‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 125 sur 147 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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d'hypothèques. Un publiciste contemporain qui connaissait évidemment bien l'Irlande, prétendait que les auteurs du rapport avaient évalué la propriété confisquée à Carlow à six fois le prix réel du cours, et qu'on verrait les deux millions deux cent mille livres dont ils parlaient se réduire à environ un demi-million, lequel, au taux où le change était alors entre Dublin et Londres, se réduirait lui-même à quatre cent mill%livres au moment où il entrerait dans l'Échiquier anglais. — Il fut subséquemment prouvé, d'une manière incontestable, que cette appréciation était beaucoup plus près de la vérité que celle de Trenchard et de ses collègues.

Des dix-sept cent mille acres qui avaient été confisqués, il en avait été restitué aux anciens propriétaires, conformément aux articles civils du traité de Limerick, un peu plus du quart. Un septième environ des trois quarts restants avait été rendu à des familles malheureuses qui, bien que ne pouvant invoquer la lettre du traité, avaient paru avoir quelque droit à la clémence. Le reste avait été donné, en partie, à des personnes dont les services méritaient tout ce qu'elle avaient obtenu et même plus, mais principalement aux amis personnels du roi. Ronmey avait eu une part considérable des largesses royales. Mais le mieux partagé avait été Woodstock, le fds aîné de Portland; après lui venait Albemarle. Un admirateur de Guillaume ne peut relater sans regret qu'il partagea entre ces deux étrangers une étendue de territoire plus vaste que le comté d'Hertford.

Ce fait simplement rapporté eût suffi pour exciter une vive irritation dans une Chambre des communes

moins irritable et moins portée à se plaindre que celle qui siégeait à AVeslminster. Mais Trenchard et ses collègues ne se contentèrent pas de rapporter simplement le fait. Ils employèrent toute leur habileté pour enflammer les passions de la majorité. Ils aiguillonnèrent sa colère, en même temps qu'ils tendirent des amorces à sa cupidité.

Ils blâmèrent (^ms la conduite de Guillaume la partie qui méritait des éloges beaucoup plus sévèrement que cette partie qu'il est impossible de défendre. Ils dirent au Parlement que les anciens propriétaires du sol avaient été traités avec une dangereuse indulgence, que la capitulation de Limerick avait été interprétée d'une manière beaucoup trop favorable à la race conquise, et que le roi, entraîné par sa compassion, avait commis l'erreur de montrer de la clémence à beaucoup de gens qui ne pouvaient prétendre à être compris dans les termes de la capitulation. « Aujourd'hui môme, » ajoutèrent-ils, « après un laps de huit années, il était possible, en instituant une inquisition sévère et en donnant aux dénonciateurs des encouragements convenables, de prouver qu'un grand nombre de Papistes, auxquels on permettait encore de jouir de leurs propriétés, avaient pris le parti de Jacques pendant la guerre civile. Il y aurait ainsi une nouvelle et abondante moisson de confiscations. » Les quatre signataires se plaignirent amèrement que leur tâche eût été rendue plus difficile par l'hostilité de persoimes qui occupaient en Irlande des emplois publics et par la secrète influence d'hommes haut placés qui avaient intérêt à cacher la vérité. Ces graves accusations étaient

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