratitude.
Sur ces entrefaites, la santé du roi avait décliné rapidement et bientûl il devint évident qu'il ne survivrait pas longtemps à l'objet de sa jalousie; son mal avait d^énéré en une hydropisie, compliquée d'une affection du cœur; il ne respirait qu'avec peine, se plaignait de manquer d'air dans les villes populeuses et passait la plus grande partie de son temps, même pendant les premiers froids, dans les bois et dans les plaines, se livrant, autant que ses forces le lai permettaient, aux plaisirs fatigants de la chasse. L'hiver avançant, il se dirigea vers le midi ; au mois de décembre, il s'arrêta quelques jours dans une terre du duc d'Albe, près de Placeotia, où îl courut le cerf. Il poursuivit ensuite son
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voyage eo Andaloosù, mais, «a janvier fSI6, il tOBiba n mafade en roste, dans le petit vidage de Madrigalejo, pris de Truxillo, qfu'il loi fut impossible d'aller pins loin.
Le rai semblait désirer de fermer le pins longtemps possible les yeux sur le danger de sa situation, il refosa de se confesser et de recevoir son eonfesseur dans sa chambre. Il agit de m^e envers l'envoyé de son petit-^ls, Adrien d'Utrechl. Cdai-ci, qui était le précepteur de Charles et fut pins tard élevé, par l'entremise de ce prince, à la papasté, était arrivé en Castille, quetques semaines auparavant, dans le but ostensible de conclure nn arrangement déflintifavee Ferdinand, au sujet delà régence; mais, en réalité, comme le prouvèrent par la snite les pouvoirs dont il était nnni, il devait se trouver dans le pays ponr prendre \ea rênes do gouvernement, à la mort du monarque. Celui-ci avait aceoetlli l'ambassadeur avec une froide politesse et il avait été convenn entre eux qu'il conserverait la régence non seulement pendant la vie de Jeanne, mais pendant toute la sienne : il en coAte peu de faire des conceseîons k an mourant. Adrien, qui était en ce moment à Gnadalupe, ne fbt pas plus Idt infonné de la maladie du roi, qu'il acconral à Madrigalejo; Ferdinand devina le motif de sa visite : « Il est venu me voir mourir, » dit-il, et, refusant de le recevoir, il ordonna k l'envoyé confns de retourner k Guadalope.
A la fin, les médecins du roi se hasardèrent à rinfonner de sa situation réelle, le conjurant, s'il avait des affaires d^portanee ï régler, de s'en occuper sans relard; il les écarta avec calme et parut dès ce moment recouvrer son courage et son sang-froid habltoels. Après avoir commani^ et rempli ses devoirs rellgienx, il appela aaprèa de lui ses courtisans ponr se concerter avec eux relativement an goB-
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vcrnemenl du paya; parmi lies assistaoU, se trouvaieBl s«s âdéles jKinisaBS, le iae A'Aïfx el le marquis de Dénia, atm BKijordome, avec plusievn évéqnes et conseillers de la eoa-
FDIUM.
Le roi, paialt-il, S'Tait fait plunenrs testaments; par Vm, dressé il Bbi^os, cd tM2, il avait cODÛé ie gouTememeQt de ta Cafttil^e et àe l'Aragoo i Pinrant FerdinaDd , ea Pabseuce de soD frère Charles; ce jeune prioee avait été élevé CD Espagne , sous le» yeui de son grand-pèie , qui ■oarrissatt pour lai une tendre affection. Les conseillers ^élevèrent éoergiquemest etratre celte disposition; Ferdiotad, disaieet-ita, étaient trop jeune pour prendre en mains l'autorité. Cette noiniaatioi» susciterait certaiDemeot de nouvelles factions en Castilte ; elle le lerait considérer, en ^elque sorte, eonme un rival par son frère et poorrak Veiller chez lui âes désirs ambitievi, gui le conduiraient infeillibteBieat à des décepliM& et peat-étre à sa perte.
LeoNMiarqBe, qui n'eût jamais, dans se» meitlemft jotirs, fkit un pareil choii, se rendit ï ces obseivations avec pins de docilité qu'il n'en efti montrée aobefbis. ■ A, qai donc, » 4en2Dda-t4l, • laisserai-je la régence? ■ • A ^imenès, afcberêqoe de Tolède, ■ répondiwn. FeriînaM détourna la tête, d'an air mécoateot; aiais, après od silence de quelles instants, il répliqua : < Vous awz raisoB. Ccai certainement un honnêle homme, à intentions droites; il n'a pas d'amis iII^>or(Dns oi de parents â placer. II doit tout à la reine Isabelle et k moi, et, comme il a été toujours dévoué aux intérêts de notre famille , je crois qu'il le restera. ■
Le roi ue pouvait cependant se décider à abandooDer l'idée d'établir magnifiquement son bien-aimé p^t-Als, et
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il voulait loi conrérer la grande maîtrise des ordres militaires ; ses conseillers lai firent les mêmes objectioas, ajmtant que cette position était trop haute ponr up sajel quelconque et le priant de ne pas défaire l'œuvre qne b reine avait eu tant à cœur, en annexant à peipétuité Mte dignité il la couronne. ■ Ferdinand restera donc pauvre, > s'écria le monarque, les larmes aox yeux. ■ Il aura l'amilié de son Trère, • répondit un des conseillers; < c'est le meilleur legs que votre majesté puisse lui Taire. »
Le testament, tel qu'il Tut définitivement dressé, donnai) la succession des royaumes d'Aragon et de Naples à Jeanne et aux héritiers de celle-ci; l'administration de la Castille. pendant l'absence de Charles, était Anfiée k Ximenès, et celle de l'Aragon, au fils naturel du roi, l'archevêque de Saragosse, que sa prudence et ses manières populaires avaient Tait aimer dans ce pays. Le monarque donnait plusieurs villes dans le royaume de Naples h V'mtml Ferdinand, avec une rente annuelle de cinquante mille ducats, assignée sur les revenus publics ; il laissait à la reine Germaine h pension annuelle de trente mille florins d'or, fixée parle contrat de mariage, avec cinq mille de pins, qui devaiait lui être payés pendant toute la durée de son veuvage*. Le testament renfermait encore plusieurs clauses relatives i des œuvres de piété et de charité, mais rien qui mérite noe
' La jojeuse veave de S'erdùund ne jouit pu longtemps de cette p<Bsion i peu de temps après la mort de celui-ci , elle donna sa mua au mitqoia de Brandebourg, puis, ce seigneur étant mort, elle se remaria aree le prince de Calabre , qui avait été retenu en Espagne ilaos une espte ^ captivité déguisée, depuis qne son père, le roi Frédéric, avait été itnTOni du trâue. Ce fut, dit Guiohardin , la seconde union stérile que Chirin- Quint , pour des raisaos politiques visiUes, fit contracter ■ la l^to liéritière de Naples.