CHAPITRE I
Jésuites. Les Jacobites anglais avaient très-peu de chose à opposer à ces reproches; et le gouvernement français n'y opposa qu'un silence absolu '.
Guillaume retourne en Angleterre.
La campagne des Pays-Bas se termina sans autre événement qui mérite d'être mentionné. Le 18 octobre, Guillaume était en Angleterre. Le 20, à une heure avancée de la soirée, il arrivait à Kensington, après avoir traversé la capitale dans toute sa longueur. Sa réception fut cordiale. La foule était considérable, les acclamations bruyantes ; et toutes les fenêtres qui se trouvaient sur son passage, depuis Aldgate jusqu'à Piccadilly, étaient illuminées 2.
Mauvaise administration de la marine.
Mais, malgré ces démonstrations favorables, la nation était désappointée et mécontente. La guerre n'avait pas été heureuse sur terre. Sur mer, un grand avantage avait été obtenu, mais on n'en avait pas tiré parti. On s'était attendu généralement à voir la victoire de mai suivie d'une descente sur la côte de France, Saint-Malo bombardé, les derniers débris de l'escadre de Tourville détruits, les arsenaux de Brest et de Rochefort ruinés. Cette attente n'était sans doute pas raisonnable. De ce que Rooke et ses marins avaient fait taire les batteries élevées à la hâte par Bellefonds, il ne s'ensuivait pas qu'on pouvait impunément exposer des vaisseaux au feu de forteresses régulières. Cependant le gouvernement ne montrait pas moins de confiance que la nation. De grands préparatifs furent faits. La flotte alliée, promptement réparée à Portsmouth, reprit la mer. Rooke fut envoyé pour faire des sondages et observer les cou-
1 C'est principalement dans les propres aveux deGiandval que j'ai puisé ces détails sur son complot. Je n'ai pas parlé de Madame de Maintenon, parce que Grandval n'en a pas parlé dans sa confession. L'accusation portée contre elle repose uniquement sur l'autorité de Dumont. Voir aussi True Account of the horrid cvnspiracy against the life of His most sacred Majesty William III, 1692 ; — Reflections upon the late horrid conspiracy contrived by some ofthe french Court to murder His Majesty in Flandcrs, 1 CiJ-2 ; — Bui nel, II, 92 ; — Lettres de Vernon, écrites du camp à Coït, et publiées parTindal; — London Gazette, 11 août. La Gazette de Paris n'en dit pas un mot, — silence Lrès-significaUf.
* London Gazette, 20, 24 octobre 1692.
rants sur les côtes de Bretagne '. Des bâtiments de transport furent réunis à Saint-Helens. Quatorze mille hommes de troupes furent rassemblés à Portsdown, sous le commandement de Meinhart Schomberg, promu, en récompense des services de son père et des siens, au premier rang de la pairie irlandaise, et maintenant duc de Leinster. Il avait sous lui Ruvigny, créé comte de Galway pour sa conduite à Aghrim; La Mellonière et Cambon, avec leurs braves bandes de réfugiés, et Argyle avec le régiment qui portait son nom et qui, d'après des bruits qui commençaient à circuler, avait fait, l'hiver précédent, quelque chose d'étrange et d'horrible dans un pays sauvage de rochers et de neiges, qu'aucun Anglais n'avait encore exploré.
Le 26 juillet, toutes les troupes étaient à bord. Les transports mirent à la voile et, en quelques heures, eurent rallié la flotte dans les environs de Porlland. Le 28, on tint un grand conseil de guerre. Tous les officiers de marine, Russell à leur tête, déclarèrent que ce serait folie de porter les vaisseaux sous le feu des canons de Saint-Malo, et qu'il fallait que la ville fût étroitement serrée du côté de la terre avant de pouvoir, avec quelque chance de succès, attaquer les bâtiments qui étaient dans le port. Les militaires déclarèrent, avec la même unanimité, que les forces de terre ne pouvaient rien entreprendre contre la ville sans la coopération de la flotte. On examina ensuite s'il serait convenable de tenter quelque chose contre Brest ou Rochefort. Russell et les autres olliciers généraux de marine, au nombre desquels étaient Rooke, Shovel, Almonde et Evertsen, déclarèrent que l'été était trop avancé pour l'une ou l'autre de ces entreprises 2. Nous devons supposer qu'une opinion partagée par tant d'amiraux distingués, tant Anglais qu'Hollandais, quelque étrange qu'elle puisse nous paraître, était conforme aux principes alors reçus dans l'art de la guerre maritime. Mais on peut à bon droit s'étonner de ce que toutes ces questions n'aient pas été traitées huit jours plus tôt, de ce que quatorze mille
1 Voir son Rapport, dans Burclietl.
• London Gaxette, 28 juillet 1692. Voir les résolutions du Conseil de Guerre dans Burchett. Dans une lettre à Nottingham, en date du 10 juillet, Russell dit : <c Dans six semaines, nous toucher ns à la lin de ce qu'on appelle l'été. » Lonls' Jvumah, l'J décembre 16'J?.