‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 2)Chapitre 155 sur 246 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

térisaient, refusa de sacrifier son fils à son parti. L'éducation de ce jeune homme, dit-elle, serait interrompue; la tête lui tournerait, son triomphe serait sa perte. Juste à ce moment, l'amiral arriva. Il se montra aux Francs Tenanciers de Middlesex assemblés sur la colline de Hampstead, et fut élu sans opposition1.

D'un autre côté, plusieurs membres notables de l'opposition reçurent des marques de la désapprobation publique. John Knight, le plus violent et le plus insolent de ces Jacobites qui, pour obtenir un siège au Parlement, avaient juré obéissance et fidélité à Guillaume sans avoir l'intention de tenir leur serment, cessa de représenter la grande cité de Bristol. Exeter, la capitale de l'ouest, fut violemment agité. On avait longtemps supposé que l'habileté, l'éloquence, l'expérience, la fortune considérable, l'illustre origine de Seymour, mettraient dans l'impossibilité de le déplacer; mais, pendant les trois ou quatre dernières années, son caractère moral, qui ne s'était jamais élevé bien haut dans l'estime publique, avait été constamment en s'affaiblissant. Il s'était montré plein de violence dans l'opposition jusqu'au moment où il avait obtenu une place. Tant qu'il avait été en place, il avait défendu les actes les plus impopulaires du Gouvernement, et dès qu'il n'avait plus été en place, il avait recommencé son opposition avec la même violence. Son contrat du salpêtre avait laissé une tache profonde sur son honneur personnel. En conséquence, deux candidats se présentèrent contre lui. Il s'ensuivit une lutte électorale, la plus longue et la plus vive de cette époque, qui fixa l'attention de tout le royaume et fut suivie même avec intérêt par les gouvernements étrangers. Le poil resta ouvert pendant cinq semaines. Des deux côtés la dépense fut énorme. Les bourgeois d'Exeter qui, tant que dura l'élection, étaient chaque jour en fêtes et en festins, n'éprouvaient aucune impatience à voir finir leur somptueux et amusant carnaval. Ils mangeaient et buvaient toute la journée, et chaque soir, munis de bons gourdins, ils sortaient pour livrer bataille au nom de notre mère l'Eglise ou du roi Guillaume, mais les votes ne venaient que très-

' L'Hermitage, 5 (15), 15 (25) novembre 1695; sir James Forbes à Lady Russell, 3 octobre 1695; Lady Russell à Lord Edward Russell ; Le Postillon, 16 novembre 1695.

lentement. Ce ne fut que la veille de la réunion du Parlement quelanominationeutlieu.Seymour futbattu à son amère mortification, et forcé de se réfugier dans le petit bourg deTotness '. Il est remarquable qu'à cette élection comme dans l'élection précédente, John Hampden échoua dans sa candidature. Depuis qu'il avait cessé d'être membre du Parlement, il avait passé sa vie à gémir sur sa malheureuse destinée et sur sa honte indélébile; parfois il exhalait sa mauvaise humeur contre le Gouvernement dans d'aigres pamphlets. Lorsque les Whigs furent devenus tout-puissants à la cour et dans la Chambre des Communes, lorsque Nottingham se retira, lorsque Caermarthen fut mis en accusation, Hampden, à ce qu'il semble, conçut de nouveau l'espoir de jouer un grand rôle politique. Mais apparemment les chefs de son parti n'étaient pas flattés d'avoir pour allié un esprit aussi acrimonieux et aussi turbulent. Il sévit donc exclu de la Chambre des Communes. Pendant quelques mois, il mena une vie misérable, tantôt essayant d'oublier ses ennuis parmi les joueurs de haute volée et les beautés faciles qui remplissaient le salon de la duchesse de Mazarin, tantôt plongé dans les rêveries religieuses. Souvent la pensée du suicide s'éleva dans son esprit. Bientôt une vacance se présenta dans la représentation du Buckinghamshire, le comté qui l'avait élu à plusieurs reprises ainsi que ses ancêtres. Il s'attendait, avec l'aide de Wharton dont l'autorité sur les Whigs du Buckinghamshire était absolue, à être réélu sans difficulté. Wharton, toutefois, accorda son patronage à un autre candidat. Ce fut pour lui le dernier coup. Une fatale nouvelle se répandit dans la ville. Hampden venait de se couper la gorge, il avait survécu quelques heures à sa blessure, il s'était humblement repenti de ses péchés, il avait réclamé les prières de Burnet et envoyé à la duchesse de Mazarin un avertissement solennel. Le coroner rendit un verdict de folie. Le malheureux Hampden était entré dans la vie avec les plus belles perspectives. Il portait un nom qui était plus que noble. Il avait hérité d'une fortune considérable, mais il avait trouvé un patrimoine

' Il y a dans les dépêches de LUermilage un récit excessivement curieux de cette lutte.

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