‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 116 sur 147 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

refusé d'envoyer Kidd dans l'Océan Indien avec un vaisseau du roi, consentit à souscrire pour mille livres. Somers souscrivit aussi pour mille autres livres. Un navire appelé La Galère (rAventwe * fut équipé dans le port de Londres, et Kidd en prit le commandement. 11 emporta avec lui, outre les lettres de marque ordinaires, une commission scellée du Grand Sceau, l'autorisant à s'emparer des pirates et à les emmener n'importe où ils pourraient être jugés selon la loi. Quels que fussent les droits du roi sur les articles trouvés dans la possession de ces malfaiteurs. Sa Majesté les accordait par lettres patentes aux personnes qui avaient fait les frais de l'expédition, ne se réservant qu'un dixième pour la part qui devait revenir au Trésor. Quant aux réclamations des marchands précédemment dépouillés, le roi ne pouvait naturellement intervenir; il n'abanbandonnait et ne pouvait abandonner d'autres droits que les siens.

La presse pour le recrutement des matelots de la marine royale était en ce moment si active, que Kidd ne put compléter son équipement dans la Tamise. Il traversa l'Atlantique, visita New- York, oîi il trouva nombre de volontaires. Enfin, en février 1697, il partit de l'Hudson avec un équipage de plus de cent cinquante hommes, et aborda à la côte de Madagascar dans le mois de juillet. Peut-être que Kidd avait eu primitivement l'intention d'agir selon les instructions qu'il avait reçues; mais il partageait les idées que les colons de l'Amérique du Nord avaient alors générale.

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ment sur les pirates, et son équipage pensait comme le capitaine. Il se trouva dans une mer constamment traversée par (les vaisseaux marchands, riches, et incapables de se défendre : il fallait se décider à piller ou à protéger ces vaisseaux; le résultat du pillage devait être un gain immense, et pouvait être obtenu sans les chances d'une bataille ou les débats d'une poursuite judiciaire. Les récompenses de la protection du commerce légitime ne pouvaient que paraître médiocres en comj).iraison, et encore, pour les obtenir, fallait-il combattre des scélérats déterminés qui aimeraient mieux se faire tuer que de se rendre, puis subir toutes les longueurs d'une procédure instruite auprès de la Cour de l'Amirauté. Naturellement, enfin, le risque de rendre un compte sévère devait paraître peu de chose à celui qui avait vu maint vieux boucanier vivre confortablement et honorablement à New-York et à Boston. Aussi, Kidd abandonna-t-il bientôt son rôle de croiseur, et devint-il pirate. Il échangea des armes et des munitions, il établit des rapports d'amitié avec les plus notoires de ces flibustiers que sa mission était de détruire, et il fit la guerre à ces paisibles commerçants que sa mission était de protéger. Kidd commença par dépouiller les Musulmans, après les Musulmans les Arméniens, et après les Arméniens les Portugais. La Galère il' Aventure s'empara d'une telle quantité de coton, de soie, de sucre, de café, de cannelle et de poivre, que les hommes de l'équipage reçurent chacun de cent à deux cents livres sterling, et que le capitaine eut une part de butin qui lui aurait donné les moyens de vivre dans l'opnlonrc. Kidd joignait à la rapacité la cruauté dr- son

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