‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 2)Chapitre 129 sur 246 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

qu'un comité pris dans les deux Chambres serait cnargé d'instituer une enquête sur la manière dont avaient été dépensés les fonds secrets de la Compagnie des Indes orientales, puis un acte fut passé rapidement portant que si Cook faisait à ce comité des révélations sincères et complètes, il serait amnistié pour les crimes dont il pourrait faire l'aveu, et que jusqu'à ce qu'il eût fait ces révélations il resterait a la Tour. Leeds fit en public, à cet arrangement, toute l'opposition que la décence lui permettait. Mais, dans le particulier, ceux qui se sentaient coupables eurent recours à des artifices sans nombre pour dérouter l'enquête. Ils insinuèrent que cette enquête pourrait mettre à jour des choses que tout bon Anglais souhaiterait de cacher, et que la plus grande partie des sommes énormes qui avaient passé par les mains de Cook avaient été données à Portland pour l'usage de Sa Majesté. Mais le Parlement et la nation étaient résolus à connaître toute la vérité, quelles que dussent être pour tous les conséquences des révélations1.

Enquête par le comité réuni des deux Chambres.

Dès que le Bill d'amnistie eut reçu l'assentiment royal, le Comité réuni, composé de douze lords et de vingt-quatre membres de la Chambre des Communes, s'assembla dans la chambre de l'Échiquier. Wharton y fut nommé président et, en quelques heures, il se fit de grandes découvertes.

L'honneur du roi et l'honneur de Portland sortirent purs de l'enquête. Non-seulement le roi n'avait rien touché des fonds secrets distribués par Cook, mais, pendant quelques années, il n'avait même pas reçu le présent ordinaire que, sous les règnes précédents, la Compagnie déposait chaque année au pied du trône. Quant à Portland, il résulta de l'enquête que cinquante mille livres lui avaient été offertes et qu'il les avait refusées. L'argent resta pendant une année entière à sa disposition. Au lieu de changer d'avis, il finit par dire à ceux qui le pressaient d'accepter ce magnifique présent, que s'ils persistaient à l'insulter par une oflre semblable, ils feraient de lui un ennemi de leur Compagnie. Beaucoup de gens s'étonnèrent de la probité qu'il montra dans cette occasion, car il passait géné-

• Çulleciivn exacte de* Débats et des Actes,

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ralement pour un homme intéressé et cupide. Il aimait l'argent sans doute, mais il était honnête et d'une probité rigoureuse. Il prenait sans scrupule tout ce qu'il croyait pouvoir prendre honnêtement, mais il était incapable de descendre à un acte de bassesse, et il regarda même comme des affronts les compliments qui lui furent adressés dans cette circonstance'. L'intégrité de Nottingham ne surprit personne. Dix mille livres lui avaient été offertes et avaient été refusées par lui. La corruption fut pleinement prouvée dans un petit nombre de cas. Les agents que Cook avait employés dans cette œuvre honteuse, avaient probablement distrait une partie considérable de la somme qu'il avait tirée de la caisse de la Compagnie, et il fut assez difficile d'apprendre ce qu'était devenu le reste, d'après les dépositions arrachées aux témoins qui furent cités devant le comité. Toutefois, on saisit un rayon de lumière ; on le suivit et il conduisit à une découverte de la plus haute importance. En suivant la piste, on vit qu'une forte somme avait été remise par Cook à un agent nommé Firebrace et par celui-ci à un autre agent nommé Bâtes, bien connu pour être en étroite relation avec le parti de la Haute-Église et surtout avec Lecds. Bâtes fut cité devant le comité, mais il se cacha ; des messagers envoyés à sa recherche finirent par mettre la main sur lui. Amené dans la Chambre de l'Échiquier, il prêta serment. L'histoire qu'il débita nous montre qu'il était partagé entre la crainte de perdre ses oreilles et celle de faire du tort à son patron. Il avoua qu'il s'était chargé de corrompre Leeds, que, dans ce but, on lui avait remis cinq mille cinq cents guinées, qu'il avait offert ces guinées à Sa Grâce et, qu'avec la permission de Sa Grâce, il les avait laissées dans son hôtel, aux soins d'un Suisse, nommé Robart, qui était l'homme d'affaires de confiance de Sa Grâce. Il semble que ces faits ne sont susceptibles que d'une seule interprétation. Toutefois, Bâtes jura que le due avait refusé d'accepter un liard. « Pourquoi alors, lui (lemanda-t-on, cet or laissé de son consentement dans sa maison et dans les mains de son domestique? » Parce que, répondit Bâtes, je ne sais pas compter l'argent. Je priai donc Sa Grâce de me permettre de laisser chez lui les pièces, afin

' L'Hermilage, 30 avril (10 mai) 1095; Purlland à Lexinglon, 23 avril (3 nui,).

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