‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 11 sur 147 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

lui donner leur avis. Ils arrivèrent à l'Iionrc iniliquéo; mais Sinulerland s'élait rendu à Kensiiiglon en laissant un mot ponr qu'ils l'attendissent, parce qu'il serait bientôt de retour. Quand il revint, ils remarquèrent qu'il n'avait plus la clef d'or, qui est l'insigne du Lord chambellan, et ils lui demandèrent où elle était : « A Kensington, » répondit Sunderland. Il avait remis sa démission entre les mains du roi, qui, après un long débat, avait fini par l'accepter. Ils le blâmèrent de cette hâte; puisqu'il les avait mandés pour les consulter, n'anrait-il pas dû au moins différer jusqu'au lendemain? «Dcmr/i/?, s'écria-t-il, m'aurait perdu, c^sylrm'asauvé.» Cependant les disciples de Somers et les disciples de Trenchard murmuraient" également de la proposition de Harley. Les disciples de Somers soutenaient que si c'était nécessaire d'avoir une armée, il devait être nécessaire d'avoir une bonne armée. Les disciples, de Trencbard se plaignaient qu'on eût honteusement abandonné un grand principe. Fallait-il une armée permanente ou ne fallait il pas une armée permanente? telle était la question vitale et sur la(juelle la Chambre avait prononcé une décision erronée et fatale. Que cette armée consistât en cinq régiments ou en quinze, ce n'était pas là ce qu'il eût fallu discuter. La grande digue élevée contre le pouvoir arbitraire avait été rompue. Il était oiseux de dire que la brèche était étroite, car elle serait bientôt élargie par le flot qui s'y précipiterait. La guerre des brochures continuait de plus belle. En même temps on signalait des symptômes alarmants parmi les hommes d'épée. Ils se voyaient tous les jours dénoncés par la presse comme l'écume

(le liî société, oomnie les ennemis mortels de?; libertés (le leur pays. Etait-il raisonnable — ainsi parlaient quelques pamphlétaires — qu'un honnête gentleman payât une lourde taxe sur sa propriété pour entretenir dans la paresse et le luxe une bande de drcjles qui le récompensaient en séduisant ses laitières et en tirant sur ses perdrix ? Ce n'iHaient pas seulement les pamphlétaires de Gruh-Street qui tenaient ce langage. Il était connu de toute la ville qu'il s'était dit des choses très-inciviles sur la profession militaire dans la Chambre des communes, et que Jack Howe en particulier avait sur ce sujet lâché la bride à son esprit et à sa maligne nature. Quelques rudes et hardis vétérans, portant les cicatrices de Steinkcrque et noircis à la fumée de Xamur, menacèrent de tirer vengeance de ces insultes. Les écrivains et les orateurs qui avaient pris les plus grandes libertés tremblaient d'être accostés par quelque capitaine à la mine farouche, qui leur offrirait le choix iunnédiat entre un duel et des coups de canne. Un gentleman qui s'était fait remarquer par la sévérité de son langage ne sortait plus qu'avec des pistolets dan> ses poches, llowe, dont le courage n'était pas égal à sa malignité pt-lulante, eut tellement peur, qu'il se retira à la campagne. Le roi, qui sentait qu'un seul coup donné en cette conjoncture criticpie par un militaire à un membre du Parlement pourrait produire de désastreuses conséquences, consigna les ofliciers de l'arnK'e dans leurs rasernes, et, grâce à l'exercice rigoureux de son autorité et de sou influence, réussit à prévenir toute collision '•

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