CHAPITRE H
avaient compté trouver une ville ilorissanle, des fortifications sûres, des champs cultivés et un accueil cordial. Ils trouvèrent un désert, le château de New- Édimhourg en ruine, les huttes brûlées. Le site choisi pour l'orgueilleuse capitale qui avait dû être la Tyr, la Venise, l'Amsterdam du dix -huitième siècle était couvert de broussailles et habité seulement par le hunau et le babouin. Les aventuriers furent pris d'un profond découragement, car leur flotte avait été équipée non pour fonder une colonie, mais pour se joindre à une colonie déjà établie et qu'on supposait florissante. Ils étaient par conséquent moins bien pourvus encoi'e de toutes les choses nécessaires à la vie que ne l'avaient été leurs prédécesseurs. Cependant quelques faibles efforts furent tentés pour rétabhr ce qui avait péri. On construisit un nouveau fort sur l'ancien terrain, et dans l'enceinte des remparts s'éleva un hameau composé de quatre-vingts à quatre-vingtdix cabanes d'environ douze pieds sur dix. Mais l'ouvrage avançait avec lenteur. La gaieté qui est la compagne de l'espérance, la force qui est la tille de l'union, faisaient également défaut à la petite communauté. Depuis les conseillers jusqu'aux plus humbles colons, tous étaient découragés et mécontents. Les provisions étaient insuffisantes et les répartiteurs en détournaient une grande partie. Les rations n'étaient pas abondantes, et on se plaignit bientôt qu'elles n'étaient pas distribuées avec impartialité. Des factions se formèrent; il se trama des complots; un des meneurs fut pendu. Les Ecossais étaient généralement, comme ils le sont encore, un peuple rehgieux, et, par conséquent, on
aurait pu s'attendre à ce que les ministres chargés de la direction spirituelle de la colonie s'efforceraient do maintenir l'ordre et de calmer les mauvaises passions. Malheureusement, ces ministres paraissaient avoir été en guerre avec tout le reste de la société. Ils dépeignaient leurs compagnons comme les plus dissolus des hommes, et déclaraient qu'il était impossible de constituer un presbytère conformément aux instructions de l'Assemblée Générale, car on ne pouvait trouver parmi les douze ou treize cents émigrants des personnes dignes de remplir les fonctions d'Anciens dans une Église chrétienne. A qui le blâme doit-il être attribué'.' C'est ce qu'il est impossible de décider aujourd'hui. Tout ce qu'on peut dire en toute assurance, c'est qu'il faut que les ministres de cette malheureuse société aient été plus austères que charitables ou que les laïques n'appartenaient pas à l'élite de leur nation ni à l'élite de leurs classes.
Ou peut ajouter que les mesures prises par l'Assemblée Générale relativement aux besoins spirituels de la colonie étaient aussi défectueuses que les mesures prises pour les besoins matériels par les Directeurs de la Compagnie. Presque le tiers des émigrants qui firent partie de la seconde exjiédition se c()iiq)Osail de llighlanders (pii ne comprenaient pas un mot d'anglais; et pas un des (piatre chapelains ne pouvait dire un mot de gaélique. Ce n'était pas par l'intermédiaire d'un interprèl(> qu'un pasteur aurait pu connnuniipier avec le troujieau chrétien (jui lui était confié. Et ce moyen même lui manquait pour répandre l'instruction religieuse parmi tes tribus idtdfities que l'Ilglise d'Kcosse avait solen-