CHAPITRE IV
devant les iiomn.es de ees malheurs. On a peine à croire que même un Simm, que même le prince le plus méchant ei le moins intelligent de celte famille, ait prétendu que le premier devoir, non-seulement de ses sujets, maisencoiede oui te genre humain, était de soutenir ses droits; que des Français, des Allemands, des Italiens, des Espagnols se rén • liaient coupables d'un crime s'ils ne versaient point leur sang et s ils ne prodiguaient pas leurs trésors pendant de ongues années pour sa cause; que l'intérêt de soixante millions d hommes pour lesquels la paix était un bienfait n'était d aucun prix en comparaison de l'intérêt d'un seul homme ». Signature du traité de Byswick.
En dépit de ces protestations, le jourdéTa paix approchait Le 10 septembre, les ambassadeurs de France, d'Angleterre d Espagne et des Provinces Unies se réunirent à Rvswick lî y avait trois traités à signer. Une longue discussion s'éleva sur 1 importante question de savoir lequel serait signé le premier. Il était une heure du malin lorsqu'on décida que le traite entre la France et les Etals- Généraux aurait la préséance, et le jour se levait avant qu'on eût mis la dernière main a tous les instruments. Alors tes plénipotentiaires se firent force saints et se félicitèrent les uns les autres d'avoir eu I honneur de contribuer à une si grande œuvre2
Un sloop altendail Prior. Il se rendit à bord en toute hâte et le troisième jour, après avoir essuyé un coup de veut d'éqmuoxe, il débarqua sur la côte de Suffolk3.
Anxiété en Angleterre.
Rarement Londres avait été aussi agité que pendant le mois qui précéda son arrivée. Lorsque les vents de l'oue r retenaient les courriers de Hollande, l'anxiété de la ponulaion devenait intense. Chaque malin des milliers d'individus se eva,ent dans l'espérant* d'apprendre que le traif et signe et chaque malle qui arrivait sans apporter la bonne nouvelle, causait un amer désappointement. Les mecm.teni.s
il est vrai, affirmaient hautement qu'il n'y aurait point de paix, et que, malgré l'état avancé des choses, la négociation serait brisée. L'un avait vu une personne qui venait d'arriver de Saint-Germain. L'autre avait eu le privilège de lire une lettre écrite de la main même de Sa Majesté, et tous étaient sûrs que Louis ne reconnaîtrait jamais l'usurpateur. Telle était l'illusion d'un grand nombre de ceux qui tenaient ce langage qu'ils appuyaient leur opinion sur des paris considérables. Le jour où arriva la nouvelle de la prise de Barcelone, toutes les tavernes des conspirateurs lurent en fermentation. On y entendait les prêtres non-jureurs rire aux éclats, parler bruyamment et se donner à l'envi des poignées de main1 .
La nouvelle de la paix arrive en Angleterre.
Enfin, dans l'après-midi du 13 septembre, quelques spéculateurs de la Cité reçurent, par voie particulière, la nouvelle certaine que le traité avait été signé avant le lever du jour dans la matinée du il. lis gardèrent pour eux leur secret et se bâtèrent de l'exploiter à leur profit; mais leur empressement à rechercher les actions de la Banque et les hauts prix qu'ils offraient excitèrent les soupçons et répandirent la conviction générale que le lendemain le gouvernement aurait quelque chose d'important à annoncer.
Le lendemain, en ejfët, Prior, avec le traité, se présenta devant les I.ords-Juges à Whitehall. Aussitôt un drapeau fut hissé à l'abbaye de Westminster, et un autre à l'église de Saint-Martin. Les canons de la Tour proclamèrent l'heureuse nouvelle : toutes les tours et tous les clochers qui s'élèvent de Greenwieh à Cbelsea y répondirent. Ce n'était pas un des jours où les journaux paraissaient ordinairement, mais des numéros extraordinaires avec des litres en larges majuscules se crièrent et se vendirent pour la première fois dans les rues. Les actions de la Banque s'élevèrent rapidement de quatre-vingt-quatre a quatre-vingt-dix-sept. Eu peu de temps on vit des arcs-de-triomphe se dresser en quelques
1 L'Hermitage, 90 (30) jui loi, 27 juillel ;6 aoû ), -:i aoû' (3 seplon 27 aoûl 6 septembre), 31 août (10 septembre) 1697; Le Postillon, i août.