Acte établissant une banque foncière
Les gentilshommes campagnards auraient peut-être été plus sensibles à l'échec de leur bill si, à leur grande satisfaction, ils n'avaient eu pour se dédommager un autre bill qu'ils considéraient comme beaucoup plus important encore. Le projet d'une banque foncière avait été repris, non pas sous la même forme que deux années auparavant, mais sous une forme qui choquait infiniment moins le bon sens et qui donnait moins de prise au ridicule. Chamberlayne, on le pense bien, protesta vivement contre toute modification faite à son plan, et continua à proclamer, avec une confiance inaltérable, qu'il enrichirait tous ses compatriotes si seulement ils voulaient le laisser faire. Il n'était pas, disait-il, le premier auteur d'une grande découverte que les princes et les hommes d'État eussent regardé comme un rêveur. Henri VII avait, dans une heure fatale, refusé d'écouter Christophe Colomb, et ce refus avait eu pour conséquence de faire perdre à l'Angleterre les mines de Mexico et du Pérou, et cependant qu'étaient les mines du Pérou et du Mexique auprès des richesses d'une nation favorisée d'un papier monnaie illimité? Mais la force de la raison, unie à celle du ridicule, avait réduit à une petite société de fous incorrigibles la secte autrefois si nombreuse qui suivait Chamber-
' On trouvera l'histoire de ce Bill dans les Protèt-Verbau» it» Communes, ainsi que dans une dépêche fort intéressante do L'IJenu.Uijjc, U (24) avril 169(j.