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ment. Cet effort pour faire revivre la licence du Théâtre d'Athènes cessa bientôt à l'apparition d'un fort détachement de constables qui emmenèrent les acteurs en prison1. Cependant les murs de Londres étaient chaque nuit couverts de placards séditieux. Dans toutes les tavernes on voyait les partisans du droit héréditaire marcher en boitant, le verre de vin et de punch à la main. C'était une mode qui s'était introduite tout récemment, et les personnes qui n'étaient pas initiées à ce système s'étonnaient fort de voir un si grand nombre d'élégants gentilshommes devenus tout à coup boiteux. Mais ceux qui étaient dans le secret savaient que le motlimp (boiter), était un mot consacré, que chacune des quatre lettres qui le composait était l'initiale d'un nom auguste, et que le fidèle sujet qui boitait en buvant portait la santé de Louis, de Jacques, de Marie et du Prince 2.
Ce n'était pas seulement dans la capitale que les Jacobites de ce temps-là déployaient leur esprit. Réunis en grand nombre à Bath où le Lord Président Caermarthen essayait de refaire sa faible santé, ils se rassemblaient chaque soir pour donner, comme ils disaient, une sérénade au marquis. En d'autres termes, ils se groupaient sous les fenêtres du malade, et là lui chantaient des satires burlesques qu'ils avaient faites contre lui3.
Conduite de Caermarlhen.
Un fait remarquable, c'est que le Lord Président, dans le temps même qu'il était insulté comme partisan de Guillaume à Bath , passait à Saint-Germain pour un ferme Jacobite. Comment en vint-on à prendre de lui cette opinion dans la Cour de Jacques? La réponse à cette question est des plus embarrassantes. Quelques historiens croient que de même que Shrewsbury, Russell, Godolphin et Marlborough il con-
' L'Hermitage, 5 (15) septembre 1693; Journal de Narcisse Lutircll.
* Journal de Narcisse Luttrcll.
1 Journal de Narcisse Luttrcll. Dans un pamphlet publié à cette époque, et intitulé : Dialogue entre un Whig cl un Tory, le Whig fait allusion aux insolences publiques que se sont permis à Raili les Jacobites à l'occasion de la dernière defaitedans les Flandres. Le Tory répond : «Je ne sais ce que des cerveaux brûlés et des ivrognes ont dit ou fait à Bath ou ailleurs. » Dans la collection in-folio des Slal Tracts, il est dit par erreur que ce dialogue fut imprimé vers novembie I69&