‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 112 sur 147 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

le ffrand-pcre de cet excellent homme et excellent poëtc, AVilliam Cowper, dont les écrits ont été pendant longtemps aimés et appréciés d'une manière toute particulière par les membres de la communauté religieuse qui, sous l'influence d'une étrange prévention, auraitvoulu faire condamner à mort son innocent aïeul ^

Bien que Spencer Cowper eût échappé avec la vie et l'honneur saufs, les Tories avaient atteint leur but. Ils s'étaient assuré pour la prochaine élection l'appui des Quakers de Hertford, et la conséquence fut la perte du bourg pour la famille et pour le parti qui y avaient autrefois prédominé.

Dans la même semaine où le célèbre procès fut jugé à Hertford, une querelle, causée par la dernière élection du Buckinghamshire, faillit avoir des conséquences fatales. AVharton, le chef des Whigs du Buckinghamshire, avait réussi avec peine à faire élire son frère un. des représentants du comté au Parlement. Graham, vicomte Cheyney du royaume d'Ecosse, avait eu la tête du scrutin par les votes des Tories. Les deux gentilshommes se rencontrèrent aux assises trimestrielles. Cheyney, vicomte en Ecosse, n'était avant l'union des royaumes qu'un simple esquive en Angleterre* Wharton avait sans aucun doute le droit de préséance sur

* Il est curieux que tous les biographes de Cowper que je connais Hayley, Soulhcy, Grimshaw, Clialmers, lassent mention du juge, l'ancêtre commun du poëte, de Théodora Cowper, l'objet de ses premières amours, et] de lady HesUelli, mais qu'aucun de ses biographes ne fasse la moindre allusion au procès d Ilerllord, le plus remarquable événement de l'histoire delà famille. Je ne crois pas non plus qu'aucune allusion à ce procès se trouve dans les nombreuses lettres du poêle.

lui, et il avait plusieurs fois revendiqué ce droit sans aucune contestation. Mais les passions étaient tellement excitées, qu'il leur suffisait du moindre prétexte pour se donner une libre carrière. Cheynoy chercha querelle à Wharton. Ils croisèrent le fer. Wharton, dont le courage, le sang-froid et l'iiabileté en escrime faisaient envie à tous les hommes d'épée de son temps, serra de près son voisin querelleur, le désarma et lui accorda la vie.

Un duel plus tragique venait d'avoir lieu à AVestminsler. Conway Seymour, le fds aîné de sir Edward Sevmour, avait récemment atteint sa majorité ; il était en possession d'une fortune indépendante et de sept mille livres sterling par an, qu'il dissipait en folles dépenses. La ville avait surnommé ce jeune fat le Beau Seymour. Un soir d'été, après avoir vidé un peu trop de bouteilles, il étalait sa chevelure bouclée et ses broderies dans le parc Saint-James, lorsqu'un jeune officier des Bleus nommé Kirke, qui était aussi ivre que lui, passa dans la même allée. « Voilà le Beau Seymour! » dit Kirke. Seymour eut un accès de colère, et ces deux jeunes fous échangèrent des injures. Immédiatement, il se rendirent au delà des limites de la Cour, dégainèrent et croisèrent le fep. Seymour fut blessé au cou. Sa blessure n'était pas très-sérieuse; mais, lorsqu'il n'était qu'à moitié guéri, il se mit à manger des fruits et des glaces, but du vin de Bourgogne et se donna une fièvre violente. Tout fat et homme de plaisir qu'il était, il semble avoir eu (pielques bonnes qualités. Le dernier jour de sa vie il reçut une visite de Kirke. Kirke imjtlora son pardon, et le mourant déclara qu'il jiardon-

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