‹ Histoire du règne de Guillaume III (volume 3)Chapitre 128 sur 147 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Les commissaires dissidents eurent quelque chose de pire h appréhender que d être privés de toute rémunération. L'un d'eux, sir Richard Levinz, avaitmentionné dans 1 intimité, à ses amis, certaines expressions irrespectueuses dont un de ses collègues s'était servi au sujet du roi. Ce qu'il avait mentionné dans l'intimité fut, pas très-discrètement peut-être, répété à la Chambre par Montagne. Le parti dominant saisit avec ardeur cette occasion de harceler à la fois Montague et Levinz. Une résolution impliquant un hlàme sévère contre Montague fut volée ; Levinz fut mandé à la barre et interrogé. Les quatre commissaires étaient égalements présents ; ils protestèrent que Levinz avait dénaturé ce qu'ils avaient dit. Trenchard déclara qu'il avait toujours parlé de Sa Majesté comme un sujet devait parler d'un souverain excellent qui avait été trompé par de mauvais conseillers et qui serait reconnaissant à ceux qui lui feraient connaître la vérité. Il nia avec véhémence qu'il eût qualifié d'infamie le don fait à lady Orkney. C'était un mot dont il ne s'était jamais servi, un mot qui n'était jamais sorti de la bouche d'un gentleman. Ces assertions seront estimées à leur juste valeur par ceux qui connaissent les pamphlets de Trenchard, ces pamphlets où l'on trouvera sans peine ce mot choquant d infâme, et qui sont pleins d attaques haineuses contre Guillaume*. Mais la

* Je citerai un exemple de la manière dont Trenchard montre son profond respect pour un excellent souverain. Voici en quels termes il parle du couiniencemenl du règne d'Hcnii III: «Le royaume venait d'être di'livré récemment d'mi cruel tyran, le roi Jean, et s'était également débarrassé de son perfide libérateur, le Dauphin de France, qui, après que les Anglais l'avaient accepté pour leur roi, avait juré secrèlement leur anéantissement. »

Page 1