‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 2)Chapitre 152 sur 246 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Guillaume, après avoir tenu sa cour pendant quelques jours dans cette ville joyeuse, et reçu l'hommage des comtes de Cambridge, d'Huntingdon et de Suflolk , se rendit à Althorpe. — Il semble étrange que dans le cours d'un voyage qui n'était au fond qu'une tournée électorale, il ait honoré d une telle marque de faveur un personnage comme Sunderland qui était l'objet d'une défiance et d'une haine si générales. Mais la nation était résolue à trouver tout bien. Tout le Northamptonshire accourut en foule pour baiser la main du roi dans cette magnifique galerie embellie par le pinceau de Van Dyck et rendue classique par la muse de Waller : le comté essaya de se concilier ses voisins en les recevant à huit tables toutes resplendissantes d'argenterie. D'Althorpe, Guillaume se rendit à Stamford. Le comte d'Exeter, dont la demeure princière était et est encore l'une des plus belles choses que renferme l'Angleterre, n'avait jamais prêté serment. Pour éviter une entrevue qui lui aurait été désagréable, il avait imaginé un prétexte pour aller à Londres, mais avant de partir il avait laissé des ordres pour que l'illustre visiteur trouvât dans son château une hospitalité digne de lui. Guillaume était grand amateur d'architecture et dejardinage, et ses nobles ne pouvaient le flatter d'une manière qui lui fût plus agréable qu'en lui demandantson opinion surles améliorations à introduire dans leurs demeures. Dans un moment où de nombreuses préoccupations l'affligeaient, il prit un vif intérêt à la construction de Castle Howard, et un modèle en bois de cet édifice, chef-d'œuvre d'un style vicieux, fut envoyé à Kensington pour être soumis à son approbation. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait visité Burleigh avec ravissement. Il ne se contenta pas de le voir une fois, mais le lendemain matin il se leva de bonne heure pour examiner une seconde fois le bâtiment. De Stamford, il se rendit à Lincoln où il fut salué par le clergé en costume de cérémonie, par les magistrats en robe écarlate et par une multitude de baronnets, de chevaliers et de squires accourus de toutes les parties de cette plaine immense qui s'étend entre le Trent et la Mer du Nord. Après avoir assisté, dans la magnifique ca-

]\iulomne ne furent ni moins nombreuses ni moins splendides sous l<3 règne de Guillaume cjue sous celui de ses oncles.

thédrale de cette ville, au service divin, il partit et se dirigea vers l'Est. Sur la frontièreduNottinghamshire, le Lord-Lieutenant du comté, John Holles, duc de Newcastle, avec une suite nombreuse, vint à la rencontre des carosses royaux et les escorta jusqu'à son domaine de Welbeck où l'on admire des chênes gigantesques qui aujourd'hui paraissent à peine plus vieux que le jour où ce brillant cortège passa dans leur ombre. Le domaine où Guillaume se trouvait alors et resta quelques heures, passa, longtemps après sa mort, par descendants féminins, des Holles aux Harleys et des Harleys aux Bentincks : il contient aujourd'hui les originaux de ces lettres si intéressantes qui furent échangées entre le roi et son fidèle ami et serviteur Portland. Les grands seigneurs des comtés du Nord étaient réunis à Welbeck. Le Lord-Maire d'York s'y rendit à la tête des magistrats, et l'archevêque d'York à la tête des théologiens et des docteurs. Guillaume chassa plusieurs fois dans cette forêt, la plus belle du royaume qui dans les temps reculés donna asile à Robin Hood et à Little John, et qui maintenant est partagée entre les domaines princiers de Welbeck, de Thoresby, de Clumbers et de Workshop. Quatre cents gentilshommes à cheval prirent part avec lui à ce divertissement. H enchanta les squires du Notlingham en leur disant à table, après une belle chasse au cerf, qu'il espérait bien que ce ne serait pas la dernière fois qu'il viendrait courir le cerf avec eux et qu'il louerait une maison de chasse dans les bois magnifiques de leur comté. Il tourna ensuite ses pas vers le sud. Le comte de Stamford le posséda tout un jour à Bradgate. C'était là que Lady Jane Grey rêvait dans la solitude et lisait les dernières paroles de Socrate tandis que le daim fuyait à travers le parc poursuivi par le tourbillon des chiens et des chasseurs. Le lendemain Lord Brook reçut le monarque à Warwick Castle, la plus belle de ces forteresses du moyen âge qui sont devenues des habitations paisibles. La tour de Guy fut illuminée. Les convives vidèrent cent vingts gallons de punch à la santé de Sa Majesté, et une pile énorme de fagots brûla au milieu d'une cour spacieuse que dominaient de tous côtés des ruines verdies par un lierre centenaire. Le lendemain malin, le roi accompagné par une multitude de gentilshommes du Warwirkshire à cheval, se mit en roule pour le Gloceslershire. Il s'écarta de son chemin nour dîner avec

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