‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 2)Chapitre 236 sur 246 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

s'échangèrent entre les deux grands princes dont l'inimitié tenait, depuis un quart de siècle, l'Europe dans un état constant d'agitation. La négociation entre Bouillers et Portland marcha aussi vite que le permettait la nécessité de recourir fréquemment à Versailles. Leurs cinq premières conférences se tinrent en plein air; mais à leur sixième réunion, ils se retirèrent dans une petite maison où Poriland avait placer des tables, des plumes, de l'encre ci du papier, et c'est là que fut formulé par écrit le résultat de leurs travaux.

Les points réellement importants en litige étaient au nombre de quatre : tout d'abord, Guillaume demanda deux concessions à Louis, et Louis demanda deux concessions à Guillaume.

La première demande de Guillaume, c'était que la France s'engageât à ne donner ni asile ni encouragement direct ou indirect à aucune tentative qui serait faite par Jacques ou par les partisans de Jacques pour troubler l'ordre de choses > existant en Angleterre.

La seconde demande de Guillaume, c'était que Louis ne permit pas à Jacques de résider plus longtemps à Saint- Germain, dont !e voisinage était un danger pour l'Angleterre.

A la première de ces demandes, Louis répondit qu'il était prêt à prendre les engagements les plus solennels de n'assister ni de favoriser en aucune manière aucune tentative qui aurait pour but de troubler l'ordre de choses existant en Angleterre, mais que l'honneur lui défendait de faire figurer dans le traité le nom de son cousin et de son hôte.

A la seconde demande, Louis répondit qu'il ne pouvait refuser l'hospitalité à un prince infortuné qui avait cherché un asile dans ses Etats, et qu'il ne pouvait promettre même de faire sentir qu'il désirait que Jacques quittât Saint- Germain. Mais Bouillers, faisant comme s'il exprimait sa propre pensée, bien qu'il ne lut probablement que l'interprète de celle de son maître, insinua que l'affaire pourrait s'arranger, et nomma Avignon comme une ville où la famille proscrite pourrait résider sans donner ombrage au gouvernement anglais.

D'un autre côté, Louis demandait d'abord qu'une amnis-

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lie générale fût accordée aux Jacobitcs, cl, en second lieu, j que Marie de Modène reçût son douaire de cinquante mille livres par an.

i Guillaume refusa péremptoirement d'accéder à la première de ces demandes. « On le verra toujours prêt, » dit-il, /«à pardonner de son propre mouvement les offenses de ceux qui se montreraient disposés à vivre paisiblement à l'avenir sous son gouvernement ; mais il ne pouvait consentir à faire de l'exercice de sa prérogative touchant le droit de grâce une affaire de stipulation avec une puissance étrangère. Quant à, Ja,^iejiJiiiin jTcJajm ée par Mjjriejlc Modèoe^jl l,i payerait volontiers, s'il était sur qu'elTëHe serait pas employée à favoriser des machinations contre son trône et sa personne, à soutenir sur la côte de Kent un nouvel établissement semblable à celui de Hunt, ou à acheter des chevaux et des armes pour une nouvelle entreprise semblable à celle de Tu m ha m Green. Boufflers avait parlé d'Avignon. Si Jae ques et la reine, son épouse, se retiraient dans celle ville, le payement du douaire ne donnerait lieu à aucune difficulté. »

Arrangement des conditions de paix entre la Franco et l'Angleterre.

Enfin, toutes les qucslions en litige furent résolues. Après de longues discussions, les négociateurs rédigèrent un article par lequel Louis s'engageait, sur sa parole d'honneur, à ne favoriser en aucune manière toute tentative qui aurait pour but de renverser ou de troubler le gouvernement existant en Angleterre. En retour, Guillaume promit de n'encourager aucune tentative contre le gouvernement français. Louis n'avait point exigé celte promesse, et tout d'abord il parut disposé a la considérer comme un affront : « Son trône, dit-il, était parfaitement établi, et ses droits hors de toute contestation. Il n'y avait dans ses Etats ni Non-J tireurs ni conspirateurs, et il ne croyait pas qu'il lut compatible avec la dignité de sa couronne de signer un traité qui semblait impliquer qu'il redoutait les complots et les insurrections, comme peut les craindre tout naturellement une dynastie issue d'une révolution. Sur ce point toutefois il céda, et l'on tomba d'accord que les conventions seraient d'une parfaite réciprocité, tiuillaame cessa de demander que Jacques lût désigné Domina-

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