‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 2)Chapitre 169 sur 246 · CHAPITRE III. 3Gy · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 3Gy

Romney à Londres, mais on les reconnaissait pour des gentilshommes et l'on disait tout bas que l'un d'entre eux était le (ils d'un personnage titré. Les lettres venant de Saint- Germain étaient rares et courtes; celles qui partaient pour Saint-Germain étaient fréquentes et volumineuses ; les Jacobiles les mettaient en paquets comme des articles de mode et les enterraient dans le marécage jusqu'à ce que le corsaire vint les chercher.

C'est là que Barclay débarqua, en janvier 169C, et c'est de là qu'il se dirigea sur Londres. Il fut suivi, quelques jours plus lard, par un jeune homme de haute taille qui, tout en dissimulant son nom, produisit des lettres de créances émanées de la plus haute autorité. Ce jeune homme se rendit également à Londres. Hunt découvrit, dans la suite, que son humble toit avait eu l'honneur d'abriter le duc de Berwick1.

Le rôle que Barclay avait à jouer était difficile et hasardeux. Aussi ne négligea-t-il aucune précaution. 11 avait peu habité Londres, et, par conséquent, son visage était inconnu aux agents du gouvernement. Malgré cela, il eut plusieurs logements. Il se déguisa si bien que ses plus vieux amis ne l'auraient point reconnu en plein jour, et cependant il s'aventura rarement dans les rues, si ce n'est dans l'obscurité. Son principal agent était un moine, qui, sous différents noms, entendait des confessions et disait des messes au risque de sa vie. Cet homme déclara à quelques-uns des fanatiques avec lesquels il était en relation, qu'il y avait à Londres un agent spécial de la famille royale, auquel on pouvait parler dans Covent-Garden certaines nuits, à une certaine heure, et que l'on pouvait reconnaître à certains signes 2. C'est de cette manière que Barclay fit la connaissance de plusieurs individus propres à son dessein. Les premières personnes auxquelles il s'ouvrit sans réserve furent Charnock et Parkyns. Il leur parla du complot que, avec quelques-uns de leurs amis, ils avaient formé, le printemps précédent, contre la vie de Guillaume. Parkyns et Charnock déclarèrent que ce projet pouvait s'exécuter sans difficulté ; qu'il ne manquait pas de cœurs résolus parmi les Ilova-

Dépusition de Hunt.

Dépositions de t'isher et de Harris.

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listes, et que tout ce dont on avait besoin, c'était un signe d'approbation de Sa Majesté.

Alors Barclay produisit sa commission. Il montra à ses deux complices que Jacques avait expressément commandé à tous les bons Anglais, non-seulement de se lever en armes, non-seulement de faire la guerre au gouvernement usurpateur, non-seulement de s'emparer des forts et des villes, mais encore de se porter de temps à autre contre le prince d'Orange à tels actes d'hostilité qui seraient nécessaires pour le service du roi. « Ces paroles, » disait Barclay, « autorisaient évidemment un attentat contre la personne de Guillaume. » Charnock et Parkyns se déclarèrent satisfaits. En effet, pouvaient-ils douter que l'agent confidentiel de Jacques interprétât exactement les expressions dont celui-ci s'était servi y De plus, pouvaient-ils entendre les mots si larges de la commission autrement que dans ce sens unique, lors même que Barclay n'aurait pas été là pour servir de commentateur? Si ce sujet n'avait jamais été soumis aux considérations de Jacques, on aurait peut-être raison de supposer que ces mots étaient tombés de sa plume sans qu'il y attachât de signification précise. Mais il avait été informé à plusieurs reprises que quelques-uns de ses partisans en Angleterre méditaient une œuvre de sang, et qu'ils n'attendaient que son approbation. Ils l'avaient pressé jusqu'à l'importunité de leur dire un seul mot, de leur faire un signe. Longtemps il avait gardé le silence, et maintenant qu'il rompait le silence, il se bornait à leur dire de faire tout ce qui pourrait lui être utile à lui-même et préjudiciable à l'usurpateur. Ils avaient donc son autorisation aussi clairement qu'ils pouvaient raisonnablement espérer de l'obtenir en pareille circonstance ».

Il ne restait plus qu'à trouver un nombre suffisant d'hommes courageux et dévoués, à se procurer des chevaux et des armes, puis à tixer l'heure et le lieu de l'attentat. Quarante ou cinquante hommes, pensait-on, suffiraient. Les soldats de la garde de Jacques, qui avaient déjà rejoint Barclay, composaient environ la moitié de ce nombre. Jacques

1 Narration de Barclay dans la Vie de Jacques, II, M8 ; M m ires de Cuarnock; Collection des Manuscrits de Afaunte,- Bibliothèque Bodki.uuc.

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