CHAPITRE I
tr.'ition, annonça en môme temps !e départ du roi. Il partit pour la Hollande le 24 mars.
Session du Parlement écossais.
Il laissait des ordres pour que les Etats d'Ecosse fussent réunis de nouveau, après un intervalle de plus de deux ans et demi. Hamilton, qui vivait depuis longtemps retiré, s'était, depuis la chute de Melville, réconcilié avec la Cour, et il consentit à quitter sa retraite pour aller occuper Holyrood comme Lord Haut-Commissaire. Il fallait qu'un des secrétaires d'Etat pour l'Ecosse fût auprès du roi. Le Maître de Stair s'était donc rendu sur le continent. Son collègue, Johnstone, dirigeait les affaires de la couronne à Edimbourg, et était chargé de correspondre régulièrement avec Carstairs, qui ne quittait jamais Guillaume '.
On pouvait naturellement s'attendre à une session turbulente. Le Parlement était ce même Parlement qui avait adopté, en 1689, à d'immenses majorités, toutes les résolutions les plus violentes qu'avaient pu proposer Montgomery et son club, le même qui avait refusé les subsides, qui avait proscrit les ministres de la couronne, qui avait fermé les cours de justice, qui avait paru vouloir transformer l'Ecosse en une république oligarchique. En 1690, les États s'étaient trouvés dans de meilleures dispositions. Cependant, même en 1690, lorsqu'il s'était agi de la constitution ecclésiastique du royaume, ils avaient eu peu d'égard pour ce qu'on savait être le désir du roi. Ils avaient aboli le patronage; ils avaient sanctionné les outrages faits au clergé épiscopal ; ils avaient refusé de passer un Acte de Tolérance. Il paraissait probable qu'on les trouverait encore intraitables lorsque des questions religieuses viendraient devant eux, et malheureusement ces questions ne pouvaient manquer de surgir. Guillaume avait essayé, pendant l'intervalle des sessions, de persuader à l'Assemblée générale de l'Église d'admettre dans sa communion ceux des anciens ministres qui signeraient la confession de foi et se soumettraient au gouvernement des synodes. Mais celte tentative avait échoué; et, en conséquence, l'Assemblée avait été dissoute par le Lord-Commissaire. Malhcu-
1 Uui nul, II, 1Ï3 ; Carstairs papers.
reuscment, l'Acle qui établissait la constitution presbytérienne n'avait pas défini l'étendue du pouvoir que devait exercer le souverain sur les cours spirituelles. Aussi la dissolution ne fut pas plutôt annoncée, que le Modérateur demanda la permission de parler. On lui lit observer qu'il n'était plus qu'un simple individu. Comme simple individu, il demanda la parole et il protesta, au nom de ses collègues, contre le mandat royal. Le droit, dit-il, que possédaient les officiers de l'Église de se réunir et de délibérer sur ses intérêts, venait de son divin chef et ne dépendait pas du bon plaisir du magistrat temporel. Ses collègues se levèrent et manifestèrent, par un murmure d'approbation, qu'ils partageaient l'opinion exprimée par leur président. Avant de se séparer, ils fixèrent un jour pour leur prochaine réunion '. Ce jour était, à la vérité très-éloigné, et, lorsqu'il arriva, il ne se trouva ni ministres, ni anciens; caries membres les plus hardis avaient eux-mêmes reculé devant une rupture avec le pouvoir civil. Mais s'il n'y avait pas guerre ouverte entre l'Église et le gouvernement, ils n'en étaient pas moins divisés, jaloux l'un de l'autre, et ayant peur l'un de l'autre. Aucun progrès vers une réconciliation n'avait été fait lorsque les États se réunirent, et l'on pouvait douter du parti que prendraient les États.
Mais les actes de cet étrange Parlement devaient, dans presque chacune de ses sessions, démentir toutes les prédictions des hommes politiques. Il avait été jadis le/plus intraitable des sénats : il se montra cette fois le plus obséquieux. Cependant les hommes d'autrefois s'étaient réunis dans la salle d'autrefois. C'étaient tous les agitateurs les plus bruyants du club, à l'exception de Montgomery, qui se mourait d'indigence et de désespoir dans un grenier, loin de son pays natal. Là se trouvaient l'hypocrite Ross et le parjure Annandale. Là se trouvait sir Patrick Hume, récemment fait pair, et qui devait s'appeler à l'avenir lord Polwarth, mais toujours aussi éloquent qu'à l'époque où ses interminables déclamations et dissertations perdirent l'expédition d'Argyle.
* Register of the Actinr/s ar rrocedings of the <jcncral Assembly oflhe churchof Scotland, held at Edinlurgh, j.m. 15, I69Î, recueilli etextraii des procès-verbaux par le secrétaire de celle assemblée. Cv document iniéicssatilacté imprimé peur la première fuis eu itj;'.